Partie 1 : Microéconomie

Partie 1 : Microéconomie

Introduction générale : histoire de l’économie

Sources conseillées par le prof : Bloomberg, Financial Times, Alternatives Economiques, Problèmes économiques, Les cahiers français, Regards croisés sur l’économie (selon le prix)

Economie : « propriété, maison, habitat, foyer ». Aristote est le « fondateur » de l’économie et le précepteur d’Alexandre le grand. Premier à utiliser le mot économie, il va développer certains raisonnements économiques sur lesquels on s’appuie encore aujourd’hui. Il oppose deux notions : l’économie (science de la bonne gestion du foyer, du domaine, de la maison) et la chrématistique (recherche de l’argent). Il dit que l’économie est bien et que la chrématistique est mal. On peut atteindre selon lui, grâce à la bonne gestion des ressources qu’on possède, la vie “bonne” qui nous rend heureux.

Pourquoi “ économie politique” ? Le mot politique vient du mot grec polis, la cité. On va chercher à comprendre l’interaction entre tous les individus qui composent la société et comprendre les décisions politiques qui y sont prises, et qui constituent le cadre, notamment juridique, dans lequel nous prenons nos décisions individuelles. Les contraintes (encouragement et dissuasion) sont définies par le droit dans la cité.
Nous sommes des individus sociaux, les sociétés sont très nombreuses. Ce n’est pas une caractéristique proprement humaine. Nous vivons aujourd’hui dans une “société monde” : accès à l’information du monde entier en temps réel, échanges permanents avec des lieux et des agents économiques partout dans le monde. Nous sommes tous et toutes immergé·e·s dans la mondialisation. Nous ne nous connaissons pas personnellement les un·e·s les autres, alors qu’au contraire dans les sociétés peu nombreuses on met en place des relations de confiance. Le grand nombre rend obligatoire des procédures codifiées pour nos échanges. 

Il a fallu attendre ensuite le 16-17e siècle pour qu’en Occident on s’intéresse à nouveau à ces questions d’économies, en s’intéressant à la monnaie (conquête du nouveau monde…). En effet un flux d’argent énorme, venu d’Amérique Latine, arrive en Europe, et cela enrichi énormément certains pays (Portugal et Espagne). Cela a produit de l’inflation parce qu’il y avait trop de monnaie. En France il a fallu attendre les physiocrates (fin 17e-18e) qui ont renouvelé les interrogations d’Aristote sur la bonne gestion, en insistant sur l’agriculture. Et parmi les pères fondateurs Adam Smith, La Richesse des Nations 1776 (aussi la date de l’indépendance des USA). C’est le temps de l’apogée de l’économie marchande et coloniale (esclaves, sucre, café, cacao…).

La théorie de Malthus

Malthus, 1798, Essai sur le principe de population, lien entre démographie et économie, a donné naissance à l’adjectif “malthusien” = pessimiste. Il écrit ce livre après un voyage en France, il a trouvé le peuple français miséreux, et a fait le lien avec la population élevée. Cela lui inspire la théorie selon laquelle lorsqu’un pays commence à s’enrichir sa population croît + vite et on va buter sur le manque de disponibilité des ressources naturelles. “Il n’y aura pas de place pour tout le monde au grand banquet de la nature”. Il met en avant l’importance des contraintes naturelles et le caractère limité de la nature. Un raisonnement intéressant mais pourtant faux. Cependant il avait raison si l’on ne considère que le passé, on y voyait en effet des cycles : enrichissement > appauvrissement et diminution de la population, etc. Par quels mécanismes a-t-on échappé à cette “malédiction malthusienne” ?

Il existe deux principales contraintes ou raretés :

  • La première rareté est la contrainte de temps : journée de 24 heures et mortalité.
  • La deuxième est le fait qu’on doive travailler pour vivre, on est pas dans le paradis terrestre : les ressources.

La population en l’an 0 : 250 millions. La croissance est ensuite rapide et s’accélère. 1600 : 500 millions. 1830 : 1 milliard (temps de Malthus : depuis qu’il a publié son ouvrage la population mondiale a été multipliée par 8). 1930 : 2 milliards. 1930. 1960 : 3 milliards. 2000 : 6 milliards. 2018 : 7,5 milliards.

“Plus on est riche plus on se multiplie” disait Malthus : il avait tort, à cause de la transition démographique. Avant la transition, on a un régime démographique primitif (augmentation lente, beaucoup d’enfants mais beaucoup qui meurent ce qui donne peu de croissance de la population). Savoir comment se propagent les maladies a aidé à réduire la mortalité. On passe alors à un régime stable dans lequel les gens vivent mieux et où il y a peu de naissances (en moyenne deux enfants par femme soit le taux de renouvellement des générations, plus besoin de faire autant d’enfants vu qu’ils survivent). De génération en génération la fécondité baisse. On fait certes de moins en moins d’enfant mais ils ne meurent plus, donc ils sont quand même un peu plus nombreux : c’est la phase d’ajustement de la fécondité. La France a le plus haut taux de fécondité en Europe : 1,9 (contre 1,4 pour l’Allemagne, 1,3 pour l’Espagne et l’Italie…). Et dans les pays d’Afrique et Asie, la transition est en cours (taux encore parfois supérieur à 6) et cela baisse petit à petit. Le taux de fécondité est encore “calé” sur un monde où les enfants meurent très jeunes et il est donc en décalage avec l’actuelle amélioration de la situation. La croissance de la population n’est donc PAS alimentée par l’accroissement des richesses, c’est justement le contraire.

L’autre raison pour laquelle Malthus a eu tort est le fait que les ressources et notre consommation de ces ressources nous a permis, en moyenne et de façon globale, d’être plus en plus riches. Comment a-t-on pu nourrir de mieux en mieux les 7.5MM d’habitant·e·s, dans un contexte de plus en plus confortable ?

La théorie de Ricardo

Pour comprendre cela on va s’intéresser à un autre économiste : Ricardo, Principes de l’économie politique et de l’impôt. Il est influencé par Malthus et pense qu’on va vers un état stationnaire où la croissance se stoppera, mais il pense qu’il y a deux mécanismes qui nous permettront à court terme d’échapper à la fatalité de Malthus :

  • le commerce international, qui va permettre de desserrer les contraintes et d’accéder à des produits moins chers. En effet depuis deux siècles ont l’a de plus en plus développé jusqu’à atteindre la mondialisation.
  • le progrès technique va permettre d’utiliser mieux et plus efficacement nos ressources afin de devenir plus productif·ve·s et en tirer un meilleur parti : cela concerne les ressources en temps comme ressources naturelles. Mais le progrès technique va-t-il continuer à augmenter comme par le passé ? Certain·e·s pensent que nous sommes dans une période de “stagnation séculaire” càd un arrêt de la croissance de la productivité. On ne sait pas si cela est vrai : on ne peut pas savoir si les innovations actuelles donneront, plus tard, d’énormes progrès en terme de productivité.

Ce que Ricardo nous a enseigné, c’est que les deux moyens cités nous permettent pour le moment d’échapper à cette “malédiction de Malthus”, mais cela ne nous le permettra pas forcément éternellement dans le futur. En effet, nous devons ménager les ressources naturelles pour continuer à développer l’économie durablement.

Phrase de la Bible “Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front”

  • “Pain” = agriculture, inventée après une période de chasse-cueillette. L’agriculture est le domestication d’un certain nombre de plantes que l’on va cultiver pour fournir de l’alimentation et autres, et des animaux pour l’élevage. On va produire ce que l’on consomme, mais pour la pratiquer il faut se sédentariser, arrêter d’être nomade, et à partir de là va se développer tout un système social avec l’apparition des droits de propriété et de la hiérarchie. “Ce n’est pas nous qui avons domestiqué le blé mais c’est le blé qui nous a domestiqué”. Nous devons à partir de là travailler. Cette invention s’est passée au même moment à trois endroits différents du monde avec des céréales différentes (blé, riz et maïs).
  • “Sueur” = travail pénible et dur. Une grande partie de l’histoire de l’humanité peut être comprise comme une histoire pendant laquelle les êtres humains ont essayé d’améliorer leur confort et de travailler le moins possible. Pour cela les êtres humains se sont aidées de différentes sources d’énergie qui ont remplacé leur force (maîtrise du feu : éclairage, chauffage, cuisson des aliments / exploitation des animaux pour les efforts physiques / esclavage / énergie hydraulique / électricité / charbon, pétrole, gaz naturel qui sont non-renouvelables et polluantes puisque gaz à effet de serres : pour pouvoir épargner la sueur de notre front, nous détruisons la nature, et nous sommes confrontés au problème sérieux du fait que les inconvénients sont pires que les avantages : nous ne pouvons pas continuer le développement économique de cette façon).

PARTIE I – Microéconomie

Chapitre 1 : Rationalité et choix d’un individu

1. Qu’est-ce qu’un modèle ?

Nous allons avoir dans ce chapitre une démarche scientifique et d’abstraction, aller au delà des apparences et comprendre les mécanismes sous jacents. Comment procéder pour analyser les choix, et qu’est-ce que la démarche d’abstraction (regarder morceau par morceau…).

Nous vivons depuis un peu plus de 2 siècles (période des Lumières) dans des sociétés nombreuses et caractérisées par la liberté individuelle, qui n’a pas toujours existé. On a imposé l’idée que le individus sont libres et peuvent faire des choix, sans liberté on ne peut pas faire de choix. Pour comprendre ces choix on va utiliser des outils d’analyse qu’on appelle des modèles.

Dans le langage courant, modèle peut faire penser à un modèle réduit (quelque chose qui représente une réalité mais en plus petit), ou quelque chose que l’on doit imiter. Ici, on parle de modèle en tant que représentation de la réalité mais qu’on ne cherche pas à rendre réaliste : on va la représenter en faisant ressortir ce qui nous semble important dans la réalité, cela s’approche plus d’une caricature. On peut faire des analogies avec d’autres sciences : observer le ciel peut être très réaliste mais si on s’arrête aux apparences on ne comprend pas réellement comment ça marche (le soleil semble tourner autour de la terre). Donc, des modèles pas très réalistes peuvent permettre d’éclairer des mécanismes importants de la réalité. On peut faire abstraction (extraire quelque chose de la réalité) de certains facteurs afin de simplifier les modèles.

Les décisions que nous allons étudier peuvent être très anodines (repas du soir) ou très importantes (celles d’Elon Musk pour son entreprise). Robert Mundell « la théorie, c’est la poésie de la science, c’est une caricature de la réalité, mais comme toute caricature réussie, elle éclaire la réalité ». On met le doigt sur les choses essentielles afin de comprendre la vraie nature de l’économie.

2. Rationalité individuelle

L’économie est une science qui part du postulat selon lequel ce sont les décisions des individus qui déterminent le fonctionnement de l’économie. On appelle cela l’individualisme méthodologique : on part des individus pour comprendre le fonctionnement de l’économie. « Homo economics » : personne rationnelle en toute circonstance. Etre rationnel selon les économistes c’est utiliser au mieux les ressources dont on dispose pour poursuivre les buts que l’on se fixe. Tout le monde peut donc être rationnel, même avec des objectifs « farfelus ». Cela ne veut pas dire qu’on est systématiquement individualiste et égoïste (même si c’est souvent le cas), nos objectifs peuvent être altruistes. C’est une hypothèse d’efficacité instrumentale : on suppose que les individus sont assez intelligents pour utiliser de manière efficace les ressources dont il disposent en vue de réaliser leurs objectifs.

3. Préférences et biens

Supposons que :

  • chacun.e de nous à des goûts, différents d’une personne à l’autre, on ne s’intéressera pas à la manière dont ces goûts sont formés (même si on suppose qu’une partie de l’activité économique tente d’influencer les goûts)
  • les goûts sont relativement constants, stables (faux dans la réalité)
  • tout le monde connaisse ses goûts (de même on ne peut pas savoir si on aime ce que l’on a pas testé, il y a constamment des nouveautés)

Les biens sont des choses que l’on peut consommer et qui nous procure une satisfaction, du bien-être, de l’utilité. Puisque nous avons des goûts différents, les biens ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Si on aime pas telle musique, elle n’est pas un bien mais devient ce qu’on appelle une nuisance, alors qu’elle peut être un bien pour notre voisin. Donc, nos consommations peuvent créer des nuisances pour les autres.

On suppose que la satisfaction totale que nous procure un bien augmente avec la quantité consommée du bien. Cependant la satisfaction augmente de moins en moins à mesure qu’on augmente la quantité consommée. Il existe un point de satiété (exemple d’une personne assoiffée qui boit un verre d’eau puis deux, trois, etc…). Puisqu’on aime d’autres choses, il arrive un moment ou l’on a envie d’autres choses, ce qui fait qu’on arrive jamais au point de satiété.

On appelle raisonnement à la marge ou marginal : l’utilité totale augmente avec la quantité consommée, mais l’utilité marginale (surcroît, supplément d’utilité que me procure une petite quantité supplémentaire de bien) diminue/décroit avec la quantité consommée. Quand on a peu de quelque chose qu’on aime, on a envie d’en avoir plus ; mais quand on a beaucoup de cette chose qu’on aime, on peut en sacrifier un peu pour avoir une autre chose qu’on aime.

Paradoxe de l’Eau et des Diamants, Adam Smith 1776, « La richesse des nations ». (début de la révolution industrielle). Les diamants sont chers car rares, même si peu utiles. L’eau est une ressource extrêmement utile mais qui ne coûte rien. Chacun.e d’entre nous va attribuer une valeur subjective aux biens, selon nos goûts, et cela ne dépendra pas du fait de savoir si ça a coûté cher ou pas cher à produire.

Les individus n’ont pas seulement des goûts mais ont des préférences : on est capable d’ordonner les choses qu’on aime. On va donc pouvoir hiérarchiser les biens. On va y voir des propriétés logiques et notamment la transitivité : les préférences sont transitives si on préfère :  Pommes > Orange, mais Orange > bananes donc Pommes > bananes. C’est logiquement imparable, sauf que tous les individus ne sont pas toujours logiques. De plus, parfois, on a pas de préférence et cela nous est égal, on est indifférent entre deux biens : on a autant de satisfaction à consommer une pomme qu’une banane. On utilise parfois en économie des courbes d’indifférence.

4. Les ressources

Ce sont des choses qui ne sont pas consommées mais qui nous permettent nous procurer ce que nous consommons.

La première ressource est nous-même : notre temps, nos efforts, notre travail, tout ce qu’on peut faire soi-même avec sa propre personne, grâce aux efforts physiques comme intellectuels. On peut utiliser de notre temps pour fabriquer quelque chose que l’on va consommer ensuite (gâteau), ou pour produire des choses qui vont ensuite être vendus à d’autres qui vont alors les consommer. Dans cette situation on loue notre force de travail à l’entreprise.

La deuxième ressource est la terre (les premiers économistes ont raisonné dans des contextes économiques encore très dominée par l’agriculture). Dans nos économies actuelles, on modifie l’interprétation du mot terre, pour lui donner le sens non pas de la terre agricole mais des ressources naturelles qui nous servent à produire les biens que nous consommons. Même la dématérialisation de l’économie ne réduit pas les ressources naturelles utilisées (métaux rares, électricité…). Certaines ressources naturelles sont libres, par exemple l’air, et d’autres doivent être achetées car elles sont régies par la propriété privée, il faut alors se les procurer par l’échange.

La troisième ressource est ce qu’on peut appeler le capital productif, ce ne sont pas des « biens » mais plutôt des biens d’équipement : outils, locaux de l’université…

Ceci est la représentation classique mais un certain nombre d’économistes pensent qu’il faut inclure le capital humain ainsi que le capital naturel (différent de « la terre »).

5. Robinson sur son île

5.1 Choix quotidiens d’activités

Il vit au jour le jour en considérant qu’il ne se pose pas de questions ni sur son passé ni sur son avenir. En vrai, cela ne marche pas comme ça, nous sommes beaucoup influencés par notre vision de l’avenir. Supposons que les fruits pourrissent en 24h et qu’il ne peut pas faire de stocks. Le choix primordial est le choix d’utilisation des ressources : les ressources naturelles de l’île, et ses propres ressources en temps et en effort. La rareté du temps s’imposant à tous, on doit faire des choix. Il y a des décisions qui ne mobilisent que nos ressources à nous et n’engagent que nous.

5.1.1 Ressources et rareté

Il est seul donc les ressources sont libres. L’île dispose de ressources et Robinson doit faire avec, il ne les contrôle pas. Il doit donc modifier ses choix. Il a des ressources en temps limitées, il a des besoins physiologiques donc 16h de ressources en temps et pas 24.

5.1.2 Espace des choix et contraintes budgétaires

Robinson préfère se reposer que travailler. Il est confronté à un choix entre deux choses qu’il aime : les fruits (ce qui nécessite un travail càd renoncer à du loisir, c’est une nuisance), et le loisir (ne pas travailler), qui est un bien, mais cela implique de ne pas avoir de fruits. Robinson dispose d’un budget temps qu’il doit affecter entre travail et loisirs.

5.1.2 Productivité

Schéma : puisque Loisir et Consommation de fruit sont des biens, plus on s’éloigne vers le nord est, plus Robinson est satisfait. Chaque point est une combinaison d’une certaine quantité de loisirs et d’une certaine quantité de fruits. 16h de loisir et 0 fruits est possible, tout comme 4 fruits s’il travaille 16h et prend 0 loisirs. Pour définir le maximum de fruits que Robinson peut collecter en usant tout son temps à travailler, on doit définir la productivité (quantité en une heure de travail, càd efficacité de son travail). On suppose ici que la productivité est constante. Productivité marginale : combien de fruits en plus que l’heure d’avant va-t-on avoir si on travaille une heure de plus. La productivité moyenne est de 250g de fruits par heure de travail.

5.1.4 Quelle combinaison ?

Robinson va donc forcément choisir une combinaison qui se trouve dans le triangle, en dessous de la droit « contrainte budgétaires » ou « frontière des possibles ». Cependant il peut prendre peu de loisirs et récolter peut de fruits (points à l’intérieur du triangle) s’il en a envie, mais comme il est rationnel il ne le fera pas. Il va donc ni choisir un point à l’intérieur (rationalité) ni à l’extérieur (contraintes), il va donc choisir un point sur la droite : c’est un point possible et à la fois un des plus élevés possibles. Tout le monde ferait donc un choix sur la frontière.

5.1.5 Variation de la productivité

Supposons qu’il n récolte plus que 125g de fruits (sa productivité a baissé) par heure en raison de la fatigue. S’il ne travaille pas il a toujours 0 fruits. Son espace des possibles va se réduire puisque la droite de contrainte budgétaire descend. Les anciens points ne sont plus accessibles. Il va dans tous les cas devoir se contenter de moins de fruits, mais il peut également augmenter son temps de loisirs en ayant beaucoup moins de fruits. Son choix dépendra de ses goûts et sera défini par l’effet substitution et l’effet revenu.

Il va donc falloir définir ce qu’est le coût pour Robinson : c’est la quantité de ressources qu’il faut pour obtenir le bien qu’il veut consommer. Dire que la productivité a été divisée par deux reviens à dire que le coût a été multiplié par deux. Les fruits sont devenus plus chers en terme d’heure. Coût d’opportunité : coût de ce à quoi je renonce. Avant il renonçait à 250g, maintenant il renonce à 125g, l’heure de loisir est donc moins chère qu’avant, et Robinson va choisir plus de loisir. Les fruits sont plus chers dont il va choisir moins de fruits. Si on veut maintenir son revenu en fruits (maintenir son niveau de vie), par contre, il faudra travailler + d’heures et renoncer à encore plus de loisirs qu’avant.

Et si sa productivité augmente ? Les conditions climatiques font augmenter la quantité de fruits présents sur l’île / Robinson devient meilleur grâce à l’expérience (cumul de capital humain) / il a découvert un capital productif (brouette…). Comme il est plus productif il peut avoir à la fois plus de loisirs et plus de fruits. C’est le cas en occident depuis un certain temps, grâce au progrès technique. On peut à la fois consommer plus et travailler moins. C’est l’effet du progrès sur la productivité, qui est alors croissante. En france on travaille en moyenne 1600h/an et à l’échelle d’une vie c’est peu, comparé à la situation de nos ancêtres.

5.2. Choix entre deux biens

Des contraintes pèsent sur le choix d’un individu, elles dépendant des ressources mais cette fois il va y avoir non pas une seule productivité mais plusieurs. On introduit plus d’aspect dans le déterminant du choix et on va pouvoir étudier les prix et coûts relatifs. Certains fruits seront plus faciles à se procurer et d’autres moins : ce sont les coûts relatifs.

5.2.1 Budget, productivités et coûts relatifs

Il y a deux types de fruits sur l’île et Robinson aime les deux. Il a déja son budget, nommé R=8h, et il doit l’affecter entre les bananes et les ananas alors qu’il aime les deux. Les bananes sont-elles plus coûteuses en terme de ressource que les ananas, ou pas ? On doit faire des hypothèses sur les deux productivités pour les deux activités. Ananas : 500g/h, bananes 2kg/h.

5.2.2 Contrainte budgétaire

Le coût relatif : combien de kilos de bananes dois-je sacrifier pour me procurer un kilo de bananes? 4 kilo de bananes par kilo d’ananas, ou 250g d’ananas par kilos de bananes.

5.2.3 Variation des productivités

Les coûts relatifs vont alors varier et Robinson devra modifier ses choix car son espace de choix va varier. Si la productivité dans la collecte des ananas double : il va pouvoir consommer et + de bananes, et + d’ananas (rotation autour du point productivité banane). Il peut choisir d’affecter le surcroît de productivité à la consommation de bananes; mais il peut surtout choisir de prendre les choses plus chères soit l’ananas. Le coût relatif est maintenant de 1/4, les ananas sont devenus moins chers en terme de bananes, les bananes moins chères en terme d’ananas.

Si la productivité des bananes a été divisée par deux, Robinson va devoir se contenter et de moins de bananes et de moins d’ananas (rotation autour du point productivité ananas).

EFFET REVENU : Quand la productivité augmente sur une des deux activités, c’est comme si d’un coup on avait + de ressources, on devenait plus riche car on peut consommer + des deux fruits. Mais si l’effet revenu est négatif on doit consommer moins des deux.

EFFET SUBSTITUTION : les fruits coûtent moins en heure de travail (une heure par kilo au lieu de deux heures par kilo). Si on consomme deux biens qu’on aime et qu’un des deux devient moins cher tout d’un coup, on substitue un peu de ce bien pas cher, au bien qui est assez cher. Mais tous ne sont pas substituables. Quand il y a du choix c’est qu’on peut substituer (exemple pain et confiture)

5.2.4. Variation du budget

Le budget diminue. La nouvelle droite de contrainte budgétaire est parallèle à la précédente. Propriété : la pente de la contrainte budgétaire (ou le coefficient directeur) dépend uniquement du rapport des productivités ; elle mesure exactement le coût relatif. Or ici le coût relatif n’a pas changé, on a juste divisé par deux le budget, donc la pente reste la même. Dans les cas précédents ont faisait varier la pente en faisant varier à la productivité, ce qui correspond au rapport de productivité.

 

Chapitre 2 : L’économie sociale : les gains de l’échange et de la coopération

Dans les économies primitives, les ménages vivaient en autarcie (produire soi-même ce que l’on
consomme, autosuffisance). Grâce aux échanges, nous ne produisons pas forcément ce que nous consommons. L’économie d’une société faite de plusieurs personnes. Dans le domaine de l’économie il y a deux types d’échanges : l’échange marchand avec de la monnaie, et le troc qui a tendance à disparaître parce qu’on est nombreux et qu’il y a beaucoup de biens. On peut parler d’échange marchand même sans monnaie, bien contre bien. Les individus vont décider de coopérer dans la production et d’être plus efficace. Nos sociétés sont comme des fourmilières, la coopération est le pilier de notre société humaine ou des sociétés animales. Pourquoi les fourmis changent peu alors que les humains changent beaucoup ? Parce qu’elles ont les mêmes gênes (filles de la même reine) et donc à peu près les mêmes goûts et habitudes. Alors que les humains sont différents et n’ont pas les mêmes goûts.

La vie en autarcie c’est la situation d’un individu ou d’une société isolée.

1. Avantage comparatif et spécialisation

Grâce à l’échange, on peut se spécialiser dans telle production et se procurer autre chose, on peut avoir accès à toute sorte de bien tout en étant spécialisé à un seul type de bien. Ce sont les progrès réalisés dans la productivité, notamment en terme de rendement agricole, qui ont permis à nos sociétés de se spécialiser. Le progrès agricole permet aux paysans de vendre une partie de leur récolte qu’ils ne consomment pas, ce qui veut dire qu’une partie de la population va pouvoir ne pas être paysan et vivre dans les villes où l’on peut se spécialiser. Les villes produisent des objets, et échangent avec les campagnes qui produisent la nourriture. La productivité industrielle croissante a permis encore plus de spécialisation et d’urbanisation (60% à l’échelle mondiale) parce qu’il y a besoin de moins de main d’oeuvre en campagne. Des inventions comme les ordinateurs et les voitures réduisent les efforts humains et sont si simplifiés que tout le monde peut s’en servir.

La société et les échanges va changer la vie de Robinson car il va pouvoir obtenir des biens moins coûteux. Pour se spécialiser, il faut pouvoir échanger. On va s’intéresser à l’échange, le « troc » (services contre services, bien contre bien) qui ne fait pas intervenir de monnaie, quand on est deux (robinson et vendredi). On imagine que ces deux là
n’ont pas les mêmes aptitudes, les mêmes gouts, la même productivité.

1.1. Avantage absolu et avantage comparatif

Robinson a un avantage absolu dans la récolte des ananas, sur vendredi, et vendredi un dans la récolte des bananes. On compare ici non plus les productivité des individus dans chaque activité, mais les rapports de productivité. C’est ce qu’on appelle un avantage comparatif et c’est le déterminant essentiel de l’échange marchand.

Ici on suppose deux activités chasse et pêche. Robinson et vendredi aiment tous les deux le poisson et le gibier. Ils n’ont pas forcément les mêmes goûts ni les mêmes aptitudes.

Robinson a une productivité de 500g/h chasse et 250g/h pêche. Vendredi 1kg/h de chasse et 500g/h pêche

Si les rapports de productivité sont égaux, cela ne donne pas d’avantage à échanger puisque qu’ils sont confrontés aux mêmes coûts relatifs : on donne un kilo de poisson pour 2 kilo de gibier dans les deux cas etc.

Mais si les rapports sont différent et que Vendredi est plus productif dans la pêche qu’avant. Ils n’ont alors plus les mêmes rapports de productivité et il y a alors des avantages comparatifs. Vendredi a toujours un avantage absolu dans les deux activités, mais même si Robinson est moins bon que vendredi, il est quand même relativement meilleur que Vendredi en chasse. Robinson a donc un avantage comparatif en chasse. Il est mauvais dans les deux mais relativement moins mauvais dans la chasse que dans la pêche. Vendredi lui a un avantage comparatif dans la pêche. Pour Robinson le cout d’un kilo de gibier = 2h = 500g de poisson. Pour se procurer 1kg de poisson il doit renoncer à 2kg de gibier. Vendredi pour se procurer 1kg de poisson doit donner un kilo de poisson. Robinson, pour se procurer du poisson, a intéret à aller voir vendredi lui acheter du poisson plutot que de pécher. Vendredi de même avec la gibier.

Si Vendredi chasse 1k de gibier il renonce à 1kg de poisson ; au lieu de chasser se procure 1kg de gibier auprès de robinson, il l’échange contre un peu moins d’1kg de poisson (750g) ce qui est aussi avantageux pour Robinson car il a plus de kilos de poissons pour le gibier qu’il donne, que s’il avait renoncé à son gibier pour attrapper seulement 500g de poisson. Il y a donc ici un gain de l’échange : chacun des deux est un petit peu plus haut en terme d’utilité total que s’il n’y avait pas d’échange, grâce simplement au fait qu’on échange. Chacun des deux va donc chercher à se spécialiser dans l’activité qu’il fait relativement le mieux (dans celle dans laquelle il a un avantage comparatif). A ce moment là ils vont aller chercher leur quantité nécessaire dans le domaine ou il se spécialise + la quantité qu’ils vont échanger.

1.2. La spécialisation

L’échange nous permet de nous spécialiser. Il y a un gain mutuel à l’échange, l’échange est un jeu (dès que plusieurs individus interagissent c’est considéré comme un jeu avec des règles) à somme positive : la somme des gains de tous les gagnants est supérieure à la somme des gains de tous les perdants. (jeu à somme négative : loto / à somme nulle : jeux de hasard). car chacun des deux peut gagner et sortir de son espace des possibles grâce à l’échange avec l’autre (gain de l’échange). Le gain dynamique est lié au fait que si on peut se spécialiser on va aussi devenir meilleur. Collectivement, on a intérêt à ce que l’échange se développe.

Chacun va se spécialiser dans l’activité où il a l’avantage comparatif. L’échange permet à chacun
des deux de se consacrer à l’activité où il est le plus productif (Robinson dans la chasse pour sa
propre conso et pour en échanger avec vendredi contre du poisson, c’est l’inverse pour vendredi).
Collectivement, ils sont plus productifs dans les deux, ils ont augmenté la productivité dans cette
société, tout le monde peut accéder à un niveau de satisfaction plus important, grâce à l’échange
on peut sortir de l’espace des possibilités. En Europe jusqu’au 12/13e siècle, il n’y avait pas
d’échanges, donc pas de spécialisation, donc pas de villes (les gens devaient vivre à la
campagne = contrainte de la nécessité de se procurer la nourriture). Ceux dans les villes peuvent
donc se spécialiser dans d’autres domaines (commerce, artisanat).

1.3. Le rapport d’échange (ou prix)

Si un kg de poisson coûte + que 2 kg 100 de gibier, cela n’est plus rentable pour Robinson car il peut avoir seul 1 kg de poisson en renonçant à 2 kg de gibier. Donc la limite pour Robinson est de 2 kg de gibier, en dessous il acceptera. C’est le prix de réserve : prix au delà duquel Robinson refuse l’échange et se met en réserve, se retire de l’échange. Vendredi a aussi un prix maximum : 1 kg de gibier par kg de poisson. Si les prix sont compris entre ces deux prix de réserve là, ils peuvent faire échange et vont marchander. Si les échangeurs ne sont pas d’accord c’est qu’on a dépassé le prix de réserve de l’un ou de l’autre (dans un échange volontaire) et ils se retirent.

Le vendeur a un prix minimum au dessous duquel il ne veut pas descendre et le consommateur a un prix maximum qu’il ne veut pas dépasser. Quand on s’intéresse à des marchés et non plus à des trocs bilatérales, le prix est fixée parce qu’il y a un grand nombre d’offreurs et de demandeurs. Pour les acheteurs avoir beaucoup de vendeurs est mieux et pour les vendeurs il vaut mieux plus de demandeurs.

1.4. Exemples

Paul Samuelson : Dans la microéconomie, Samuelson (un des 1er prix Nobel d’éco/ prix de la banque centrale de suède en hommage à Alfred Nobel) a publié dans les années soixante un manuel où il donne un exemple de spécialisation, d’avantages comparatifs. la meilleure avocate du monde, et un très mauvais secrétaire. Evidemment l’avocate sait faire du secrétariat, mais l’homme ne sait pas plaidoyer. Elle a donc un avantage absolu sur lui dans tous les domaines. En dépit de cela il y a des avantages comparatifs : l’homme est moins mauvais secrétaire que mauvais avocat (zéro). La femme a un avantage comparatif dans le métier d’avocate. Une heure d’avocate lui rapporte beaucoup plus qu’une heure de secrétariat. Toutes les heures qu’elle ne passe pas à faire du secrétariat, elle peut les consacrer à être avocate. Mais si elle a le choix elle prendra un secrétaire plus compétent, et celui-ci se retrouvera au chômage.

Ricardo échange international : parle pour la première fois du fait que l’on avait intérêt à échanger même sans avantage absolu. Parfois il vaut mieux se procurer des produits dans d’autres pays (importation) même si on sait les produire, mais ailleurs c’est moins cher. Les pays tout comme les individus vont eux aussi se spécialiser. Il prend l’exemple du Portugal et l’Angleterre, avec du drap et du vin. Si on libéralise le commerce entre les deux pays (suppression des droits de douane), le Portugal a un avantage comparatif de productivité dans la production du drap et l’Angleterre dans celle du vin. Elle va donc acheter du vin au Portugal et lui vendre du drap. Chaque pays se spécialise alors. Les premiers à y gagner sont les consommateurs anglais qui payent le vin moins cher qu’avant et le drap au même prix ; les consommateurs portugais le vin au même prix et le drap moins cher. Les producteurs gagnent tous deux en marchés. Par contre les anciens fabricants textiles au Portugal perdent leur emploi mais selon Ricardo ce n’est pas grave puisqu’ils vont en retrouver dans le secteur viticole. Mais cela ne se fait pas instantanément et ce n’est pas toujours possible en terme de compétences. Ceux qui gagent pourraient redonner une petite partie de leur gain pour compenser les pertes de ceux qui perdent, mais ça arrive peu. Dans certains cas si les pays se ressemblent l’avantage comparatif est difficile (Allemagne-France) alors on échange de la variété (produits similaires mais différences de qualité de gamme etc). Il y a alors de la spécialisation de gamme (parce que les consommateurs aiment la diversité de qualité et aiment de distinguer des autres). On observe ceci depuis 2 siècles, c’est ce qu’on appelle le libre échange (commerce libre entre pays, la plupart sont ouverts aux échanges, développement CI entraînant gains considérables, on peut accéder à des produits du monde entier beaucoup moins cher). Cela a quand même ses limites, car l’essentiel des échanges sont des échanges de variétés (même produits mais avec caractéristiques et qualités différentes). Au niveau mondial, cette analyse a produit le libre échange, mais on a des contres-exemples en politique avec Trump il est plus protectionniste/isolationniste (sanctions/douanes). De l’autre coté l’UE fait un marché unique et mise sur l’expansion du commerce.

2. La coopération dans la production

Dans les économies sociales, les individus ne produisent pas seul. C’est la coopération dans la production, pour produire plus efficacement, ce sont des entreprises. Les entreprises sont des entités où est organisée la production des biens. On trouve des individus et des ressources organisées avec les individus pour produire des biens. Il y a une hiérarchie avec un patron qui la dirige. Comment sont organisées les entreprises en interne et comment obtenir une production efficace ? Elles peuvent produire pour faire des profits ou autre chose comme dans les administrations, il y a du capital et des ressources que l’on veut combiner pour produire par exemple un service (éducation).

2.1. Facteurs de production

Ce sont les ressources que l’entreprise va mobiliser et dont elle va utiliser les services en vue de produire des biens. On va supposer que l’entreprise ne les possède pas mais qu’elle les loue les facteurs de production qui sont le L (personnes liées à l’entreprise épar des contrats de travail relativement durable, droit du travail qui définie les différents contrats signés entre patrons et salarié-e-s). Dans les contrats salariaux l’entreprise spécifie en avance la rémunération versée en échange du service, et les services qui seront rendus, les contrats salariaux existent depuis le 19ème siècle.

Plus récemment sont apparus les travailleurs indépendants travaillant pour des plateformes collaboratives (ex: uber).

L’esclavage est interdit donc les entreprises ne peuvent pas acheter ses travailleurs, elles louent nos services.

La différence entre l’échange marchand et la coopération est que la coopération est durable, les salariés sont là pour un certain temps.

Le capital productif d’une entreprises (bâtiments, machines et outils) sont des choses qui ont été produites pour produire. C’est le deuxième facteur de production.

Pour la plupart des entreprises, en plus de ces deux facteurs de production, on a besoin de capital naturel comme la terre, comme le foncier (terrain où est installé l’entreprise ou encore de l’eau.

Souvent l’entreprise est une sorte de culture d’organisation, elle a ses propres traditions et manières de faire, c’est du capital immatériel, du capital organisationnel.

L’entreprise va organiser la coopération de ces facteurs en choisissant quel facteur elle va utiliser (+ ou – l’un des facteurs). Cela dépend de la technologie qui généralement évolue. C’est ce que l’on appelle le progrès technique (PT). L’entreprise aura le choix entre plusieurs techniques donc entre plusieurs combinaisons de facteurs (exemple de l’industrie automobile au japon, robots, travail à la chaîne).

Dans l’entreprise grâce à la coopération, on va pouvoir avoir de la spécialisation, les salariés vont être spécialisés dans certaines taches de la production, c’est la division du travail (chacun à son rôle dans le processus de P° de l’entreprise).

Dans l’ouvrage d’Adam Smith en 1776 (il est considéré comme le père fondateur de l’analyse économique moderne), il décrit ce qu’il appelle une « manufacture » (avant manufacture royale qui produisait tapisserie (manufacture des Gobelins) puis celle de Sèvres (vaisselle)) qui appartient à l ‘état et travaille pour lui. A la fin du 18e siècle, la manufacture reste quelque chose d’assez rare puis avec RI on commence à produire via manufacture. Les gens vont commencer à vivre dans les villes et travailler dans les manufactures, dans industries).

Il dépeint la manufacture des épingles, il découvre la division du L dans une usine.

Cette fragmentation du L a été très loin, on a parfois le fordisme et taylorisme càd du L à la chaîne , le salarié fait toute la journée la même chose, ce qui rend le L aliénant et pas très satisfaisant, il ne voit pas le produit fini.

Cela va accroître la productivité du L car quand on se spécialise, on s’améliore, on sera plus rapide et plus efficace et on perd beaucoup moins de temps.

2.2. Coûts de P° et le profit

On va supposer que le K est loué par l’entreprise (ex: un boulanger n’est pas forcement propriétaire de sa boutique). Ce que l’entreprise utilise pour produire ce sont les intrants (= imputs ce qui rentre dans la P° ou outputs ce qui sort).dans ces intrants on distingue deux catégories:

  • les facteurs de P° qui ne disparaissent pas, ils peuvent être utilisés plusieurs fois (les employés) et les machines et outils (le K s’use mais reste un moment, obsolescence). Ils ne sont pas détruits pdt le processus de P°
  • Les consommations intermédiaires, qui sont les éléments utilisés par l’entreprise pour produire mais qui sont transformés ou détruits lors du processus de P°.

La division du L est internationalisé ce qui explique la mondialisation. De nos jours ces chaines de production sont internationales, les éléments assemblés proviennent du monde entier.

Les couts de P° sont les éléments que les chefs d’entreprise doivent débourser pour produire un bien.

Le cout total de P° Ct est la somme de 3 composantes:

  • le cout de consommation intermédiaire (Ci)
  • Le cout de la main d’oeuvre ou cout du L (Cl), salaires, cotisations sociales/patronales
  • Le cout du K (cK) le cout de la location des machines et de son local, ou le cout d’usage du K si il a acheté ses machines (plus remplacement a cause de l’obsolescence ou de l’usure).

Une partie de ce cout total dépend de la qté produite c’est le cout variable, le cout fixe ne dépend pas des qtés.

La recette de notre entrepreneur est la recette totale (Rt) cad le produit de la vente du bien. C’est le produit de deux termes, le prix de vente (P) multiplié par la quantité produite (quantité produite).

On va définir le profit total cad la recette totale moins le cout total. C’est le revenu résiduel ce qui reste sur la recette une fois qu’on a payé ce qu’on avait à payer. Pour l’augmenter, il faut augmenter les recettes, diminuer ou augmenter ses quantités, en diminuant ses cout de P°. Si il maxime son profit il va faire ceci. Son objectif est d’obtenir le meilleur profit possible mais certains vont souhaiter qu’avant leur profit leurs salariés soient bien payés, les administrations et les organisations caritatives ne cherchent pas le profit.

Pour maximiser son profit total, on va passer à un raisonnement à la marge.

Le coût marginal (Cm) : variation du cout total lorsque la P° augmente un tout petit peu.

Le coût moyen (CM) = CT / Q

La recette marginale : augmentation de la recette totale que j’aurai si je vends une unité de plus.

La recette marginale est égale au prix de vente.

Le profit marginal : variation du profit total lorsque je varie d’une unité la quté produite. Rm – Cm

Le profit total est maximum lorsque le profit marginal s’annule.

2.3. Rendements de facteurs et loi des rendements décroissants

Les rendements de facteurs sont la pvité. Comme pour la pvité, on peut distinguer le rendement moyen cad par unité de facteurs et le rendement marginal cad la variation de la qté produite.

Le rendement et le coût sont en rapport inverse. Lorsque le rendement moyen diminue le cout moyen augmente et inversement (même chose pour marginal).

En économie, une fonction de P°se définie comme une représentation mathématique du lien qu’il y a. Elle va associer la quantité du bien produit (L) et les quantités facteurs pour produire les biens (K).  Q= F (L;K) <- fonction de P°. Elle résume son K organisationnel, les techniques utilisés.

La loi des rendements décroissants a été découverte par l’économiste français Turgot (ministre des finances de louis XV). Supposons que dans l’entreprise, on fait varier les qtés d’un des facteurs de P° (L par ex) mais pas celles des autres facteurs (K). Dans ce cas là, le rendement du facteur que je fais varier va augmenter mais au bout d’un moment le rendement moyen et marginal de ce facteur va diminuer.

Cette loi s’applique au cas où l’on fait varier les qtés d’un seul des facteurs. Les rendements sont décroissants à partir d’un certain point qui dépend de l’entreprise concerné.

On va pouvoir en déduire que les couts moyens et marginaux sont croissants (rapport inverse avec les rendements).

Graphique traduction graphique de la loi des rendements décroisants. La qté augmente mais de moins en moins par supplément d’unité de L. La courbe est presque horizontale au bout d’un  certain temps. La productivité marginale et la productivité moyenne diminuent mais pas au meme, rythme.

Supposons qu’il y ait un problème technique et que l’on remplace le four par un four plus efficace. La fonction ne va plus être la même car la nature du K aura changé.

On produit plus qu’avant, le PT va permettre de produire plus pour chaque unité de L utilisée mais il y a tjr des rendements décroissants.

Le PT peut être vu de deux manières:

  • avec la même qté de L qu’avant je peux produire plus avec la même qté de facteurs.
  • Mais pour produire autant qu’avant il faut moins de L, le PT supprime donc des emplois.

Cela va déprendre de ce qui se passe sur le prix.

Dans l’électronique grand public (téléphone, ordi), grâce au PT la grande majorité des gens peuvent y accéder contrairement à avant. Le cout de P° et le prix ont diminué. On en produit donc plus, l’emploi augmente donc.

Dans l’électroménager, l’emploi diminue car les personnes n’achètent pas plusieurs produits parce qu’ils sont moins cher (ex des frigos). C’est pareil dans la téléphonie (le service), la télécommunication. Il a donc des effets positifs ou négatifs sur l’emploi selon le secteur concerné.  Le PT permet de consommer plus en travaillant moins.

2.4. Rendements d’échelles

Il s’agit des tailles et proportions des entreprises. De combien varie la P° totale lorsque je fais varier l’échelle de l’entreprise ? Ces rendements d’échelles pourront être croissants, décroissants ou constants selon le domaine.

Ils sont constants, quand l‘échelle varie, la quantité produite varie à proportion de l’échelle.  Ils sont croissants, quand je multiple l’échelle de l’entreprise par 2, la quantité produite est multipliée par plus de 2.

Ils sont décroissants quand je multiple l’échelle/les facteurs de P° de l’entreprise par 2, la qté produite totale est multipliée par moins de 2.

L’entreprise va pouvoir choisir la taille la plus avantageuse du point de vue du profit total, il choisira l’échelle optimale.

Lorsque les rendements sont croissants, on dit que l’entreprise fait des économies d’échelles (les couts moyens baissent), symétriquement il y aura des déséconomies d’échelles si les rendements sont décroissants. Cela varie dans le temps avec le PT, le secteur.

3. Organisations et marchés

Dans tous les pays et les secteurs on a des dosages d’entreprises et de marchés selon l’époque et la technologie elles vont faire ou faire faire certaines choses. Il est plus intéressant aujourd’hui de faire faire par d’autres entreprises des pièces pour faire une voiture dans le secteur de l’automobile. Par exemple Porsche conçoit des voitures et fait faire en Slovaquie et en Hongrie les différents composants que Porsche va assembler et vendre.

On a deux grands types de manières d’organiser l’échange, la coopération et la division du L.

Dans certains secteurs elles vont sous traiter et d’autres tout faire cela varie aussi avec l’époque (ex : sncf avant c’étaient des salariés internes à l’entreprises mtn c’est une agence d’entretien cela coute moins cher).

Chapitre 3: le marché concurrentiel

Depuis longtemps, dans nos sociétés très nombreuses, nos échanges marchands sont organisés et effectués avec des intermédiaires appelés « marchands » qui sont des agents économiques qui vont chercher les biens chez les producteurs pour les mettre à disposition des consommateurs. Il y a des millions de biens et ils ont des qualités différentes. Le fait qu’il y ait des intermédiaires simplifient le L des producteurs qui leur achètent la P° pour aller ensuite écouler les stocks. Le consommateur sait aussi où aller pour trouver quoi grâce aux marchands. Ils rendent l’échange plus simple et plus facile, ils en tirent une rémunération en rendant un service utile à tout le monde.

Il y a depuis longtemps des lieux où l’on trouve des marchands: « le marché ». C’est un lieu ou vendeurs et consommateurs se rencontrent. Les acheteurs sont sûrs de pouvoir trouver ce qu’ils cherchent. Il y avait autrefois des marchés hebdomadaires et des foires, des marchés périodiques. C’est un rassemblement de marchands. On y trouvait des biens que l’on ne pouvait avoir que périodiquement et pas au quotidien. Ajd encore, il y a des souks par exemple qui ont le même principe que nos grandes surfaces/hypermarchés.

On sait que le marché n’est pas qu’un lieu physique. Il peut être virtuel, on fait des achats sur internet et par l’intermédiaire des plateformes on trouve des milliers de produits (amazon). C’est le e-commerce.

Le marché en concurrence est un marché où certaines conditions vint être remplies pour qu’il y ait une certaine concurrence. Ce marché est rare et idéal dans lequel il y a une concurrence très forte. Il est plus simple que les vrais marchés.

Quelles sont les conditions que doit respecter un marché pour être en concurrence ? un marché = 1 bien en particulier

  • Atomicité : structure atomistique si il y a un grand nombre de vendeurs et d’acheteurs. Tout le monde sait qu’on est très nombreux donc chacun va se comporter comme si il était quantité négligeable sur le marché. On est trop petit pour influencer le marché. Les vendeurs nombreux savent que le fait qu’ils produisent plus ou moins ne changera pas l’équilibre du marché. Si la condition d’atomicité est respectée, chacun va se comporter comme un price-taker, on considère que le prix est donné qu’il n’y a pas d’influence dessus possible. Acheteurs et vendeurs sur un marché en concurrence, c’est comme un jeu contre quelque chose qui ne réagit pas a ce que l’on peut faire. On ne va pas négocier.
  • Homogénéité : le bien a la même qualité partout, le bien est homogène, il est le même partout donc on a la loi du prix unique.
  • Transparence : tous les acheteurs et tous les vendeurs ont une connaissance parfaite des informations concernant le produit. Quand on trouve un fournisseur, ce n’est pas la peine d’en trouver un autre car le produit a les mêmes qualités au même prix.

1. Droits de propriété

Si on fait un échange marchand on doit d’abord savoir ce qui appartient à qui. Qu’est-ce qu’impliquent ces droits pour les individus ? Un droit de propriété est un droit d’usage exclusif, un droit de monopole sur l’objet donc on est propriétaire.

1.1 Définition et exemples

Le droit de propriété a évolué au cours du temps, et va déterminer la valeur qu’ont les choses. La première question est de savoir si le droit de propriété est cessible (si on peut le céder à quelqu’un d’autre) donc savoir si on peut l’échanger sur un marché. Par exemple l’esclavage était un droit de propriété cessible des personnes. Il est interdit de vendre ses organes.

1.2 Régimes

Les régimes de propriété : quel est le type de droit de propriété qui domine dans une certaine société à une certaine époque. Il y en a souvent plusieurs qui coexistent, mais une forme est dominante.

  • le régime communal : les ressources appartiennent à une communauté d’êtres humains, historiquement il est le premier. Invention de l’agriculture il y a environ 10 000 ans (riz en Asie, maïs en Amérique latine, blé au Moyen-Orient) on commence à ressentir le besoin de définir le droit de propriété sur la terre. Une partie des terres agricoles était des terrains communaux que tous les habitants pouvaient utiliser. Le premier pays à abolir ça est l’Angleterre avec le phénomène des enclosures (clôtures pour définir des terrains privés). Cela existe encore ici en montagne, et encore dans beaucoup d’autres pays. Les océans sont encore propriété communale (hors des ZEE) tout comme le continent antarctique. Mais on a une pression forte aujourd’hui pour essayer de déterminer des propriétés là dessus puisqu’il y a des ressources.
  • régime d’état : l’état possède les ressources ou moyen de production, régime très important depuis le 20e siècle notamment en URSS. On ne peut pas les échanger. Exemples : SNCF. Il y a de moins en moins de régimes d’état, mais il en reste énormément dans certains pays (Chine par exemple).
  • régime de propriété privée / de droits d’usages exclusif : La propriété privée est une condition nécessaire pour l’échange marchand, c’est pour ça que son extension est allée de pair avec la société marchande. La loi détermine ce qu’on a le droit de faire ou de ne pas faire avec ses biens. Exemple des terrains agricoles/constructibles. Soit on est propriétaire du sous sol, soit non, il appartient à l’état, qui doit nous accorder des droits de concession minière.
1.3 Economie marchande

La propriété privée domine, la plupart sont cessibles, mais il y a des limites d’usages comme de cessibilité des droits. Ces droits sont définis par le législateur au travers de la loi.

2. Demandes et offres

Les acheteurs sont les demandeurs et les vendeurs sont les offreurs.

2.1 La demande et l’offre individuelle

La demande individuelle c’est la quantité de biens qu’un acheteur potentiel souhaite acquérir étant donné le prix de vente du bien. Parlons du marché des sandwichs, pour pouvoir analyser le choix du consommateur on a besoin de connaitre les ressources que possède notre individu. On doit avoir une unité qui va nous permettre de définir les ressources, le budget, le prix du bien. Il faut se décider entre l’achat de sandwichs et des autres biens, cela dépendra de nous goûts ainsi que du prix et de nos ressources. On a 20€ et le sandwich coûte 5€. En quoi le choix du consommateur est-il modifié si le prix des sandwichs change? Il va acheter plus de sandwichs, et réduire ses consommations des autres biens, puisque le sandwichs devient bon marché. Mais l’effet revenu peut dominer aussi.

Fonction de demande : fonction qui à chaque niveau de prix du sandwich associe la quantité que l’individu souhaite acheter à ce prix étant donné son revenu. La quantité demandée des sandwichs et une fonction décroissante du prix des sandwiches : plus leur prix est élevé moins l’individu veut en consommer. C’est la loi de la demande : lorsque le prix d’un bien augmente la demande d’un bien diminue. Cela vaut pour presque tous les biens à part quelques exceptions (parfums de luxe, montres de collection…).

Offre de sandwichs : quantité de sandwichs qu’un vendeur souhaite vendre étant donné le prix. Les entrepreneurs maximisent leur profit total (càd lorsque le profit marginal (recette marginale-coût marginal) est nul). On cherche à produire jusqu’à ce que le coût marginal soit égal au prix. Le rendement d’échelle est probablement décroissant à partir d’un certain point. Le coût marginal d’un sandwich de plus à produire, va augmenter avec la quantité. La fonction d’offre individuelle est donc croissante en fonction du prix puisque le coût marginal est croissant.

Supposons que l’on fasse varier le budget. On a maintenant 25€. L’individu peut se permettre d’avoir à la fois + de sandwichs et + d’autre chose.

2.2 Demande et offre de marché

La demande de marché est la somme de toutes les demandes individuelles à chaque niveau de prix. Si j’ai 1000 personnes qui en veulent 5 à 2.50€ alors la demande à ce prix sera 5000.

La demande individuelle et de marché est une fonction décroissante du prix du bien, croissante du budget, et l’offre individuelle et de marché est une fonction croissante du prix.

2.3 Caractéristiques

Notion d’élasticité qui mesure la sensibilité à quelque chose. Élasticité-prix (ou directe) de la demande, la variation en pourcentage de la quantité demandée d’un bien, lorsque le prix varie de 1%. La demande est une fonction décroissante du prix donc l’élasticité prix sera négative. Si le prix des sandwichs augmente la quantité demandée va diminuer, mais de beaucoup ou pas ? Cela dépend des biens : l’élasticité prix de la demande de pain est très faible. Pour beaucoup de biens on verra qu’elle n’est pas la même à court terme ou à long terme. Exemple du tabac : peu de sensibilité à court terme, mais élasticité prix forte à court terme (des gens qui arrêtent et moins de nouveaux entrants). Exemple de l’augmentation prix du carburant : très faible à court terme car on vit de telle façon, mais à long terme on va changer nos habitudes. Et s’il baisse, périurbanisation petit à petit.

Si l’offre est une fonction croissante du prix, alors l’élasticité-prix sera positive.

L’elasticité-croisée est la sensibilité de la demande d’un bien au prix d’un autre bien. Si deux biens sont substituables (kebab et sandwich) en fonction des prix on va faire nos choix entre les deux. L’élasticité croisée de la demande de kebab au prix des sandwichs sera positive : lorsque le prix des sandwichs augmente la demande de kebab va augmenter. Les biens sont substituables si l’élasticité croisée de la demande est positive. Cela peut être des substituts étroits (l’élasticité croisée sera très forte) ou éloignés (plus faible). Au contraire les biens complémentaires sont caractérisés par une élasticité de la demande négative : si on mange de la confiture uniquement sur des tartines de pain, ces biens sont complémentaires.

De même la demande est sensible au budget, c’est l’élasticité-revenu de la demande d’un bien : variation en pourcentage de la demande de ce bien lorsque le revenu augmente de 1%. On consommera moins de biens inférieurs. L’alimentation tout entière est plutôt un bien inférieur en ce sens que lorsqu’on devient plus riche la part de notre budget consacré à l’alimentation diminue. Aujourd’hui ici on consacre entre 15 et 20% du revenu à l’alimentation, avant c’était 60 ou 70%. Les loisirs par contre sont un bien supérieur, la part de son revenu qu’on y consacre augmente avec l’augmentation du revenu.

3. L’équilibre du marché

Un marché est en équilibre lorsque :

  • un marché est un équilibre lorsque la quantité offerte est exactement égale à la quantité demandée (marché vidé ou soldé)
  • lorsque les vendeurs sont satisfaits, les vendeurs sont satisfaits, les anticipations sont conformes à la réalité et ils n’ont donc aucunes raisons de modifier leurs choix (on achètera le même nombre, les vendeurs peuvent donc s’attendre à faire le même nombre).
3.1 Prix et quantité d’équilibre

Cette équilibre correspond au point où la quantité offerte = quantité demandé sur le schéma soit le point d’intersection entre la courbe d’offre et de demande sur le marché. Il n’y a un qu’un seul point ou elles se coupent, à ce point correspond un prix et un seul, ici 5€. Cela va produire une coordination, égalité des quantités et un prix unique, c’est ce qu’on appelle la « main invisible ». (rappelons qu’ici les produits sont homogènes).

3.2 Caractéristiques de l’équilibre

Sur le marché de concurrence, l’équilibre est la meilleure situation possible étant donné les ressources, les goûts, des individus qui composent cette société, et les techniques de production. On ne peut pas améliorer la situation d’une personne dans cette société sans diminuer celle qu’au moins une autre personne. On appelle cela un optimum social, tout à fait compatible avec de très grandes inégalités. Cela signifie que la production est efficace et que chacun-e obtient en fonction de ses moyens ce qu’iel souhaite obtenir.

3.3 Ajustement

On a montré qu’il y avait un équilibre unique sur le marché concurrentiel. Supposons que quelque chose fasse qu’on ne sait pas où se trouve cet équilibre. Exemple 100 nouveaux consommateurs d’un coup. Si on part d’un point qui n’est pas à l’équilibre de marché, que faire ? Exemple la quantité prévue de vente est de 1000 mais la demande est de 5000 à un prix bas. Donc ils décident de faire 5000 sandwichs mais à 12€ pièce, et à ce prix la demande n’est que de 1000. Pour trouver le prix d’équilibre on procède par un mécanisme de tâtonnement convergent, c’est un Cobweb (toile d’araignée) ou « cycle du porc ».

3.4 Rigidité des prix

Jusqu’à présent on a supposé que sur ce marché le prix pouvait varier librement. Pour une raison ou pour une autre le prix ne peut pas varier, il risque alors d’y avoir un excédent permanent. Exemple du marché du travail, supposons qu’il est concurrentiel. En pratique plus on nous propose un salaire élevé plus on a envie de travaillé, donc l’offre est croissante. La demande émane des employeur qui recherchent de la main d’oeuvre. Par exemple on baisse le cout du travail sur la main d’oeuvre la moins qualifiée, on réduit les cotisations sociales sur les bas salaires afin que la demande de travail augmente (car le chômage est plus important pour les personnes non qualifiées). Si on a un prix fixé à un niveau trop bas, on a un rationnement des consommateurs, exemple déséquilibre sur le marché du logement si on bloque les loyers, la demande est supérieure à l’offre (pas rentable de construire…) on a donc un excès de demande. On observe ça lorsque l’état bloque le prix des aliments. Idem pour l’énergie et l’essence en URSS (ça coûtait plus cher de remplir encore et encore des réservoirs troués, que de les faire réparer).

 

Chapitre 4 : Imperfections de la concurrence et défaillances de marché

Les défaillances de marché justifiant l’intervention de l’état pour les réparer. On observera dans ces chapitres des marchés qui correspondent d’avantage à la réalité. Dans chaque cas, au moins une des conditions de la concurrence ne sera pas remplie.

1. Le monopole

C’est la situation la plus éloignée de la CPP. La première condition de la concurrence est l’atomicité. Le monopole en est l’opposé, c’est un marché sur lequel il y a un seul offreur et un grand nombre de demandeurs. L’offreur a un pouvoir de marché : il est en position de choisir le prix, et la quantité. Le marché exerce tout de même une contrainte sur son choix, elle doit étudier le marché (élasticité-prix, qui est infinie en concurrence). En monopole, l’entreprise doit deviner l’élasticité prix à la demande, c’est à dire la demande de marché (vu qu’il est seul).

Le monopsone : un seul acheteur et beaucoup de vendeurs.

1.1 Les barrières à l’entrée

Un nouveau boulanger veut s’installer à Pau : il peut, c’est la libre entrée sur le marché. Tant qu’il y a profit positif sur le marché, de nouveaux producteurs y entreront. Si le profit au dessus de ce qu’on a déjà payé à l’entrepreneur aux capitaux etc, n’est pas nul, c’est ce que l’on appelle un sur-profit.

  • Barrières naturelles : monopole naturel, petit village avec un café, une épicerie…Qui pratiquent des prix plus élevés que ce qu’on ferait en concurrence. Exemple historique : monopole des Médicis sur la seule mine de pierre d’alun (le pape avait interdit d’exploiter des mines d’alun en europe)
  • Barrières technologiques : industries pour lesquelles il faut un très gros investissement avant de pouvoir produire (réseau de distribution…). On en trouve dans les industries en réseau (services en réseau : chemin de fer, distribution électrique, fibre…). Externalités de demande : plus le réseau à d’utilisateurs, plus c’est intéressant pour l’utilisateur d’en faire partie. Réseaux sociaux, téléphone… Abus de position dominante. Le progrès technique a fait qu’on a plus à franchir les contraintes des réseaux, illustré par le cas des télécommunications : possibilité d’avoir des entreprises en concurrence qui fournissent des services de télécommunication sans avoir à utiliser le même réseau (sans fil). On ouvre le réseau de façon obligatoire pour permettre l’arrivée de concurrents (Fixe france telecom, rails, électricité…) et ils payent une redevance. C’est ainsi qu’on contourne la barrière technologique. Mais le réseau lui-même reste un monopole.
  • Barrières légales : imposées par la puissance publique, empêchent les concurrents d’entrer sur le marché. Exemple : état a eu le monopole du tabac. Monopoles légaux de la propriété intellectuelle. Inventés beaucoup plus tard que les autres droits de propriété : au 18e (philosophie des lumières). Trois grandes catégories : les droits d’auteur-e-s ou copyright © (75 ans pour l’auteur et ses héritier-e-s), les brevets (droit de propriété intellectuelle sur les innovations), et les marques ® (register, marque déposée). Il existe de la contrefaçon, ou du plagiat. L’objectif est que celui qui créé quelque chose doit pouvoir en tirer un bénéfice, sinon il n’est pas incité à le faire. Mais, pour tenir compte du fait que ce sont des biens collectifs (coût marginal nul) les droits de propriétés sont limités dans le temps, 20 ans pour les brevets par exemple. Sinon, on devrait financer la recherche soit par les dons (téléthons) soit par la recherche publique (impôts). Mais du coup, on se concentre sur les maladies qui rapportent (celles des pays riches, pas des pays pauvres). L’état protège les marques pour protéger leur réputation. C’est du capital immatériel, qui constitue pour beaucoup d’entreprises l’essentiel de leur capital. Elles le déclarent parfois dans les paradis fiscaux pour éviter de payer des impôts (Luxembourg…).
1.2. Conséquences

L’entreprise devient pricemaker. Elle a un pouvoir de marché car toute la demande de marché s’adresse à elle. Mais elle est une contrainte de marché : la quantité demandée décroit lorsque le prix augmente. Elle sait que plus son prix sera bas plus elle vendra. Elle va donc faire une étude de marché. Exemple sortie du 1er iphone : aucune idée de l’élasticité-prix de la demande d’iphone, apple a tatonné. Le monopoleur est donc contraint de tenir compte de l’élasticité-prix de la demande pour maximiser son profit. Le plus souvent, c’est peu le cas, notamment grâce à la pub et à la différenciation du produit. Rente de monopole = grâce à l’absence de concurrence l’entreprise vends plus cher que si le marché était concurrentiel. Les consommateurs y perdent : ils sont rationnés et payent plus cher. C’est pour cela que l’état lutte contre (parfois en les nationalisant). On peut aussi découper le monopole en morceaux (USA politiques antitrust). Parfois on ne peut pas les découper (facebook et externalités de demande) alors on va essayer de les empêcher d’abuser de leur position dominante.

1.3 Monopole discriminant

Le « rêve » de toute entreprise en monopole : essayer d’extraire le maximum de profit de tous ses clients. On va segmenter le marché en différent sous-marchés, identifier des catégories de client-e-s qui ont des demandes différentes. On fait payer un prix élevé à ceux qui ont une demande peu élastique, et un prix bas pour ceux qui ont une demande très élastique. On fait donc de la discrimination de prix (on casse l’unicité de prix) : prix différents pour le même bien selon les catégories de client-e-s. Exemples : AirFrance, SNCF (sur chaque billet, nominatif).

2. Les oligopoles

Situation très fréquentes : exemple des banques, de la téléphonie, constructeurs automobiles à l’échelle mondiale, aéronautique civile (duopole : Airbus et Boeing). Lorsqu’elles prennent leurs décision, elles doivent tenir compte et anticiper les réactions qu’auront les concurrents face à leur décision, c’est une situation inconfortable. La théorie des jeux a été développée à partir de ces cas-là. Nombre d’entreprises suffisamment petit relativement à la taille du marché, pour qu’elles puissent toutes se connaître.

2.1 Guerre des prix ou entente

On va mettre en place des stratégies qui ont pour but de tuer la concurrence. On baisse le prix pour essayer de rafler toute la demande de marché. Cela est très coûteux mais une fois les concurrents morts, elle est en situation de monopole et peut remonter les prix. De plus, c’est très risqué parce qu’on ne connait pas la capacité de résistance de l’adversaire. Elles vont souvent mettre en place des ententes pour ne pas se nuire. Elles sont illégales car au détriment du consommateur : déja Adam Smith écrivait « chaque fois que les producteurs se rencontrent c’est pour comploter contre l’intérêt des consommateurs ». Ils peuvent former un cartel, une entente formalisée.

2.2 Collusion des producteurs

On peut transformer les clients en « espions » pour faire en sorte que personne ne triche dans l’entente.

2.3 Instabilité des cartels

Prises tout ensemble, les entreprises du cartel sont un monopole (entendues pour se comporter collectivement comme un monopole) mais tout de même pluricéphale. Mais on a un problème d’action collective : il faut que tout le monde se comporte collectivement pour se faire du profit. Mais une fois le prix augmenté, chaque entreprise du cartel a intérêt à tricher : si elle arrive à vendre un peu moins cher sans que les autres le voient, elle va vendre + et ainsi gagner beaucoup + que les autres. C’est un problème de free rider ou passager clandestin. Elles vont alors chercher à se dénoncer entre elles. Exemple : l’OPEP, embargo sur le prix du pétrole et choc pétrolier (x4), marche très bien au début puis tiraille. La demande de pétrole est très peu élastique au prix à court terme, mais l’est beaucoup plus à long terme. Chacun a intérêt à faire passer un peu plus que son quota, en profitant du prix élevé et de la restreinte qui s’imposent les autres, pour faire plus de profit. Les tricheries dans l’OPEP ont commencé dans les années 80 puis a éclaté la guerre Iran/Irak. Aussi, quand le prix du pétrole augmente c’est bon pour la région paloise car cela finance totale et la r&d de la région. Les coûts du pétrole dépendent aussi des conditions naturelles.

2.4 La concurrence monopolistique

Elles vont chercher à se distinguer de leurs concurrents en mettant sur le marché un produit qualitativement différent. C’est ce qu’on appelle la différenciation. Peu importe si c’est vrai, du moment que le consommateur en est convaincu, il payera plus cher. Exemple : Apple, Vuitton, appellations géographiques protégées. C’est au final comme si on avait plus de concurrents car notre produit n’est pas le même aux yeux des consommateurs. Ceux qui ne peuvent pas différencier leurs produits en souffrent.

3. Les imperfections de l’information

Que se passe-t-il lorsque l’informatique est imparfaite ? Question centrale dans l’économie contemporaine où on est des milliards à échanger sans se connaître contrairement à Robinson et Vendredi.

3.1 L’information asymétrique et coûteuse

Le coût de l’information dépend des circonstances et des marchés, sur certains elle est facile à se procurer, d’autres noms. L’information pertinente pour le consommateur n’est pas toujours facilement accessible. Par coûteuse on entend pas forcément dépenser de l’argent (bien que ça puisse arriver : engager un spécialiste de tel marché, exemple conseiller financier). Elle peut être coûteuse en temps et on peut avoir besoin de matériel (ordinateur…).

Cette information est généralement asymétrique : elle n’est pas la même des deux côtés entre vendeurs et acheteurs, e vendeur est mieux informé sur son produit. En tant qu’acheter, on est en situation d’infériorité informationnelle, tandis que le vendeur est en situation de supériorité informationnelle.

3.2 Les conséquences

Anti-selection : Akerlof a publié en 1970 un article très important : The Market fot Lemons. Exemple du marché des voitures d’occasion. L’acheteur ne voit pas les défauts qui ne se voient pas car il n’est pas spécialiste. Uniquement les mauvaises voiture d’occasions seront proposées sur le marché des particuliers, car les bonnes occasions doivent être vendus plus cher, mais les acheteurs ne sont pas prêts à payer cher car ils ne connaissent pas la qualité. Alors il n’y aura que des prix bas sur le marché et les bons vendeurs refuseront de vendre une bonne occasion à prix si bas. Idem sur le marché de l’assurance : le vendeur d’assurance est moins bien informé sur les risques que nous encourrons vraiment. Que faire pour contrer ça ? Rendre l’assurance obligatoire pour tout le monde (auto, sécu…).

L’aléa moral : on fait moins attention lorsqu’on est assurés (voire on est tenté de provoquer le dommage pour être remboursé), d’où la mise en place de franchises.

3.3 Illustrations

La notion de clientèle (ou patientèle pour les médecins), permet de rendre son travail plus prévisible, savoir combien produire. C’est un contrat implicite. L’acheteur fait confiance au vendeur et connaît la qualité du produit, on gagne du temps en terme de recherche d’informations. Du coup, vu qu’on lui fait confiance, le vendeur peut en profiter pour augmenter un tout petit peu le prix (exemple en le justifiant par l’augmentation du prix du carburant), l’acheteur n’ira pas vérifier si les autres vendeurs font pareil (et ils le font pour leur clientèle). Donc, sur les marchés du clientèle, tous les vendeurs vont pratiquer un prix un petit peu trop élevé par rapport à une situation de CPP. Il y a un léger excès d’offre.

Quand on vend un « pas-de-porte » (sa boutique, son cabinet…) il vend les murs mais aussi sa clientèle et son chiffre d’affaires. Cela jouera sur la détermination du prix de vente du commerce.

Sur le marché du travail : très forte hétérogénéité, gros problème d’asymétrie d’informations qui va causer à la fois anti-sélection et aléa moral. Anti sélection avant l’embauche : l’employeur ne connait pas notre productivité, d’où l’intérêt de faire un CV. Le processus d’emploi est donc compliqué pour l’employeur.

Distinction entre les insiders et les outsiders : les insiders, déja dans l’entreprise, ont un avantage sur les autres (embaucher de nouvelles personnes est coûteux donc on préfère garder les anciennes même si ils ne sont pas incroyables ; à cause de l’asymétrie d’informations, leur salaire est donc un petit peu plus élevé qu’en CPP). Parfois les employées pourraient être plus productifs mais le ne font pas car ils ne sont pas motivés pour. Les employeurs n’ont pas toujours les moyens de surveiller, alors ils proposent de payer + mais en échange il faut beaucoup travailler. On appelle cela une situation de salaire incitatif ou salaire d’efficience. La punition, en cas de problème, est de passer par la case chômage.

4. Les défaillances de marché

4.1 Les externalités

Exemple : les automobilistes ne prennent pas en compte les usages de leurs voitures sur le climat ou les bronches des autres. Le premier a avoir proposé cette notion de différence entre coût social et coût privé est Arthur Pigou (1920) Economics of wealfare (du bien-être). Cette différence peut être positive ou négative : sur certains marchés le coût privé est inférieur au prix social (pollution), et d’autres le contraire (le bénéfice privé que les individus vont tirer de leurs choix est inférieur au bénéfice que la société toute entière tire de ces mêmes choix : formation et éducation, + de bénéfice pour la société que pour nous-même). Il y a donc une défaillance de marché. Lorsque le coût privé est inférieur au coût social, il y a trop de cette activité (et vice versa). Exemple classique : abeilles de l’apiculteur qui pollinise les fleurs du cultivateur de fruits, et qui du coup se nourrissent grâce à ces fleurs. Si on fusionne les deux entreprises, ce n’est plus une externalité ; si on se paye en échange de ça, l’externalité disparaît. Pour rapprocher le coût privé du coût social, on taxe (très bon instrument qui va aligner le coût privé sur le coût social). Si on nous donne un chèque énergie pour compenser la taxe gazole, on sera moins incités à en consommer car on voudra « gagner » de l’argent sur ce chèque.

Cependant la taxe est compliquée à mettre en place politiquement. De plus, comme les voitures neuves consomment moins de carburant, le coût d’usage de la voiture diminue. Élasticité-prix de la demande : ça coût moins cher, donc j’en consomme plus. En rendant les véhicules moins polluants, on a incité les utilisateurs à les utiliser +, et donc en tout, on émet +. C’est l’effet rebond, qu’on ne peut éviter qu’avec la taxe.

Suite du cours en Partie 2 : Monnaie et financement

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RedRubble

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TD Economie – Cours en ligne Publié le11:19 - Nov 9, 2018

[…] Partie 1 : Microéconomie […]

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