. Qu’est-ce qu’un marché ?

A. Définition du marché

Le marché est un lieu de rencontre (réel ou virtuel) des vendeurs (= offreurs de quantités de biens et services) et des acheteurs (= demandeurs de quantités de biens et services). Les deux agents souhaitent gagner de l’argent. Les demandeurs souhaitent les meilleurs rapports qualité-prix.

Lors d’une transaction, on échange une certaine quantité de biens ou services contre une certaine quantité de monnaie (= le prix, expression de la valeur monétaire). Il faut se demander quelles sont les règles suivies pour établir ce prix. Etudier un marché, c’est donc étudier l’offre, la demande et les conditions de leur rencontre, de cette manière il est possible d’expliquer le niveau et la variation des prix d’une marchandise.

1. Diversité des marchés

Il existe une très grande diversité des marchés : il y a autant de marchés qu’il existe de biens et de services à échanger (pétrole, travail, actifs financiers, bien immobiliers…) et de manières de procéder à l’échange (marchandage, enchères…). Mais ils ont tous en commun le 1.1.1.

2. Fonctionnement des prix

Les prix des objets habituels ont une valeur établie, les autres sont définis soit par le vendeur (vente) soit par les acheteurs (enchères).

Si le prix descend, + demande et – offre, si le prix monte, – demande et + offre.

3. Décalage entre l’offre et la demande

Quand on a un décalage entre l’offre et la demande, on peut :
– faire une file d’attente
– augmenter la production pour répondre à la demande
– augmenter les prix pour baisser la demande

Pour répartir une ressource rare, on peut :
– Partager équitablement (> violence car peu de quantité)
– Donner par ordre de priorité (> mais tous pensent qu’ils en ont le plus besoin (exemple maigre/gros) donner aux femmes et aux enfants ? et si les hommes étaient plus utiles ?)
– Hasard
– Loi du plus fort, 1er arrivé 1er servi
– « Donne »r en échange de travail, enchères… = vente.

Le marché est donc un système de répartition des ressources rares.

4. Système alternatifs

Le troc : avantage, on a immédiatement ce que l’on veut. Inconvénients : les objets quand ils n’ont pas la même valeur créent des conflits, la double coïncidence des besoins a une probabilité proche de zéro, elle a fait échouer le système du troc, ainsi que le calcul correct de la valeur.

B. Les marchés supposent l’existence d’institutions et de conventions : les règles du jeu

Le marché ne se suffit pas à lui-même, il ne peut pas fonctionner sans institutions (= structure sociale et mode d’organisation stable) et conventions et nécessite que des règles (= accords implicites ou explicites) qui s’imposent aux individus installent un cadre préalable et nécessaire à l’échange marchand

Parmi les principales institutions, on peut citer :
– La monnaie

1. Le droit de propriété

Usus (j’utilise), fructus (louer, j’en tire du profit), abusus (je peux le casser quand je n’en veux plus) garanti par un système judiciaire et policier. Inventé par les romains (registre > pacification). Question du droit de propriété virtuel : le « vol » d’une musique ne gêne en rien l’auteur (sauf – de profit) car il reste de 1 à 1 alors que le boulanger à qui on vole sa baguette passe de 1 à 0. C’est un bien non rival. La véritable source de revenu sur internet est la notoriété.

2. La confiance entre les agents qui s’installe avec l’habitude

Le fait de respecter les lois n’est pas naturel, ce sont les institutions (justice, police) qui font que la confiance est là. Pas besoin de contrats écrits (sandwich) France poignée de main soucis > représailles car pas de preuves, Angleterre contrats > cours de justice. Elle est essentielle aux transactions : exemple des agents immobiliers on leur fait confiance car ils sont entre l’acheteur et le vendeur et responsable en cas de soucis. Si l’état disparaît la mafia prend sa place (exemple Poutine). Peu de confiance : voitures Soumoulou vices cachés.

3. Les conventions

Règles implicites de la société : quand deux piétons se s’arrivent dessus on se décale à droite, on se sert l main, on se check dans certains quartiers (appartenance à un groupe est aussi = moyen d’exclusion).

Institutions + conventions = gagner en temps et en facilité

C. Les limites de l’échange marchand

Tout peut être acheté mais on a mis en place un barrage de règles éthiques et morales : c’est à l’être humain de poser des limites et de s’y tenir, y compris en usant de la force. La marchandisation (tout s’échange et tout se vend) est en plein essor et des secteurs autrefois interdits basculent maintenant peu à peu dans l’échange marchand. Les règles éthiques et morales qui encadrent et limitent l’échange marchand, sont peu à peu délégitimées, critiquées et contournées, notamment car des marchés illicites se développent malgré tout. On pense plus à l’argent qu’à la morale.

Le problème est d’arriver à formuler des nouvelles limites contre l’extension du domaine marchand.

Exemples de marchés illicites : yeux des enfants, trafic d’organes, gestation pour autrui, en Afrique le marché de l’ivoire, on pose des digues et elles explosent, Al Capone contrebande quand l’alcool était interdit, baleines au japon… On met des règles et les gens fraudent pour faire du profit. De plus, on est propriétaire de son corps mais on ne peut pas le vendre (cheveux…). Il se créé alors des marchés noirs, en dehors de toute légalité et de tout contrôle, où se vendent les produis prohibés.

II. Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ? (Théorie)

A. Les déterminants du comportement des agents

Si le prix est bas, la quantité offerte est basse et la quantité demandée est élevée. Les producteurs ne veulent pas produire si ce n’est pas rentable ou pas assez rentable. Cela peut donner lieu à une pénurie. Les prix montent car le bien est rare, et cela incite aussi les producteurs à produire plus.

Au contraire, si le prix est haut, la quantité offerte est élevée et la quantité demandée est basse. Cela peut donner lieu à une surproduction. Il faut baisser les prix pour que la demande remonte et que les producteurs puissent faire partir les stocks.

Tout cela est dû à la recherche du profit. C’est la loi de l’offre et de la demande (si la demande / l’offre est trop basse / haute…).

1. La détermination de la demande. Derrière la courbe de demande : 3 déterminants

La quantité demandée augmente en fonction de ces facteurs.

  • Le revenu : l’état de son porte monnaie, la hausse revenus entraîne la hausse demande, il influence le choix des consommateurs, la quantité désirée pour chaque niveau de prix (quand un pays est plus riche, la consommation y est plus chère). En général, plus le revenu est élevé, plus la quantité demandée pour chaque niveau de prix sera grande.
  • Les produits similaires et leur prix : complémentaires (liseuse, livre numérique) ou substituables (livres papiers)
  • Les préférences des consommateurs : goûts, coutumes, attitudes sociales, modes (influencées par la pub). Avant de se décider à acheter, un acheteur observe généralement le prix unitaire, la qualité et la caractéristique d’un produit en fonction de ses besoins et goûts
2. La détermination de l’offre. Derrière la courbe d’offre : 3 déterminants

La quantité offerte dépend des facteurs suivants.

  • La technologie : contraintes techniques, savoir-faire relatif aux méthodes de production, techniques de production à la disposition des entreprises, progrès technique (= productivité des facteurs), si un choc technologique fait doubler la production pour un même coût de production, alors en théorie l’offre est multipliée par deux pour un prix donné
  • Contraintes financières de production : (arbitrage prix/quantités, économies d’échelle, détermination d’une marge, coût des facteurs de production) si le coût moyen de production baisse, la quantité offerte pour un même prix augmente car on fait plus de marge, donc c’est plus rentable d’en produire et d’en vendre
  • La réglementation des pouvoirs publics : influence de la hausse et de la baisse des taxes
  • +  étudie l’état de la clientèle possible selon le prix (étude de marché)
  • + tenir compte de l’attitude des concurrents

 

B. La détermination d’un prix d’équilibre

1. Représentation graphique théorique du marché

Pour simplifier la rencontre de marché, les économistes modernes considèrent que les quantités demandées par les acheteurs et offertes par les vendeurs ne dépendent que du seul niveau de prix, à partir du moment où on considère qu’ils sont très nombreux (atomicité).

On représente donc de manière simplifiée la rencontre de marché sur un plan orthonormé, avec les quantités totales offertes et demandées en abscisses (somme des petites quantités), et le prix en ordonnée. Chaque agent économique se présente alors au marché en imaginant sur une fiche de vœux, toutes les combinaisons possibles prix/quantités en suivant les règles du 2.1.1.

La conciliation de ces deux attentes contradictoires se fait d’abord par un ajustement prix : le prix d’équilibre qui satisfait le maximum d’offreurs et de demandeurs par rapport aux conditions de départ
(= point d’équilibre prix/quantité où se réalise les échanges) découvert par tâtonnement. Le marché est à l’équilibre.

La demande est une fonction décroissante du prix en raison de :

  • l’effet de substitution : si un bien est trop cher on le remplace par un bien substituable
  • l’effet revenu : si le prix du bien augmente, l’individu peut en acheter moins car il a moins de pouvoir d’achat, son revenu n’a pas été augmenté en même temps que le prix

L’offre est une fonction croissante du prix car :

  • il y a une perspective de profit des entreprises
  • plus le coût de production est faible, plus l’entreprise produit car plus elle fait de marge (si trop élevé produit moins ou déporte sa production sur autre chose)
2. Le prix d’équilibre est découvert par tâtonnement

Léon Walras invente le tâtonnement, procédure d’essai-erreur-essai-erreur.

Au prix possible de 8€, l’offre est supérieure à la demande. Tentons 2€, cette fois, c’est la demande qui est supérieure à l’offre. Tentative à 6€ : c’est mieux, mais l’offre est encore > demande. Essayons 4€, c’est mieux, mais la demande est encore supérieure à l’offre. Tentons 5€ : Gagné ! Offre et demande sont en quantité égale. Nous venons de découvrir le prix d’équilibre par tâtonnement.

Le tâtonnement « libre » évite ainsi les rationnements et surproductions, qui surviennent en cas de prix forcés. Dans ce type de marché à structure concurrentielle (un marché est concurrentiel si aucun agent n’a le pouvoir d’influencer sur le prix), les agents sont dits « pricetaker » : ils ne peuvent (en principe) influencer sur le prix qui s’impose à eux.

Marchés en déséquilibre

Si pour une raison ou pour une autre, on ne peut pas trouver de prix d’équilibre, le marché sera en déséquilibre : c’est ce que je l’on observe sur les marchés ou les prix sont autoritairement et arbitrairement fixés, où apparaissent des phénomènes de rationnement, cad des situations où les agents ne trouvent pas à acheter ou à vendre autant de bien qu’ils souhaitent au prix affichés.

Plafonds et planchers

Attention à les mettre au prix d’équilibre, sinon on risque une pénurie ou une surproduction.

 

 

3. Mouvement des courbes

Par la suite, quand un point d’équilibre est formé et les transactions effectuées, un signal prix est émis qui va changer les calculs des agents économiques à la période suivante : de nouveaux offreurs reviennent sur le marché quand le prix a progressé, de nouveaux demandeurs reviennent sur le marché quand le prix a diminué.

Cette modification provoque un ajustement quantité, donc un déplacement des courbes elles-mêmes (vers la droite du schéma pour une augmentation ou vers la gauche du schéma pour une diminution), et la formation d’un nouveau point d’équilibre.

Le progrès technique ou l’amélioration de la productivité (rapport entre production et moyen utilisé, c’est un indicateur d’efficacité du facteur utilisé), en modifiant les conditions techniques et financières de la production et donc en faisant par exemple x2 la production donc x2 l’offre peut aussi déplacer la courbe d’offre, et donc le point d‘équilibre > baisse des prix si la demande reste stable.

Si les consommateurs veulent soudain plus de tomates > déplacement latéral courbe demande > sont donc prêts à acheter les tomates + cher car pour un même prix ils en prennent + > quand la quantité demandée augmente, le prix augmente.

Signal prix : prix établi à un moment donné, qui est une information.

Le graphique de base est à un point donné dans le temps mais il peut varier car les courbes se déplacent.

C. Les effets positifs

1.. Adam Smith, les vertus du marché

L’équilibre de marché « concurrentiel et juste » serait efficace dans un environnement de concurrence libre et non faussé par d’autres règlements, chaque agent économique guidé par les prix, est censé trouver sa meilleure place dans le jeu économique en fonction de ses aptitudes, ce qui évite le gaspillage des ressources

Le marché (et le prix) est donc un « dispositif d’allocation des ressources rares » qui permettrait de faire des choix pertinents (mieux qu’une bureaucratie : file d’attente, pénuries, etc.)

Le marché est une coordination invisible (crayon de Friedman, libéralisme).

Les vertus du marché de Smith (forme AEI) :

Affirmer : la bienveillance est insuffisante pour répondre aux besoins. L’intérêt personnel est un moteur supérieur à la bienveillance « la main invisible 
Expliquer :
 il faut commencer par donner pour recevoir
Illustrer :
 boulanger, bouger ; on attend pas de la bienveillance mais du soin apporté au service dans leur intérêt (gagner de l’argent)

2. Les gains à l’échange

Le système de marché génère un surplus collectif. En effet, si le prix de marché est unique, des agents-offreurs qui désiraient/proposaient/étaient prêt à vendre moins cher, peuvent vendre à un prix plus élevé, et faire un gain. Des agents – demandeurs qui désiraient/ proposaient/ étaient prêt à acheter plus cher, peuvent acheter à un prix plus bas, et réaliser une économie.

Le surplus du producteur représente la différence entre le prix auquel le producteur était prêt à vendre un bien et le prix obtenu. Le surplus du consommateur est la différence entre ce qu’un consommateur est prêt à payer pour un bien et le montant effectivement payé. Une sorte d’économie.

III. Comment les marchés imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils ? (Réalité)

A. Les marchés sont imparfaits

Le signal prix est parfois faussé par des obstacles au système de marché, et donc empêche la « bonne » régulation. Ainsi, une entreprise peut éliminer tous ses concurrents, et imposer un prix de monopole élevé aux acheteurs contraints, pour augmenter sa marge et donc son profit (exemple de Total en France ou des opérateurs téléphoniques organisés quasiment en cartels). On distingue de nombreuses structures de marchés qui s’éloignent de l’idéal de la concurrence pure et parfaite. Exemple : oligopole des eaux, monopole ferroviaire.

En situation de concurrence l’entreprise est pricetaker sinon un prix trop haut entraîne la fuite des clients, prix dictés par les autres, par le marché.
En situation de monopole l’entreprise est pricemaker, le client est captif.

Tableau des structures de marché de Stackelberg
On distingue de nombreuses structures de marchés qui s’éloignent de l’idéal de la concurrence pure et parfaite.

La concurrence contient en elle-même sa propre mort : le but de la concurrence est en effet d’éliminer le concurrent, mais quand le concurrent est éliminé, il n’y a plus concurrence.

B. Les 5 conditions de concurrence pure et parfaite et leur non-respect

  • Atomicité : il existe un très grand nombre d’acheteurs et de producteurs sur le marché ; aucun agent particulier n’a un poids suffisant pour influencer les prix du marché : ils sont tous pricetaker
    • Non-respect dans la réalité : Structures variables de marché, concentration verticale ou horizontale, stratégies de marché
  • Libre-entrée : à tout moment, n’importe quel agent, acheteur ou producteur, est libre de participer ou de ne pas participer au marché sans barrières règlementaires ou techniques
    • Non-respect dans la réalité : Barrières à l’entrée (les producteurs s’arrangent pour rendre le coût d’entrée élevé sur un marché (pub…) ou pour mette des barrières règlementaires (lobbying) et économies d’échelle.
  • Homogénéité : toutes les entreprises produisent un même produit homogène, cad considéré comme identique par les acheteurs. La concurrence entre les entreprises ne peut se faire qu’à travers les prix. Les caractéristiques des produits échangées sont censées être identiques, le consommateur est « souverain ».
    • Non-respect dans la réalité : Concurrence monopolistique : chaque producteur bénéficie d’un petit pouvoir de monopole sur les prix, dans la limite de la substituabilité des produits. Les producteurs lancent des stratégies marketing de différenciation, pour atteindre ce petit monopole. (Filière inversée : on fabrique le produit puis on met le goût dans la tête du client).
  • Mobilité : les facteurs de production sont parfaitement mobiles. Le travail et le capital peuvent donc se déplacer librement et sans délai d’une entreprise à une autre ou d’un marché à un autre (sans entraves, ni délai ou coûts)
    • Non-respect dans la réalité : Viscosité (le facteur travail n’est pas mobile pour des raisons culturelles et matérielles), asymétrie travail-capital (le capital est plus mobile que le travail)
  • Transparence : l’information (des caractéristiques des produits, des opportunités d’échange, des prix) des différents agents intervenant sur les marchés est parfaite, cad disponible immédiatement et sans coûts.
    • Non-respect dans la réalité : Opacité, coût de l’information, asymétries informationnelles (Dans un contrat, certains détiennent des informations cachées à leur avantage > anti-sélection (résultat inverse du souhait), risque moral), sélection adverse : pas d’infos, mauvais vendeurs > prix trop bas qui font partir les bon et gros vendeurs. La mise en place de labels, magazines de consommateurs, pub, certifications > luttent contre ça.

En découlent des stratégies de marché :

Dans un marché imparfait, les entreprises peuvent manipuler les prix (price maker et non price taker), en suivant différentes stratégies. Toutes ces atteintes à la concurrence pure et parfaite sont synthétisées plus haut.

  • Différencier leurs produits pour obtenir un monopole temporaire sur le produit modifié (concurrence monopolistique), grâce notamment à la pub qui permet de faire croire au client que son produit est différent et meilleur
  • Lancer une guerre des prix pour éliminer les concurrents et obtenir un monopole.
  • Mettre en place des accords et ententes entre « faux » concurrents (Cartels, oligopoles…), c’est illégal.
  • Des entreprises laissent volontairement vivre la petite concurrence pour dire « oui regardez il y a bien de la concurrence ».

C. La régulation de la concurrence

Les pouvoirs publics interviennent pour essayer de maintenir les conditions d’une concurrence (qui est favorable aux consommateurs). L’UE fait en sorte que les biens puissent circuler dans un marché commun, que la concurrence ne soit pas faussée, dans l’intérêt des producteurs et des consommateurs. Pour se faire les états ont adopté des règles communes.

Les cartels sont interdits tout comme les abus de position dominante (une entreprise ne peut pas posséder plus de 50% du marché). La commission européenne contrôle aussi les fusions d’entreprise pour que la concurrence n’en soit pas déstabilisée.

En France, Il y a donc des institutions de contrôle (comme l’AMF autorité des marchés financiers, l’autorité de concurrence AC…) qui essayent d’empêcher de trop grandes concentrations, vérifient les transactions pour éviter les abus de position dominante, surveillent les aides accordées par l’Etat, etc. Ils veillent également à démanteler les monopoles accordés aux entreprises par l’état, notamment dans le cadre des missions de service public.

IV. Quelles sont les principales défaillances du marché ?

4.1.1) Les défaillances du marché

Même quand le système de marché fonctionne comme attendu en concurrence pure et parfaite, le signal prix peut aussi être faussé… On identifie 3 défaillances principales.

A. Les asymétries d’information

Asymétrie informationnelle : un des agents sait quelque chose (= info) que le co-contractant ne connait pas. Exemples : l’assureur et l’assuré, le vendeur de produit d’occasion et l’acheteur, l’expert (médecin, avocat) et son client, le candidat et l’employeur…

Dès lors, le contrat marchand peut être faussé. Dans certains cas (marché de l’occasion), cette situation peut même entraîner la disparition du marché. Cela entraîne aussi un aléa moral (quand on arnaque) mais cela dépend de notre conception du bien et du mal dans les relations humaines.

Si on lutte contre ce problème, l’échange marchand est rendu plus coûteux car il faut prévoir :
– des coûts de contrôle et de vérification.
– des coûts de diffusion de l’information (publicités, campagnes, labels, magazines, règles de l’Etat…)

B. Les externalités

Le signal prix peut être faussé en présence d’externalités. Le marché devient « myope », en orientant les agents économiques dans de mauvaises directions. Une externalité survient quand la transaction entre deux agents modifie positivement ou négativement la situation, le bien-être d’un troisième agent, sans enregistrement monétaire. Il y a donc un décalage entre le coût social (pour tous) et le coût privé (pour deux coéchangistes).

Par exemple, l’Etat qui ouvre une ligne de chemin de fer, diminue la valeur des terrains proches de la ligne (bruit) et augmente la valeur des terrains près de la gare (utilité). L’entreprise qui rejette du gaz toxique dans l’atmosphère fait des économies en ne bloquant pas la pollution, et c’est le voisinage malade qui doit payer le surcout pour la société (santé).

Exemple d’externalités négatives : le coût de dépollution n’est pas pris en compte dans le calcul des coûts de production (exemple : le nucléaire).

Exemple d’externalités positives : la dépense en infrastructure (routes, réseau d’eau…) est surestimée, car elle n’intègre pas les effets positifs futurs de celles-ci, et qui diminuent son coût immédiat.

Pour lutter contre ce soucis, on peut distinguer 3 actions principales possibles des pouvoirs publics pour corriger les calculs économique des agents.

– L’Etat peut mettre en place des politiques fiscales incitatives (taxes, subventions) pour modifier le comportement des agents. La taxe décourage le comportement jugé nuisible (exemple : l’achat de cigarettes), la subvention encourage le comportement jugé vertueux (exemple : achat de poêle ou de panneaux solaires). Exercice p. 101

– L’Etat peut définir un droit quantifié (c’est à dire un quota) à effectuer le comportement surveillé (par exemple, une entreprise dispose d’un droit à polluer de 5 tonnes de carbone par an, à ne pas dépasser) et encourage ensuite les agents à échanger ces droits sur un marché des droits. C’est astucieux : l’entreprise non polluante va pouvoir vendre cher son droit à une entreprise polluante, qui supporte alors un surcoût. Au final, les acteurs sont incités à aller vers la situation jugée souhaitable

– L’Etat peut enfin définir des interdictions ou normes, sanctionnées judiciairement, et dont il surveille la bonne application au moyen d’une administration. Il peut aussi mener une politique d’éducation, d’information et de sensibilisation sur un comportement dommageable (par exemple, campagne publicitaire sur les 5 fruits et légumes par jour). Lutte contre les asymétries.

C. Les biens collectifs

 

On distingue plusieurs types de biens et services :

  • Les biens collectifs. Ce type de bien possède les caractéristiques de non-rivalité (la quantité disponible n’est pas affectée par la consommation d’un agent, ou dit autrement, le coût d’un consommateur supplémentaire est nul, exemple : émission de TV) et de non-excluabilité (il est difficile techniquement, d’interdire l’accès à ce bien, une fois produit : la lumière d‘un lampadaire).
  • bien de club (non-rival mais exclusif, comme une émission de TV à péage),
  • le bien commun ou bien public impur (rival mais non-exclusif, comme un banc de poisson),
  • le bien privé (rival, exclusif et divisible, comme un sac de pomme de terre sur l’étal d’un marché).

L’existence de biens ou services collectifs décourage la production privée. Le jeu du marché n’est pas capable de gérer des biens collectifs (un bien collectif est un bien qui ne peut pas être pris en charge par un seul individu (personne ne souhaitant payer pour quelque chose qui va profiter aux autres), mais cela est différent par nature des biens publics mis à disposition par l’état)

La particularité des biens collectifs, est que dès qu’ils sont offerts à un individu, ils sont à la disposition de tous, il n’y a pas d’appropriation privée. Or sans propriété privée, pas de profit et donc pas de marché possible ! Ces biens peuvent pourtant être bénéfiques à tous (biens tutélaires, comme l’éducation). Donc, l’Etat intervient.

Chapitre 2 – Le marché

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