Partie 2 : Monnaie et financement

Partie 2 : Monnaie et financement

Chapitre 5 : La monnaie, les actifs et le banques

On introduit, contrairement à la vie de Robinson, la dimension temporelle des choses.

1. La dimension temporelle des choix

1.1 Risque

Beaucoup de situations sont caractérisées par des inconnues non probabilisables. En effet, beaucoup dépendent des décisions des autres. Par exemple le prix sur le marché dépend de la manière dont tous les autres vont se comporter, pas seulement nous. Donc, lorsqu’on va former des anticipations sur le marché, il va falloir essayer de deviner ce que les autres anticipent (et eux font pareil).

1.2 Stock et flux

On place les variables dans deux grandes catégories :

  • les stocks sont des variables économiques (quantité disponible) à un moment précis.  Exemple : stock de biens dans un magasin, stock de capital productif, stock de dettes (ce qu’on doit au total à la banque à un instant donné)
  • Au contraire les flux sont des variables économiques que l’on mesure sur une certaine durée, une période donnée (dépenses quotidiennes de consommation par jour, revenus par mois, épargne par an, investissement mensuel…).

A chaque stock sont associés des flux : un qui l’alimente, l’autre qui le diminue.

1.3 L’épargne et l’investissement

L’épargne est un stock. Le revenu (flux) – la dépense (flux) = l’épargne (variation du stock de la richesse). Cependant, la richesse peut aussi varier car les prix de nos possessions varient (immobilier…), mais en même temps, c’est une richesse dont on use. Lors de la bulle immobilière, les gens se sentaient plus riche et s’endettaient plus, mais le prix a un jour commencé à baisser. On peut puiser dans sa richesse pour financer des dépenses, on parlera de désépargne (crédit à la consommation)

L’obsolescence et l’amortissement des machines sont à prendre en compte, les machines sont obsolètes à cause du progrès technique. On parle de FBCF. Le flux entrant de capital humain est l’instruction etc, et le flux sortant, à part la mort, la retraite, la perte ou l’obsolescence des savoirs et des compétences.

1.4 L’intérêt et l’actualisation

La préférence pour le présent : si on peut choisir entre avoir quelque chose maintenant ou demain, on choisir aujourd’hui. Mais si on a le choix entre une valeur aujourd’hui et une valeur plus forte demain, on choisi souvent demain. On peut ainsi mesurer, en fonction des valeurs du demain, notre préférence pour le présent. Cela traduit deux choses : nous sommes mortels. Donc, les intérêts sur les emprunts peuvent être considérés comme le prix du temps. Autrefois, seuls les juifs étaient banquier car cela était interdit dans les deux autres grandes religions monothéistes. L’intérêt s’exprime sous forme de taux. Le principe de l’intérêt composé : chaque année, le calcul de l’intérêt va s’appliquer sur la somme qui a déja été accumulée jusque là et qui contient les intérêts accumulés lors des années précédentes. Idem si on emprunte, ça revient bien plus cher que de payer cash.

100€ dans trois 100€ valent moins de 100€ aujourd’hui, mais combien de moins ? On peut calculer ici ce qu’on appelle l’actualisation. On divise par 1+taux^an. Exemple : 100€ dans trois ans, 100/(1+r)^3. Les taux d’intérêts que les entreprises vont payer si elles empruntent, sera le taux d’actualisation. Nous aussi lorsque on achètera un logement.

Comment comparer les coûts d’aujourd’hui avec les bénéfices futurs qui vont profiter aux générations futures ? Exemple : hausse du carburant et changement climatique.

1.5 Le crédit, le bilan et la contrainte intertemporelle

Dans nos économies, grâce au crédit, on peut assouplir la contrainte budgétaire en empruntant des ressources qui ne nous appartiennent pas et qu’il va falloir rendre un jour. Mais cela rend les choix plus souples. Des banques prêtent aux entreprises en pariant, elles ne pourront se faire rembourser que longtemps après. On a des agents en capacité de financement et d’autres en besoin de financement. L’emprunt est un contrat intertemporel. Comptabilité en partie double : ce qui rentre et ce qui sort. Emplois/ressources (flux). Actif ce que l’on possède, passif ce que l’on doit aux autres. L’entreprise fait une fois par an un bilan comptable pour compter tous ses actifs et passif, faire un inventaire (évaluer le stock). Actif net : différence entre l’actif et le passif, on peut être en surendettement (ménage)/faillite (entreprise). Un bilan doit toujours être équilibré : actif = passif.

Supposons qu’on ait 20 000€ d’épargne dans l’actif, et pas de dette, notre actif net est de 20k. Si on emprunte 80 000 et achète une maison a 100 000, actif net sera toujours 20000. Au bout d’un an, nos dettes seront de 72 000 et le prix de la maison n’a pas bougé, notre actif net sera de 28 000€

2. Fonctions de la monnaie et avantages d’une économie monétaire

2.1 Les coûts du troc

Dans nos économies nous sommes nombreux-ses, le troc poserait deux types de problèmes

  • il va falloir exprimer le prix de chacun des biens en fonction de chacun des autres, des milliards de prix relatifs à comparer chaque fois qu’on fait un choix
  • la double coïncidence des besoins : trouver quelqu’un qui me propose ce que je veux, et veut de ce que je lui propose
2.2 Nature et fonctions de la monnaie

La monnaie est une convention sociale, sur laquelle la société va se mettre d’accord. Utilisée depuis des millénaires et propres à chaque société. Accord tacite : tout le monde dans la société accepte d’être payé avec ça, les valeurs sont décidées par convention. On accepte la convention sociale car on sait que les autres l’acceptent aussi. Unité de compte : exprimer toutes les valeurs dans la même unité (pas toujours le cas : si on part à l’étranger, on compte en euros dans notre tête). La monnaie a plusieurs fonctions : unité de compte, intermédiaire des échanges…

La stabilité du pouvoir d’achat va permettre d’introduire deux notions : l’inflation et la déflation. C’est à dire la variation des prix des biens de consommation, mesurés par l’indice des prix (une moyenne pondérée, on regarde comment elle varia, pourcentage de variation du taux moyen = taux d’inflation). En France il est actuellement un peu au dessus de 2% par an. On peut tomber dans une situation d’hyperinflation (exemple actuel : Venezuela, exemple ancien : Allemagne 1923). On mesure le rythme de perte de pouvoir d’achat de la monnaie sur les biens de consommation. La perception de l’inflation c’est ce que chacun-e ressent comme hausse des prix et perte de pouvoir d’achat ; il y a souvent un écart entre la perception et les statistiques. Le ressenti dépend beaucoup du prix des choses qu’on achète très souvent. Si on étais tous-tes relativement égaux, les ressentis seraient les mêmes.

Si l’inflation passe de 5% par an à 3% par an, son rythme diminue, c’est la désinflation. Si elle passe en dessous de zéro c’est la déflation, avec la monnaie qu’on détient on peut acheter + de biens qu’avant, mais en réalité les consommateurs s’attendent à ce que les prix baissent encore +, ils font des anticipations et retardent leurs achats (sauf pour la nourriture etc).

2.3 Monnaie et crédit : parabole

Monnaie en métaux précieux apparue il y a 28 siècles, les monnaies circulent largement grâce aux marchands. Le système sera ensuite dominant en Europe occidentale grâce à l’Empire romain. Mais ce système de pièces d’or avait des inconvénients : lourd, pas très sûr, vol… On invente le système des comptes en banques avec certificats de dépôt (chez les orfèvres). Ils vont commencer à s’en servir pour se payer entre eux, cela marche tant que les banquiers / orfèvres ont bonne réputation. Les banquiers italiens, d’abord les lombards puis les toscans, ont prêté énormément d’argent au roi du France et ont jouer un rôle politique très important. A partir du milieu du 19e commence à se développer le Crédit lyonnais (LCL). Le système d’étalon-or a duré jusqu’à la première guerre mondiale, puis on a eu un système où le dollar était défini par rapport à l’or et les autres monnaies par rapport au dollar. Ce système s’effondre en 1971 car les monnaies n’ont plus rien à voir avec l’or.

2.4 Le processus de création monétaire dans les économies contemporaines

Aujourd’hui on utilise plus de paiements immatériels (CB, virements, paypal, izly…) que matériels. Comment cette monnaie dématérialisée est-elle crée ? Les banques commerciales sont les principales actrices de la création monétaire, elles créent à partie de rien. Une banque va avoir un bilan avec actif et passif (dépôts des comptes de l’entreprise 1 et 2). Une entreprise achète à une autre pour 5000€ de matériel, il peut envoyer un ordre de paiement à sa banque pour l’autre entreprise. La banque se contente de noter sur les comptes -5000 et +5000. Sinon, l’entreprise vendeuse accorde à l’autre un crédit client (un délai, s’il n’a pas les sous tout de suite). Souvent les banques prêtent aux entreprises sur la foi d’un crédit qu’elles ont accordé à d’autres entreprises, c’est ici de la création monétaire (« escompter » une créance).

Dans notre exemple il n’y a qu’une seule banque commerciale mais en réalité il y en a beaucoup plus, et il y a aussi des paiements en cash. Les banques vont donc se faire des transferts entre elles grâce au « système de paiement », réseau informatique qui relie toutes les banques entre elles. Cependant avec la crise de 2008 les banques se sont méfiées les unes des autres, il n’y  plus de crédits interbancaires.

2.5 La banque centrale et la politique monétaire

La banque des banques, autrefois détenue par ses actionnaires les 200 familles les plus riches. La BCE a aussi un bilan : passif (billets et pièces, dettes de la banque centrale, comptes à la BCE des banques commerciales (facilité permanente de dépôt : les banques commerciales ont un compte et peuvent y déposer des liquidités, vont toucher un intérêt versé par la BCE ; actuellement elle pratique un taux négatif) > base monétaire), et actif (externes, gr, devises, interne : crédits accordés dans l’économie du pays > création monétaire). Les monnaies s’échangent sur le marché des changes. Une monnaie internationale c’est un peu comme une langue internationale. Le dollar est monnaie internationale depuis l’après guerre mais ça n’a pas toujours été ça (florin, livre sterling…). Comment la banque centrale contrôle la quantité de monnaie en circulation ? Le principal problème de la BCE est que tout le monde ait confiance dans la monnaie qu’elle émet, et pour ça elle a pour objectif la stabilité monétaire (<2%/an inflation). Pour cela, le principal instrument de la BCE sont les taux directeurs. Le taux d’intérêt s’appelle EONIA (moyenne des taux au jour le jour dans la zone euro). Elle peut utiliser des politiques monétaires non conventionnelles (accumuler massivement des créances pour injecter plus de monnaie dans le système et inciter les banques commerciales à prêter +).

Chapitre 6 : Modalités de financement des économies contemporaines

Les activités de financement sont comme le système sanguin des économies. Que font les banques et les marchés financiers en matière de financement ? Une économie primitive est une économie sans secteur financier. Dans une économie sans crédit, si on veut produire il faut d’abord épargner du capital. Le crédit est un pari risqué sur l’avenir… Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel.

1. Les activités de financement

1.1 La nature des transactions financières
1.2 Institutions et marchés

Les marchés financiers apparaissent au 17e dans les deux grands pays commerçants, l’Angleterre et les Pays-bas. Les marchands coloniaux étaient en besoin de financement. En France la Bourse de Paris a été créée par Napoléon, elle est situé dans le Palais Brongniart. Maintenant les bourses ne sont plus physiques mais informatiques.

1.3 Asymétrie d’informations
1.4 Production d’informations

C’est l’essentiel de l’activité sur les marchés financiers. Les banques collectent de nombreuses informations sur les emprunteurs pour savoir s’ils sont « bons » ou « mauvais ». Elle constitue des fichiers clients qui valent une fortune. Émettre des actions en bourse se dit « going public » en anglais. Les entreprises qui ne sont pas sur les marchés financiers (actions ou obligations) ne sont pas obligées de rendre publique des informations sur elles-mêmes. Si elles le sont c’est obligatoire, c’est à ça que sert à la comptabilité, les normes comptables sont identiques sur un même continent pour que tout le monde se comprenne (donc il faut le faire dans deux langages si on veut se mettre sur le marché américain et européen). Il y a des entreprises de certifications de comptes d’entreprises (audit comptables), mais il y a beaucoup de corruption. Scandales de faux relevés de compte : Worldcom, Parmalat. Les agences de notations, les 3 plus grosses : Moody’s, Standart and Poors, Fitch. Quand la Grèce a été dégradée par les agences de notation ça a été une crise majeure. Délit d’initié (ceux qui dans l’entreprise ont de l’information qui n’est pas encore rendue publique, donc qu’elle a une valeur privée importante, elle va permettre à ceux qui la détiennent de faire des transactions à leurs profits que les autres ne vont pas pouvoir faire car ils n’ont pas l’information > c’est interdit mais difficile à prouver). Les proches de ceux qui ont l’info se mettent à revendre ou acheter telles actions.

S’il y a trop d’incertitude personne n’est prêt à acheter l’actif et il devient complètement liquide. Exemple après les attentats du 11 septembre les marchés américains, personne ne voulait acheter, car personne ne pouvait estimer l’ampleur su phénomène.

2. Marchés financiers et valorisation des actifs

2.1 Valeur des actifs

L’offre est la quantité émise par le débiteur (2200 MM € de dette publique…). Les actifs bougent beaucoup, le cours des actions dépendent de l’offre et de la demande, un prix d’équilibre s’établit. De quoi dépendent l’offre et la demande ? On espère que l’action va nous rapporter quelque chose : un dividende, qui dépend du bénéfice futur de l’entreprise, ou une plus value lorsqu’on revend l’action plus cher que le prix d’achat. Si tout le monde sait qu’il y a moins de dividende prévus l’an prochain, tout le monde revend et le prix baisse : c’est l’anticipation conforme à elle-même, qui dépend des informations qu’on a sur l’entreprise.

2.2 Anticipations

Une bonne nouvelle fait augmenter les cours, une mauvaise nouvelle les fait chuter (exemple vendre moins que ce qu’on pensait).

2.3 Mimétisme et contagion

Les gens qui suivent de près les informations sur les entreprises dans lesquels ils investissent, sont très bien informés. On se dit donc : si je fais comme eux, vu qu’ils font mieux que moi, je vais gagner de l’argent. Les marchés financiers connaissent des crises càd des périodes où les prix des actifs s’effondrent, ce qui a des conséquences terribles sur l’économie toute entière, réelle. En ce moment les marchés sont aussi hauts que juste avant la crise de 2008.

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RedRubble

3 commentaires

Partie 1 : Microéconomie – Cours en ligne Publié le2:53 - Nov 27, 2018

[…] Partie 2 : Monnaie et financement […]

Camille Publié le3:06 - Jan 22, 2019

Bonjour, sais-tu si quelqu’un en droit tiens aussi ce genre de site? Merci d’avance.

    RedRubble Publié le4:55 - Jan 22, 2019

    Bonjour non il n’y a que moi, à ma connaissance ^^ Vu que les droit utilisaient aussi ce site durant le 1er semestre

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