Le 28 juin 1914 à Sarajevo dans les Balkans, sont assassinés par un nationaliste serbe de l’organisation « La main noire », Franz Ferdinand, héritier du trône d’Autriche, et sa femme. Par le jeu des alliances et de l’engrenage politique dans lequel les pays sont pris, cela déclenche la « Grande guerre ». Elle dure 4 ans et elle devient alors la plus meurtrière de l’histoire avec plus de 10 millions de victimes et des opérations qui concernent surtout l’Europe mais aussi d’autres pays comme les USA ou le Japon.

Nous verrons pourquoi ce conflit est qualifié de guerre totale et en quoi il bouleverse la carte de l’Europe.

I) Opérations militaires

A) Causes de la guerre et forces en présence

  • L’Entente : France Russie Royaume-Uni (UK) Belgique et s’ajoute ensuite d’autres pays comme Italie et USA.
  • L’Empire : Empire Allemand (Kaizer Guillaume II) Empire Austro-Hongrois (François-Joseph) Empire Ottoman-Turc
  • Pourquoi entrent-ils en guerre :
    – Récupérer des territoires (France : Alsace-lorraine, Italie : bords de l’adriatique…)
    – UK se méfie des allemands (industrie plus puissante que celle des USA même si l’économie des USA reste supérieure à celle de l’empire allemand / marine de guerre / colonies / industrie chimique de qualité et prix Nobel : l’empire allemande monte en puissance)

B) Opérations en Europe

  • Août 1914 : les allemandes appliquent le plan Von Schlieffen, ils passent par la Belgique neutre pour surprendre les troupes franco-britanniques
  • Septembre 1914 : après avoir reculé, le Maréchal Joffre arrête les allemandes sur la Marne
  • Octobre 1914 : les deux armées dressent un réseau de tranchées sur 750 km entre la mer du Nord et la Suisse. Les offensives, très meurtrières, qui ont pour but de faire évoluer le front, échouent.
  • Printemps 1916 : Verdun, les allemands sont repoussés par les français, 700 000 morts
  • Été 1916 : sur la Somme, les britanniques sont arrêtés par les Allemands, 900 000 morts
  • Mars 1918 : la situation se débloque car la Russie désormais dirigée par Lénine s’est retirée du combat, ce qui permet aux allemands de lancer une nouvelle grande offensive sur la Marne, mais la France peut compter sur Clémenceau, le nouveau chef du gouvernement (Président du conseil des ministres), sur les chars Renault …
  • Novembre 1918 : la situation se déloque en Europe de l’Est après là aussi des batailles très meurtrières, les austro-hongrois sont vaincus par les italiens à Vittorio Venetto et sont également menacés par les groupes franco-britanniques qui avancent depuis la Grèce.
  • Avril 1917 : … et surtout sur l’arrivée de plus d’un million de soldats américains, le président des USA Wilson venant d’engager son pays dans la guerre.
  • Été 1918 : les français anglais et américains, commandés par le maréchal Foch, écrasent l’armée allemande.
  • 11 novembre 1918 : le IIe Reich capitule et signe l’armistice, quelques jours après l’abdication de l’empereur. Vienne demande l’armistice presque en même temps.

C) Les autres opérations

  • Comme la Royal Navy domine les mers, les allemands utilisent la guerre sous-marine pour bloquer le ravitaillement entre l’Amérique et la France-les UK. Le fait de couler des bâtiments civils USA comme la Lusitania a en partie déclenché l’entrée des USA dans la guerre.
  • En Afrique quelques combats ont opposés les allemands aux troupes franco-britanniques/
  • Les principaux combats hors d’Europe concernent l’Empire ottoman. En 1915 l’expédition franco-britannique des Daranelles, montée par Churchill, échoue et le UK décide alors de soulever les tribues arabes contre les trucs, en utilisant les talents d’un officier célèbre, Thomas Edgar Lawrence dit Lauwrence d’Arabie. Ces opérations contribuent à la chute de l’Empire Ottoman.

 

II) Une guerre totale

A) Des combats d’un genre nouveau

  • De nouvelles armes :
    – tanks / chars
    – lance-flammes
    – avions qui servent pour l’observation des lignes ennemies ou pour des batailles entre as comme Von Richtoffen (allemand, le baron rouge) et Guyemer (français)
    – des gazs pour les tranchées, comme l’yperite
    – des sous-marins
    – des zeppelins (dirigeables)
  • Mais la principale nouveauté réside dans la puissance de l’artillerie qui fait 70% des victimes. Il s’agit d’artillerie légère avec des mitrailleuses ou d’artillerie lourde avec d’énormes canons comme la « Grosse Bertha » qui pèse 13 tonnes
  • Les combats dans les tranchées se déroulent ainsi : on écrase les lignes adverses sous les obus, ensuite on monte à l’assaut mais on se heurte très fréquemment à des tirs de mitrailleuses et les combats se terminent à la baïonnette.
  • Dans ce contexte, les pertes sont effroyables : d’août 14 à novembre 18 plus de 900 soldats français périssent chaque jour et en une seule journée d’août 14 on a compté 22 000 morts.
  • Ce sont les soldats de l’infanterie qui connaissent les conditions les plus dures, dans les tranchées on a : manque d’hygiène, vermine, plus rarement épidémie de typhus transmise par les poux, nourriture de piètre qualité qu’on compense par l’alcool, froid, boue, omniprésence de la mort puisque les bombardements font remonter à la surface les corps des précédents combats.
  • Les corps sont parfois déchiquetés et les survivants peuvent être atrocement mutilés : ce sont les « gueules cassées ».
  • En France comme en allemagne, on a procédé à la mobilisation générale ce qui fait que de simples ouvriers ou paysans deviennent des professionnels de la guerre , transformés par la « brutalisation des esprits ». Les soldats sont évidemment très marqués psychologiquement.
  • Au début de la guerre ils sont partis animés par un esprit de détermination et de patriotisme surtout parce qu’ils avaient l’espoir d’une guerre courte. Deux ans plus tard la situation a changé : la combativité à laissé la place à la résignation mais en 1917 après la désastreuse offensive du Chemin des Dames , les soldats sont de plus en plus critiques vis à vis du commandement. Déja en 1914 l’état major avait obligé les français à combattre avec un pantalon rouge garance et un simple képi.
  • Au printemps 17 des mutineries éclatent dans les rangs des armées françaises, allemandes, britanniques et italiennes. Les mutins sont jugés par des tribunaux militaires et en France 30 environ sont exécutés.
  • La situation se calme grâce à Clemenceau et grâce à Pétain qui améliore le ravitaillement et la fréquence des permissions. Les mutineries visent aussi à critiquer les planqués de l’arrière. Même si certains brandissent le drapeau rouge (socialisme-communisme) la plupart restent des patriotes qui veulent continuer le combat mais dans d’autres conditions.

B) Les civils impliqués

  • Mort : proches morts à la guerre laissent en Europe des millions de veuves et d’orphelins. Certains bombardements visent les civils, qui ont de toute façon évacué les villes proches du front. Surtout en Allemagne et en Autriche les civils souffrent de pénuries et ont des tickets de rationnement. Pour palier le manque de certains produits, les allemands fabriquent des ersaz (la margarine à partir de graisse animale pour remplacer le beurre, la chicorée pour le café…). Enfin, les civils les plus touchés sont les arméniens qui vivent dans l’Empire ottoman : plus d’un million d’entre eux sont massacrés par les turcs.
  • Les civils sont aussi entraînés dans une guerre idéologique : les français UK et USA diabolisent les allemands et leur militarisme. On les accuse de vouloir détruire la culture et massacrer les civils, en référence à la destruction par incendie de la bibliothèque de Louvain. A l’école, les enfants sont associés à ce patriotisme qui tourne à l’hystérie. Au début, les adultres, même socialistes, plutôt pacifistes, participent en France Allemagne et UK à des gouvernement d’Union Sacrée. Mais à partir de 1917 constatant la boucherie et le carnage certains socialistes quittent le gouvernement et réclament une paix blanche (retour aux frontières de 14) ce qui fut un échec.
  • Les économies sont maintenant des économies de guerre avec deux exigences : la nourriture et le matériel de guerre. Pour l’agriculture les hommes partis au front sont remplacés par les femmes et les produits manquants peuvent être fournis par les colonies ou achetés à l’étranger. Les industries se tournent entièrement vers la fabrication de matériel militaire, comme Renault qui se met à fabriquer des moteurs d’avions, chars et obus. Cette firme emploie des femmes (30% des effectifs) qu’on appelle des munitionnettes, mais aussi des travailleurs étrangers venus d’Indochine, et même des prisonniers. Cet effort coûte cher alors que les impôts rentrent mal : les états en guerre connaissent un énorme déficit budgétaire qu’ils compensent soit en augmentant la masse monétaire soit en empruntant auprès de pays comme les USA ou auprès de particuliers. Certes, les états s’appauvrissent, sauf les USA, le PIP de 1919 est inférieur à celui de 1913, mais certaines firmes en profitent, comme Renault, dont les bénéfices augmentent de 70% entre 1914 et 1918.

 

III) Le bilan de guerre

A) Une Europe affaiblie

  • Pertes démographiques : 1,4 millions de morts en France. Même des pays comme la Nouvelle-Zélande ou la Serbie subissent des pertes énormes.
  • Pertes matérielles (-30% agriculture, -40% industrie) particulièrement lourdes sur la ligne de front entre la Belgique et la Suisse, par exemple à Verdun.
  • La guerre bouleverse les consciences, certains privilégient le pacifisme en diffusant le slogan « Plus jamais ça » alors qu’en France un culte morbide se développe avec des monuments aux morts et même des ossuaires comme à Douaumont.

B) Une Europe bouleversée du point de vue géopolitique

En 1919 la conférence de Versailles a pour but de redessiner la carte de l’Europe. Les décisions émanent surtout de trois personnes : Clemenceau (chef d’état français), Wilson (président des USA) et Lloyd George (1er ministre britannique). Les pays vaincus ne sont pas associés aux décisions. Les traités de Versailles, de Sèvres, de Saint-Germain et du Trianon modifie la carte de l’Europe.

  • La France récupère l’Alsace-moselle et avec les britanniques se partagent les anciennes colonies allemandes (Togo…) et une partie de l’Empire turc, Palestine pour les britanniques et Liban pour la France.
  • De nouveaux états sont créés : la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, la Finlande et les Pays Baltes. Ceci fait au détriment de 4 états :
    – La Russie qui en 1920 est en pleine guerre civile (le communisme contre la royauté)
    – L’Empire ottoman devient une république : la Turquie, dirigée par Mustafa Kemal (Ataturu). Celui-ci fait de son pays un état laïque et adopte l’alphabet latin. Mais la Turquie a perdu des territoires et certains comme l’Arabie deviennent indépendants.
    – L’Empire Austro-hongrais explose : l’Autriche et la Hongrie deviennent de petites républiques.
    – Enfin l’Allemagne s’estime victime d’un diktat : elle perd des territoires (Alsace), elle est coupée en deux par le couloir de Dantzig (dont le but est de donner un accès à la mer à la Pologne), son armée est réduite à 100 000 hommes sans aviation ni marine de guerre, la Rhénanie est démilitarisée et elle doit payer pour les réparations à la France, la Belgique et UK.

 

Conclusion

Au delà de la violence des combats, la guerre de 14-18 marque un tournant décisif : celui de l’affaiblissement économique de l’Europe par rapport aux USA.

Chapitre 1 – La Première Guerre Mondiale

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