Introduction à la gestion

Introduction à la gestion

1. Définitions fondamentales

“Nous vivons tous dans des organisations” comme le disait Herbert SIMON (organisations et théorie de la décision), Prix Nobel d’économie. Or, les organisations doivent être gérées tout d’abord pour atteindre leur but, et en plus pour l’atteindre en ne gaspillant pas les ressources qui sont mises à leur disposition (limitées, apportées par les actionnaires ou prêtées par les banques au sein d’une entreprise, ou apportées par les membres dans le cadre d’une association). Pour éviter le gaspillages et détournements de ressources il faudra gérer.

Organisations : entreprises, associations (loi 1901), syndicats, univesités, ONG (Médecins sans frontière, WWF…).

 

Le mot organisation est employé dans 3 sens proches et complémentaires, on distinguera :

  • l’organisation comme entité, un ensemble de personnes et de moyens, organisée dans un but précis
  • l’organisation comme action d’organiser (l’organisation d’un atelier, de sa cuisine…)
  • l’organisation comme discipline, ensemble de connaissances et de savoir-faire (pas de s au pluriel) ou compétences pour organiser (la connaissance est abstraite et purement intellectuel ; la compétence est le savoir faire. La connaissance est utile pour prendre du recul sur les savoir-faire et les améliorer. La connaissance se traduit en compétence.)

 

La gestion est omniprésente dans les activités humaines

Elle n’est pas une affaire de spécialistes, nous en avons tous.tes besoin au quotidien. Nous en faisons tous sans le savoir, et souvent sans trop de difficultés parce que souvent la gestion repose sur le bon sens pratique (gestion du budget familial…)

Bien sur il y a des objets et techniques développés pour la gestion, mais entre un outil précis et sophistiqué et un outil simple bien que moins précis, on choisira le second. En effet dans ce genre de métiers on a besoin de présenter nos résultats à l’oral ou à l’écrit et nos collègues s’approprieront mieux es résultats si on utilise des méthodes simples.

 

Quels sont les objectifs de la gestion : comment faire travailler ensemble des individus vers un objectif commun, du mieux possible (atteinte des objectifs fondamentaux en économisant les ressorces. Pour cela, il faut des méthodes, des individus qu’on recrute ou enrôle (asso) et des moyens. Tout cela fonctionne dans le cadre d’un environnement : tous les acteurs et phénomènes qui peuvent affecter notre organisation. Par exemple à l’université il y a dans l’environnement des acteurs très importants comme la communauté de communes, un certain nombre d’entreprises : Total (une grosse partie de la recherche sur Pau)

 

Gérer, c’est d’une part organiser, d’autre part animer.

Organiser : càd spécialiser et coordonner

  • spécialiser les personnes, les moyens, dans des activités/disciplines différentes, comme sur un campus (bâtiment droit, restaurants universitaires…puis au sein du bâtiment, spécialisation du personnel ) ou dans une entreprise. Pourquoi est-ce qu’on se spécialise ? 1 on devient expert dans une activité donnée, donc les individus accroissent leur compétences et leur expérience dans cette activité 2 spécialiser permet de réduire la charge psychologique et le stress imposé par le travail? Un collaborateur moins stressé va mieux travailler. Cette spécialisation obliger à prévoir la coordination..
  • Coordonner pour que les activités des uns se déroulent au bon moment par rapport à celles des autres (nettoyage des amphis entre les cours…) grâce à un outil  très simple : le planning.

Animer : faire exécuter le travail, faire agir les collaborateur.

  • donner des ordres, directives, consignes = commander (ex le prof est là car il en a reçu l’ordre) nombreuses façon de donner un ordre, mais dans tous les cas il est donné
  • contrôler leur exécution pour vérifier que tous les ordres soient exécutes de façon satisfaisante. Nul ne peut émanciper du contrôle, il est dans l’essence même des gens.
  • rétribution du travail effectué  rémunération, mais la récompense est bien plus larges que la rétribution, elle récompense par un signe autre que de l’argent : félicitations, remerciements. Cela repose sur l’évaluation égale ou non du travail fait, rétribuer de manière juste

Exemple des pyramides ou de la grande muraille de chine  qui nécessitent beaucoup d’organisation pour être construites. On avait spécialiser les travailleurs, qui avaient donc développé un certain savoir faire. Parfois un simple incident d’organisation, coordination a faire trébucher tout un projet.

 

Gestion, administration, management : des termes proches

  • Gestion, du latin classique “gestio” (exécution d’un ordre), “gerere” faire. Le sens moderne organiser/animer pour que les activités soient réalisées.
  • Dans le dictionnaire les termes gestion et administration sont synonymes au point que les définitions renvoient de l’un à l’autre. Ce terme semble préféré outre-atlantique, on parle de Master in Business administration. En France le mot administration parait largement entaché d’une connotation : gestion de structures publiques ou étatiques, et s’applique souvent à la gestion spécifiques des rouages de l’état.
  • Management : de to manage, manier diriger. Ce mot est en fait très proche de gérer, ou administrer, mais implique plus clairement ma dimension humaine, direction/animation des personnes au travail.

2. Comment distinguer les différents types d’organisations ?

Entreprise : ensemble d’êtres humains et de moyens, doté de la personnalité juridique, organisé-e-s en vue de produire et de vende des biens ou services marchands. Le droit reconnaît que l’entreprise a pour but de réaliser des bénéfices.

Personnalité juridique : du point de vue du droit, ça sera une personne (personnes ou choses ayant un attribut de droits (propriété…) et d’obligations/devoirs (respect du droit)). En droit on distingue deux types de personnes : les personnes physique (êtres humains) et des personnes morales (organisations auxquelles on aura reconnu la personnalité juridique)

Biens et services marchands : biens et services offerts dans le but de réaliser un bénéfice.

On distingue entreprises et administrations. Les administrations n’ont pas pour vocation de dégager des bénéfices : elles produisent et distribuent des biens ou services non-marchands (gratuits où à un prix sans rapport avec le coût de production). Par exemple, le service d’enseignement à l’université : on a payé un certain prix, mais il n’a aucun rapport avec le coût de production, ce qui caractérise les biens et services non marchands. On distingue aussi les administrations publiques et les administrations privées : associations à but non lucratif. 

Différents critères de classification ou distinction des entreprises

Il y en a plusieurs selon le type de problème que l’on veut étudier :

  • la taille, qui influe les moyens dont dispose l’entreprise par exemple. Une grande entreprise aura beaucoup plus de moyens qu’une petite.
  • l’activité : entreprise industrielle ou de services, branche d’activité : agro-alimentaire, automobile, verre, etc
  • le statut juridique qui détermine l’étendue de la responsabilité (à l’égard des tiers) des propriétaires de l’entreprise
a. Classification des entreprises selon la taille

Jusqu’en 2008, traditionnellement, on classait les entreprises selon l’effectif employé. Cependant, cette classification était critiquée car considérée comme trop simple : en effet une entreprise de 9 salariés dans la boulangerie n’a pas du tout le même chiffre d’affaires (montant total des ventes) ni les mêmes problèmes à résoudre qu’une entreprise de 9 salariés dans la bijouterie-horlogerie. Une loi de 2008 décide qu’on va les classer en combinant comme le faisait déjà l’Union Européenne, plusieurs critères : effectif, chiffre d’affaires et total du bilan.

4 types d’entreprises selon la taille

  • les PME (attention avant le même sigle ne recouvrait pas la même définition). Les PME sont celles qui emploient moins de 250 personnes, et qui ont un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions d’euros ou un total de bilan inférieur ou égal à 43 millions d’euros. [effectif < 250 pers.] ET [(CA<50 millions €) OU (Bilan ≤43 millions €)]. La société D emploie 212 personnes, elle a un CA d’environ 30M€ et un bilan de 12M€. Est-ce une PME? Oui. La société E emploie 230 personnes, CA 40M€ et un bilan 72M€. Oui c’est une PME. Micromécanique 292 pers, CA 45M€, bilan 92M€. Ce n’est pas une PME.
  • les micro-entreprises ou MIC, qui constituent un sous ensemble des PME. Ce sont des entreprises qui emploient moins de 10 personnes et qui ont un CA annuel ou un total de bilan n’excédent pas 2 millions d’euro. MIC=[effectif < 10 pers.] et [(CA<2M€) OU (Bilan ≤ 2M€)]. La boulangerie A emploi 2 personnes, a un CA annuel de 360 000€ et un bilan de 300 000€. Est-ce une MIC? Oui. La Pharmacie B emploi 10 personnes, a un CA 22M€, bilan 1,7M€. Ce n’est pas une MIC mais c’est une PME.
  • les entreprises de taille intermédiaire, ou ETI est une entreprise qui a entre 250 et 4999 salarié-e-es, et un CA n’excédant pas 1,5 milliard d’€ ou un total de bilan n’excédant pas 2 milliards d’euros. ETI=[250≤effectif≤5000] ET [(CA≤1,5MM€) OU (Bilan≤2MM€)].
  • et les grandes entreprises GE, sont celles qui emploient au moins 5000 personnes ou bien qui ont un CA supérieur à 1,5 milliard d’€ et un total de bilan supérieur à 2 milliards d’€. GE = [effectif > 5000] OU [(CA > 1.5MM€) ET (Bilan>2MM€)]. Exemple de maths : soit la proposition 1, et la proposition B, on note A(barre) le contraire de 1, qu’on lira « non A ». Le contraire de A ou B est le contraire de A et le contraire de B, soit ni A ni B. 

Tableau récapitulatif :

b. Classement selon le statut juridique

La question essentielle est celle de la responsabilité des propriétaires de l’entreprise à l’égard de ses créanciers. Il y a deux types de statuts :

  • Statuts pour lesquels cette responsabilité est sans limite : entreprise individuelle, SNC (société en nom collectif), etc.
  • Statuts pour lesquels leur responsabilité est limitée à leurs apports à l’entreprise : Sarl (société à responsabilité limitée), SA (société anonyme), etc.

Précisions à partie d’un exemple : Monsieur A créé à la date t0 une entreprise de distribution de céréales. Bilan à la date t0. Un bilan est un document comptable qui, à une date donnée, décrit la situation patrimoniale de l’entreprise c’est à dire l’ensemble de ce qu’elle possède (l’actif, partie gauche) et l’ensemble de ce qu’elle doit (passif, partie droite).

La partie gauche, appelée actif, liste tous les éléments que possède l’entreprise. La partie droite, appelée passif, nous indique comment l’entreprise a pu se procurer les éléments d’actif. Le total du passif = total actif (si ce n’est pas le cas le bilan est faux).

L’actif : Immobilisation (camionnette, entrepôt), acheté du grain pour une valeur de 2900 dans stock. Les actifs sont classés par ordre de liquidité croissante, du moins liquide au plus liquide (il est plus facile à vendre le grain que l’entrepôt) (immobilisation, puis stocks, puis argent liquide en banque ou en caisse).

Immobilisation : biens qui ont vocation à rester plus d’un an dans l’entreprise

Le passif : il a acheté à crédit à l’extérieur du grain pour une valeur de 1000 dans une autre entreprise (il paiera dans 2 mois ou autre). Le passif se classe par ordre d’exigibilité croissante, du moins exigible vers le plus exigible. Par exemple une dette de 60 jours est plus exigeante qu’une de 2 ans. Le capital social nous rappelle quelle valeur les propriétaires ont apporté à l’entreprise (c’est une information historique). Ici le capital social rappelle l’information historique : les propriétaires ont apporté 2000 à l’entreprise, les dettes correspondent à l’achat de grain à crédit.

Il attend le paiement du grain qu’il a vendu à ses clients > 500. Mais la chute du cours du grain a fait qu’il a -2400 de résultat. Que se passe-t-il si les dettes deviennent exigibles ? Même si on fait payer les clients plus vite, qu’on vend la camionnette et l’entrepôt, on ne pourra pas rembourser les 1000 de dette. L’entreprise ne peut pas rembourser ses dettes.

Supposons que le tribunal prononce la liquidation de l’affaire, on récupère 600, mais cela ne suffit pas :

  • Si la responsabilité des propriétaires est sans limite (entreprise individuelle ou SNC notamment) ils devront rembourser les dettes de l’entreprise sur leur patrimoine personnel.
  • Si l’entreprise à un statut à responsabilité limitée aux apports (SARL, SA notamment) les créanciers ne seront remboursés que sur la vente de l’actif de l’entreprise. Pour les propriétaires, la perte se limite donc à l’apport qu’ils ont effectué à l’entreprise.

Un aperçu des différents statuts juridiques :

  • Statuts à responsabilité illimitée
    • Entreprise individuelle, pas de séparation du patrimoine de l’entreprise et de celui de l’entrepreneur (attention lorsqu’on est en régime matrimonial de biens communs, que le juge ne puisse pas toucher au patrimoine de ou de la conjoint-e)
    • Société en nom collectif, responsabilité illimitée et solidaire des différents associés
    • Auto-entrepreneur
  • Statuts à responsabilité limitée
    • Société à responsabilité limitée (SARL), 100 associé-e-s maximum, dits porteurs de part, capital social supérieur ou égal à 7500 avant la loi du 1er août 2003, sans minimum depuis (pour favoriser la création d’entreprise pour les personnes avec peu de moyens)
    • Société anonyme (SA), 7 actionnaires minimum, capital supérieur ou égal à 37000€ et à 225 000€ si appel public à l’épargne (émission d’obligations).
    • SA simplifiée
    • Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée

Dès qu’on emploie le mot société cela veut dire que plusieurs personnes ont mis du patrimoine en commun pour créer son entreprise.

Pourquoi il se créé encore des EI / SNC alors que c’est risqué ? Pour les EI, on veut être notre propre patron. Pour les SNC c’est parce que les banques ne croient pas au projet sous forme de SARL et demandent aux entrepreneurs de créer une SNC afin que la banque puisse dans tous les cas récupérer son argent.

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RedRubble

3 commentaires

Hulie Publié le7:27 - Oct 8, 2018

Bonjour

Vous allez pas poser la suite du cours ?
Crdlt

Chapitre 1 : évolution des entreprises et des théories sur les entreprises – Cours en ligne Publié le11:39 - Déc 19, 2018

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