I. A quoi sert la monnaie ? Les fonctions de la monnaie

A. Fonctions économiques de la monnaie

La monnaie est constituée de l’ensemble des moyens de paiement directement utilisables pour acquérir des biens et des services sur le marché, c’est-à-dire acceptés par tous les agents économiques.

DST : Le processus de division sociale du travail (DST : processus de spécialisation des individus sur des tâches de plus en plus précises) augmente la spécialisation productive = augmente la productivité (l’efficacité productive) et donc le niveau de production.

Le troc : : Il faut donc une institution d’échange des produits en surplus, qui sera d’abord le troc (on échange les surplus productifs, les objets en trop fabriqués à la base pour la consommation personnelle, contre un objet à nos yeux plus utile). Troc = céder la propriété d’un bien en échange de l’orientation des droits sur un autre bien.

Les limites du troc : Comme le troc est peu efficace (double coïncidence des besoins, calcul des valeurs = accord sur la valeur des biens), on invente la monnaie, bien spécial qui devient équivalent universel (point de repère accepté par tous pour calculer la valeur différente de chaque bien). Les biens échangés posent aussi des problèmes de stockage et de conservation dans le temps (coûts de stockage)

B. Les 3 fonctions de la monnaie selon Aristote

  • Intermédiaire des échanges : elle a une fonction transactionnelle (vente, monnaie, achat) et permet ainsi de dépasser les limites du troc. L’échange est divisé en trois étapes : Marchandise –  Argent – Marchandise (cf. analyses de Marx).
  • Mesure de la valeur : la monnaie est un repère (étalon de valeur), unité de compte qui permet de comparer la valeur d’une multitude de biens et services hétéroclites. Il y a un calcul préalable (à la différence d’un échange non marchand, où la mise en place de la relation sociale est plus importante que l’objet de l’échange). De surcroît, peu à peu, la variation du prix devient un signal et une information sur l’état de la relation entre l’offre et la demande, mais l’inflation peut fausser le calcul des agents économiques.
  • Réserve de valeur : la monnaie comme lien entre le présent et le futur, permet de différer dans le temps la consommation (épargne). Cette fonction n’est remplie qu’à condition que le pouvoir d’achat de la monnaie reste constant au cours du temps. L’intérêt perçu sur un placement est en principe la récompense de la non consommation présente, et une parade à l’inflation, hausse générale des prix.
    L’épargne thésaurisée est le stockage de monnaie liquide, on y gagne de la sécurité mais on risque l’inflation.
    L’épargne non thésaurisée est prêtée à la banque ou placée, source de revenu car compensation de l’inflation et de la privation de consommation.

De plus la monnaie a pour propriété d’être parfaitement liquide, c’est-à-dire immédiatement utilisable pour toute transaction.

Vision libérale vs vision keynésienne de la monnaie :

  • Selon Jean Baptiste Say la monnaie n’est pas demandée pour elle-même, elle n’est qu’un voile sur la réalité d’un troc, les produits s’échangent contre des produits, donc une crise de surproduction est impossible.
  • Keynes considère au contraire que la monnaie compte pour elle-même : des agents la désirent en soi pour des motifs de spéculation, de précaution, d’accumulation (épargne)… Il y a donc des disponibilités monétaires non utilisées, écartées de la circulation, qui ne sont pas utilisées pour acheter des marchandises. Celles-ci restent donc en stocks d’invendus, provoquant des faillites d’entreprises et des crises globales de surproduction.

C. Les fonctions sociales de la monnaie

1. La monnaie, support du lien social

Sociologues et anthropologues dénoncent la « fable du troc ». La monnaie existe en fait dès qu’une société se forme, et représente plus qu’un « calcul ». En réalité, l’Histoire montre qu’il existait des systèmes monétaires avant les systèmes de troc.

En effet, la monnaie est aussi un élément du lien social qui ajoute « quelque chose de plus » à la relation économique, et permet de matérialiser, concrétiser des groupes sociaux humains. Elle matérialise une communauté de paiement qui partage une confiance commune dans un symbole, elle est encastrée dans la société et soumise à ses règles.

En cas de crise du lien social et politique (exemple de l’Allemagne en 1920) la monnaie ne vaut plus rien, on l’abandonne et la remplace par des biens substituts dans lesquels on suppose que la population aura plus confiance.

La monnaie ne tient que si le créancier (« celui à qui on doit ») acceptant le paiement d’un débiteur (« celui qui doit »), pense pouvoir se libérer lui-même de ses créanciers avec cette monnaie.

De plus, la monnaie pacifie : avant, pour éviter la guerre, la violence était déviée sur des boucs-émissaires, puis sur des échanges d’objets (ex femmes), la monnaie est mise en place en dernier (x violence).

2. La monnaie, support du lien politique

La monnaie est aussi un instrument politique (le pouvoir est la capacité à se faire obéir) : en raison de l’obligation de payer les impôts en monnaie au souverain, l’assujetti doit se procurer la monnaie, … que seul le souverain se donne le droit de créer (le droit étant parfois, une forme de ratification, officialisation d’un rapport de force).

Le souverain dispose donc d’un pouvoir d’achat illimité sur la production de ses sujets. La monnaie peut ainsi être vue comme un droit sur la production des autres.

Preuve : le roi peut changer la valeur des pièces frappées selon ses besoins du moment (au risque de l’inflation). Bonus : la pièce devient aussi un support de communication politique (les sujets ne connaissant bien souvent la figure du roi que par rapport à son image sur les pièces).

monnaie formes et fonctions

 

D. Les formes de monnaie

Le bien doit être facile à conserver stocker et diviser tout en restant inaltérable et relativement rare. Le bien doit être crédible et susciter de la confiance sur la stabilité de sa valeur, et ne doit pas être trop facilement multipliable (comme le serait, par exemple, une feuille d’arbre).

Les monnaies se dématérialisent :

  • Monnaie marchandise ce type de marchandise peut être facilement détourné, multiplié / trop rare, abîmé…
  • Monnaie métallique (métaux précieux). Quand deux monnaie sont en vigueur la loi de Gresham (16ème siècle) se manifeste : la bonne monnaie chasse la mauvaise (argent quotidien, or épargne)
  • Monnaie fiduciaire (pièces et billets) = d’abord un simple reçu d’un dépôt en banque, puis reçu qui circule en confiance, sans contreparties. Le billet est dépourvu de valeur intrinsèque car c’est un bout de papier qui ne vaut rien en lui-même, si la confiance en la monnaie n’était pas là il n’aurait pas de valeur. Les pièces ne sont plus faites en métal précieux. Inventée en 1656 par le banquier Palmstruck en Suède (billets de dépôts > échange entre gens car + simple > lui émet + de billets qu’il n’a de métal dans ses coffres et fait l’illusion). France en 1710 succès puis faillite > méfiance pendant 100 ans puis la monnaie devient inconvertible en 1939.La monnaie repose sur la confiance. Une monnaie fiduciaire est une monnaie qui repose entièrement sur la confiance que les agents économiques accordent à l’organisme qui l’émet. Ainsi, la valeur d’une pièce n’a aucun lien avec la valeur du métal qui la constitue. De même, la valeur d’un billet ne correspond pas à une contrepartie en métal physique qu’une banque garantirait. Cette confiance se manifeste en général dans un pays mais aussi communauté monétaire exemple €.
  • Monnaie scripturale un jeu d’écriture le chiffre, pas le support : chèque 20% – au profit de > carte bancaire 40% car + sécurisé pas d’imitation, virement 18%, 2% autre, Titre universel de paiement (TIP), e-paiement… (en développement : tout le monde a un compte, presque tout le monde a Internet, essor de l’e-commerce, les commerçants sont équipés, de – en – de monnaie fiduciaire) sur un compte à vue bancaire. L’essentiel de la monnaie est scriptural (57% 1960 > 95% des transactions en 2012) et représente plus de 85% de la masse monétaire totale zone €. Repose aussi sur la confiance.
  • Monnaie électronique décentralisée du type Bitcoin

 

II. Comment l’activité économique est-elle financée ?

A) Différents types de financement

– Le financement consiste à fournir des ressources monétaires à un agent économique en « besoin » (pour ses projets). D’un point de vue macroéconomique certains agents sont « condamnés » à investir et sont donc en situation permanente de besoin de financement, car leur ressources internes ne suffisent souvent pas. Il y a aussi les agents qui couvrent les dettes du passé.

– Le plus souvent (en dehors du cas de l’autofinancement) la ressource monétaire provient des agents qui disposent d’un excès d’épargne, de ressources monétaires, car ils ne dépensent pas totalement leurs revenus : ils sont en situation de capacité de financement.

– Les institutions financières assurent la liaison entre ces deux types d’agents, par leurs activités de collecte de l’épargne et d’octroi de crédit. Liaison pas neutre car transformation quantitative et qualitative.

On peut distinguer trois formes de financements :

  • Le financement interne. Les ressources nécessaires sont obtenues à partir des surplus courants. On parle d’autofinancement (lequel dépend essentiellement de la politique de partage de la valeur ajoutée de l’entreprise, donc du taux de marge, EBE/VA).
  • Le financement externe direct. Les ressources nécessaires sont obtenues à l’extérieur de l’entreprise, en passant par le marché financier primaire, via des actions ou des obligations.Il se développe aujourd’hui massivement (et prennent de l’importance par rapport aux financements bancaires) en raison des 3 D : dérèglementation (suppression des barrières règlementaires empêchant la circulation des capitaux), désintermédiation (développement de la finance directe), et décloisonnement (chaque marché par type ou par aire géographique, est ainsi relié en permanence, 24h/24H) des marchés.
    En 1986 le gouvernement a fait sauter les règles (avant le marché était très fermé), cela a donné lieu à un « big bang », les bourses devinrent accessibles, les entreprises n’eurent plus besoin de passer par les banques.
    Pour elles, il est moins coûteux d’aller elles-mêmes sur le marché que de passer par les banques pour avoir un crédit, mais d’autres coûts sont apparus : risque spéculatif, coût des actionnaires…

    • Soit l’entreprise émet des obligations, dettes négociables remboursée à une date fixe contre un intérêt annuel (obligations pour les entrepriseds, bons du trésor pour les états…). C’est un endettement (comme un crédit bancaire). Par exemple aujourd’hui en France on a une dette publique de 2000 milliards, l’état doit faire de nouveaux bons du trésor pour rembourser les intérêts aux anciens prêteurs.
    • Soit l’entreprise émet sur le marché primaire des actions, des titres représentatifs du capital social de l’entreprise. C’est un financement sur fonds propres et non une dette (car le nouveau partenaire devient propriétaire avec un titre papier).
  • Le financement externe indirect (intermédié). Les ressources nécessaires sont obtenues en passant par un intermédiaire financier (souvent, une banque) en faisant un crédit. La banque peut alors prendre les dépôts des agents en capacité de financement, pratiquer de la création monétaire, ou faire un peu des deux pour compléter

monnaie financement

 

B. Coordination par la banque

Les épargnants désirent en général placer leur argent sans risques (peur de perdre ses « économies »), pour une courte durée (liquidité disponible) et avec une rémunération élevée (taux d’intérêt créditeur élevé).

A l’exact inverse, les emprunteurs utilisent leurs ressources pour des activités obligatoirement incertaines (puisque portant sur l’avenir) donc risquées, pour une longue durée (les ressources nouvelles ne commencent à reconstituer le capital initial immobilisé qu’au bout d’un long délai), et pour un coût modique(taux d’intérêt débiteur peu élevé).

La banque doit faire coïncider les deux, profitent des grands nombres de crédits/dépôts pour réaliser des économies d’échelles et réduisent les asymétries d’informations entre les 2 personnes. Une relation longue durée avec le client lui permet de bien connaître ses caractéristiques.

En résumé, la banque procède à une transformation qualitative en en faisant correspondre des désirs incompatibles entre prêteurs et emprunteurssur la durée, le niveau de risque, et le niveau de la rémunération.
La banque procède aussi à une transformation quantitative en accordant beaucoup plus de crédits qu’elle ne compte de dépôts. L’emprunteur doit ensuite faire un remboursement avec échéance.

C. L’intérêt et le risque

L’intérêt perçu sur un placement, par un épargnant, est en principe la récompense de la non consommation (pour Keynes, les taux d’intérêt ne récompensent que la renonciation à la liquidité, pas à la consommation des biens et services) présente et une parade à l’inflation, hausse générale des prix. L’intérêt est aussi une manière de se prémunir contre le risque de défaut de paiement de la part du débiteur, ou emprunteur.

Alors qu’en principe un Etat ne peut pas tomber en faillite, il peut subsister des doutes sur la capacité à rembourser un emprunt, doute mesuré par des agences de notation (qui notent de AAA à D-). C’est le cas de l’Etat grec en 2009, qui a dû payer ses emprunts beaucoup plus chers que ses voisins (= taux d’intérêt incluant une prime de risque), en raison de la méfiance des prêteurs (note D- contre AAA pour l’Allemagne).

D. Le marché secondaire des actions : La Bourse

Un actionnaire doit normalement attendre le bénéfice annuel de l’entreprise pour recevoir son dividende, mais il préfère bien souvent aller sur le marché secondaire, la Bourse, pour revendre ses parts et réaliser une plus-value. Ce marché accroît l’attractivité des actions.

L’offre et la demande de titres aboutit à un prix de revente du titre, qui constitue une cotation, qui évolue chaque jour.

Il est donc possible de faire des paris sur l’évolution du cours des titres (= spéculer), paris auto-référencés, de plus en plus déconnectés du « mérite » économique de l’entreprise. La valeur d’un titre peut augmenter subitement (ou l’inverse), sans que les résultats économiques ne le justifient réellement : si les gens pensent que le bien va monter, ils en achètent, et donc le prix monte en effet. Si une entreprise a de mauvais résultats les actionnaires vendent leurs actions et le cours de l’action baisse.

Cela ne devrait concerner normalement que les actionnaires, mais comme les actionnaires nomment les PDG et fixent leurs rémunérations, les PDG bâtissent bien souvent des stratégies à court terme (licenciement, déformation de la VA…), afin d’augmenter les dividendes versés à l’actionnaire qui obtient ainsi une plus-value. Les PDG doivent aussi veiller au niveau du cours de Bourse, car s’il est trop bas, il permettrait à un concurrent de devenir propriétaire, simplement en achetant les actions à bas prix.

Les concurrents peuvent émettre une OPA, offre publique d’achat, c’est-à-dire vouloir acheter les actions du concurrent à un prix légèrement supérieur à celui de son cours afin de réduire la concurrence, se donner une pouvoir sur les clients (atteindre le monopole) et l’entreprise qui en est victime doit soit tout faire pour re-séduire ses actionnaires pour qu’ils ne vendent pas (annonce des dividendes par ex), racheter ses propres actions avec ses fonds ou faire appel à un allié qu’on fait rentrer au capital de l’entreprise (« chevalier blanc »).

Cela pose des problèmes en termes de partage de la valeur ajoutée (voir plus bas). De nombreux analystes considèrent en effet, que le jeu de relations à trois dans une entreprises (salariés, managers, actionnaires) s’est organisé ainsi dans le temps :

  • 1950-1980 : salariés + managers / actionnaires.
  • 1980 bourse stock-option (salaire du manager dépend du cours de la bourse) > salariés / manager + actionnaires. Cela a engendré une baisse des salaires des salariés et une augmentation des dividendes car les actionnaires veulent toujours plus.

Dans le « marché de l’occasion des actions » l’achat-revente des actions ne concerne pas l’entreprise mais seulement les actionnaires, c’est un « effet d’éviction financière ». Le marché financier échoue alors paradoxalement à remplir sa principale mission qui est de procurer une source de financement aux entreprises, car à la fin, la somme globale versée aux entreprises est devenue bien inférieure à la somme que les actionnaires se sont versés entre eux.

III. Qui créé la monnaie ? 

A. Le processus de création monétaire, les banques créent la monnaie

Création ex nihilo, à partir de rien.

L’essentiel de la création monétaire est réalisé par les banques quand elles accordent des crédits à des agents non-financiers ou quand elles achètent des titres comme les bons du trésor ou même des valeurs immobilières (actions et obligations). La banque peut donc accorder plus de crédits que de dépôts contenus en caisse. Symétriquement, lorsque les agents non financiers remboursent leurs crédits, il y a destruction de monnaie. A la fin d’une année, la masse monétaire a augmenté si la création a été supérieure à la destruction.

Quand les banques signent pour prêter, elles peuvent avoir trois types de contreparties, « d’emprunts » dans leur actif :

  • Créance sur l’économie (client emprunteur, qui a signé)
  • Créances sur l’état (le Trésor qui emprunte)
  •  Créances sur l’extérieur (les devises qu’elles possèdent)

B. Un pouvoir de création monétaire limité

La capacité de création monétaire des banques est limitée : la monnaie qu’elles créent n’est que de la monnaie scripturale et elles doivent se procurer de la monnaie banque centrale (monnaie centrale) pour assumer les demandes de retrait en billets de leurs clients. Elles peuvent emprunter aux banques « surliquides » sur le marché interbancaire.

Les banques commerciales doivent faire face à trois fuites : les retraits en billets, les achats à l’étranger et les dépôts d’autre banques.

Liquidité bancaire : capacité à convertir rapidement en moyen de paiement.

Si les deux agents ont la même banque, alors il ne s’est finalement rien passé pour la banque initiale du point de vue matériel et concret. Si les deux agents ont des banques différentes, il y a certes un transfert « matériel », mais les banques se rencontrent quotidiennement (opérations de compensation) pour ne traiter que du solde de leurs échanges (par exemple, si la banque BNP doit 600 millions à la banque Société Générale, et la banque Société Générale doit 595 millions à la BNP, seuls 5 millions passent de la banque BNP à la banque Société Générale, dans leurs comptes respectifs à la Banque Centrale).

C. Les rôles de la banque centrale

Le système bancaire est un système hiérarchisé et supervisé par la banque centrale. Le gouvernement n’a aucun pouvoir sur elle, elle est indépendante depuis 1993.

  • Celle-ci détient le monopole de l’émission de monnaie fiduciaire. Elle mesure et contrôle la quantité de monnaie en circulation dans l’économie de façon à défendre la valeur de la monnaie.
    Elle oblige les banques à détenir des réserves obligatoires en monnaie centrale sur leur compte courant auprès d’elle. La banque qui a accordé un crédit ne doit posséder réellement qu’une toute petite partie (quelques %), sous la forme d’une monnaie dite monnaie centrale, dont il dispose en billets et pièces ou sous la forme d’avoir sur un compte à la banque centrale (base monétaire), car elle doit faire face à des fuites monétaires.
  • La banque centrale contrôle la création monétaire par les conditions auxquelles elle accepte de refinancer les banques (refinancement, leur redonner des ressources). La banque centrale possède un pouvoir illimité sur le marché monétaire, elle peut ajuster le niveau de monnaie disponible sur le marché monétaire en acceptant des titres (prendre en pension) ou en ajustant son taux d’intérêt. Hausse du taux directeur > Hausse du coût de refinancement > Baisse de la création monétaire = Hausse du taux d’intérêt créditeur > Baisse du volume des crédits accordés > Baisse de la consommation des ménages > Baisse de la production fixe des entreprises.
  • Elle tient aussi le rôle de prêteur en dernier ressort en cas de grave crise de liquidité d’une ou plusieurs banques, en augmentant le montant des prêts en monnaie centrale qu’elle leur accorde.

D. Le risque de l’inflation

Pourquoi agir sur le marché monétaire ?

M (masse monétaire) x V (vitesse de transaction, nombre de fois où on utilise une pièce) = P (prix) x T (nombre de transactions).

  • Selon la théorie quantitative de la monnaie, la mission de la banque centrale consiste à faire en sorte que la masse monétaire s’accroisse au rythme des besoins économiques (la BCE, sous l’influence de ce courant de pensée, s’est donné comme unique objectif de lutter contre l’inflation, maintenue à un niveau raisonnable de +2% par an). Trop de monnaie en circulation signifie qu’il y aura de l’inflation (hausse des prix).
  • Par exemple, 20 pièces de 5 euros, permettent de réaliser, 80 transactions réelles, pour une valeur de 100 euros, un jour donné. Si le lendemain, on double le nombre de pièces (40 pièces), les théoriciens quantitatifs considèrent qu’il n’y aura pas d’impact sur l’activité économique réelle (on ne passe pas à 160 transactions !). Du coup pour « absorber » ce surcroît de valeur, les agents économiques modifient leurs prix à la hausse.
  • Cette hausse des prix est considérée comme nuisible pour obtenir de la croissance économique en empêchant les agents économiques de prévoir l’avenir (calculs faussés), et donc d’investir (si j’envisage d’acheter un nouveau four de boulanger pour augmenter ma production de pain, je risque d’être découragé devant le risque d’une augmentation future du prix de la farine, et je peux renoncer à mon investissement).
  • Selon ces théoriciens, l’investissement est financé par une épargne préalable. Si l’on veut encourager la croissance, par l’investissement, il faut donc que les agents épargnent plus et consomment moins.

 

Conclusion : en bref

Banque centrale

– Création de monnaie fiduciaire
– Contrôle la quantité de monnaie en circulation
– Prêteur en dernier ressort

Banques commerciales

– Création de la monnaie scripturale
– Pouvoir de création limité (besoin en monnaie centrale)

Chapitre 3 – La monnaie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *