La seconde guerre mondiale, une guerre d’anéantissement

Introduction

La WW2 est à ce jour le conflit le plus meurtrier de l’histoire puisque elle a causé la mort de plus de 50 millions de personnes, en majorité des civils. Si on parle de guerre d’anéantissement c’est parce que deux lieux symbolisent cet événement : Auschwitz et Hiroshima. Mais les Alliés et l’axe ne doivent pas être mis sur même plan car la volonté d’extermination vient surtout de l’Allemagne et du Japon, coupables crimes contre l’humanité, et un peu de l’URSS, aveuglée par sa haine de l’Allemagne. En quoi l’ordre imposé par les Allemands en Europe constitue-t-il une forme d’asservissement inédite ?

I) Les opérations militaires : une guerre réellement mondiale

A) L’avancée des forces de l’Axe

En septembre 1939, grâce à la blitzkrieg (guerre éclair), inventée par Von Guderian, les allemands écrasent les polonais en quelques jours.
D’octobre 1939 à mai 1940 rien ou presque ne se passe, c’est la Drôle de Guerre : la seule bataille importante se déroule à Narvik en Norvège et elle est remportée par les franco-britanniques.
En mai-juin 1940 les allemands lancent une grande offensive : ils envahissent le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique qui étaient pourtant des pays neutres. Ils pénètrent France par les Ardennes et battent les troupes franco-britanniques qui sont très bien équipées mais très mal commandées. Heureusement, une grosse partie des britanniques a réussi s’échapper en passant par Dunkerque.
En juin 1940 la France désormais dirigée par Pétain, choisit de capituler. Les britanniques se retrouvent seuls face aux allemands et aux italiens. Hitler veut alors envahir l’UK et Goering, le chef de la Luftwaffe (air force allemande) veut détruire la royal air force. Les britanniques sont dirigés par Churchill, qui promet le sang  la sueur les larmes et la victoire. L’héroïsme des pilotes britanniques a bord des spitfires permet de gagner la bataille d’Angleterre en juillet 1940.
Les offensives allemandes reprennent en juillet 1941. Avec l’appui des italiens ils envahissant la Yougoslavie et la Grèce.
Le 22 juin 1941 les allemands lancent l’opération Barberousse. Ils attaquent par surprise l’URSS et en hiver 1941 ils menacent trois villes clés : Moscou, Stalingrad et Leningrad.

La guerre se déroule aussi en Asie : dès 1937 les japonais ont attaqué la Chine et se sont emparés du littoral.
En décembre 1937 ils ont massacré la population de la ville de Nankin.
Le 7 décembre 1941 , les japonais attaquent par surprise la base américaine de Pearl Harbor située dans les îles Hawaï. Les américains, dirigés par le président Roosevelt, et les britanniques, ne sont pas prêts : et les japonais s’emparent de plusieurs territoires comme la Malaisie ou les Philippines.
Au printemps 1942 ils menacent les Indes et l’Australie.

B) Trois tournants de la guerre

– En mai 42 la flotte japonaise est battue par l’US Navy à Midway, commandée par l’amiral Nimitz.
– En Afrique du nord, les italiens et les allemands dirigés par Rommel, à la tête de l’Africa Korps, attaquent l’Egypte, protégée par les britanniques et en octobre 1942 a lieu la bataille d’El Almein, les allemands sont battus par le général Montgomery. Les américains débarquent au Maroc et en Algérie et font la jonction avec les britanniques :  il n’y a plus de soldats de l’axe en Afrique
– De août 1942 a février 1943 se déroula bataille la plus meurtrière de l’histoire : Stalingrad (devant la Somme et Verdun). Les allemands du Général Von Paulus se retrouvent encerclés par les soviétiques et sont victimes de la faim et du froid et de l’armée rouge : 150 000 meurent et 100 000 sont fait prisonniers, du côté allemand.

 

C) La victoire des alliés

– Sur le front est le rouleau compresseur soviétique, avec beaucoup de matériel américain, se met en marche, et toute l’Europe de l’est est progressivement débarrassée des allemands. L’URSS est victorieuse entre autre à Koursk juillet 43 après la plus grande bataille de chars de l’histoire.
– Au début de l’année 1945 l’armée rouge, commandée par Joukov, pénètre le territoire allemand
– Sur le front ouest les américains et les britanniques, aidés par les français, organisent plusieurs débarquements :
– Un en juillet 1943 en Sicile, ce qui permet de libérer, avec l’aide d’une partie de la population italienne, la moitié sud de l’Italie.
– Le 6 juin 1944, opération Overlord, le général américain Eisenhower organise le plus grand débarquement de l’histoire, en Normandie, sur 5 plages.
– La France est libérée au cours de l’été 1944 parfois après de durs combats comme ceux qui se sont déroulés à Caen.
– Un autre débarquement a lieu le 15 août 1944 en Provence, c’est l’opération Dragon, organisée par les américains et les français.
– A Noël 1944 les alliés sont à Strasbourg et en janvier 1945 ils franchissent le Rhin.
– En avril Berlin est encerclée, Hitler se suicide et son successeur Donitz signe la capitulation de l’Allemagne (auparavant Donitz était chef de la marine, il a été nommé successeur car c’était le seul a n’avoir rien fait aux civils, il pouvait donc négocier avec les pays vainqueurs).
– Sur le front pacifique, à partir de l’été 1942, les américains du général Mac Arthur reprennent progressivement le contrôle de certaines régions comme les Philippines grâce à la stratégie du saut de mouton.
– Constatant la force des défenses japonaises, le président américain Trueman, qui a succédé à Roosevelt en avril 1945, décide de bombarder le Japon avec des armes atomiques, frappant Hiroshima et Nagasaki.
– Un ibukusha est un survivant de la bombe atomique (une seule personne au japon est un double ibukusha, il a survécu aux deux bombes). Le japon capitule le 2 septembre.

II) Plus de 50 millions de victimes

A) Des pertes militaires considérables

Les pertes militaires les plus importantes concernent l’URSS, l’Allemagne, et le Japon, car leurs dirigeants ont la volonté de combattre jusqu’au bout et demandent à leurs soldats un sacrifice total comme le montre l’histoire des kamikaze japonais.
Les soldats périssent également à cause de la puissance certaines armes comme par exemple les chars et les avions, beaucoup plus perfectionnés qu’en 1914_1918.
Aussi, les prisonniers ne sont pas traités comme l’exigent les conventions internationales :
– Les japonais maltraitent particulièrement les chinois prisonniers, l’unité 731 dirigée Shiro Hishi mène des expériences bactériologiques sur eux, ils meurent par dizaines de milliers, et les japonais maltraitent également les prisonniers britanniques et américains.
– Les soviétiques et les allemands se maltraitent mutuellement, seuls 5000 prisonniers allemands rentrent chez eux après la guerre.

B) Le génocide juif ou Shoah

Des le début de la guerre les persécutions antisémite prennent une ampleur nouvelle. D’abord en Pologne où tous les juifs du pays sont rassemblés dans des quartiers spécifiques appelés ghettos (Varsovie, Cracovie, Lotz). Victimes de la faim et de la maladie, ils peuvent aussi être assassinés à tout moment. Régulièrement les ghettos sont victimes d’« opérations » lors desquelles les allemands liquident les plus fragiles (malades, vieux). Au total ces ghettos font 800 000 morts.

Les einsatzgruppen agissent dans la partie de l’URSS envahie par l’Allemagne : ce sont des SS et des policiers souvent aidés par des volontaires locaux, par exemple les hiwis ukrainiens. Ils rassemblent les juifs des villes et des villages puis les fusillent, on parle alors de Shoah par balle. Ces meurtres ont fait environ 1,5 million de victimes, surtout en 1941-42, dont plus de 3000 en 8 jours dans ravin de Babi Yar. Comme ce procédé, étudié par père Desbois, demande beaucoup d’hommes et de munitions, certains dirigeants allemands comme Himmler et Hydrich (un chef SS) cherchent des solutions plus efficaces et radicales.

Le 20 janvier lors de la conférence de Wannsee les dirigeants décident de l’extermination totale des juifs d’Europe, c’est la « solution finale ». Les juifs seront tous gazés, d’abord dans des camions aux gaz d’échappement, puis dans des chambres, au zyklon B, dans 6 camps d’extermination installés en Pologne dont Auschwitz, Birkenau et Treblinka. Ensuite, les corps sont ramassés par d’autres juifs membres des sonderkommandos (commandos spéciaux) qui les mettent dans des fours crématoires. 2.7 millions de juifs seraient morts comme ça, dont 1 million à Auschwitz (presque 40%), et également 50 000 tziganes.

Ainsi, la communauté juive de Pologne est presque totalement exterminée, de même pour les hongrois et les hollandais (Anne Frank). En France on compte 75 000 morts de la main des allemands pendant la guerre mais 230 000 ont survécu, parce qu’ils ne sont pas allés dans les camps, seuls 2000 y sont allés. Tous ces actes sont des crimes contre l’humanité car ce que les allemands reprochent aux juifs, c’est leur existence…

C) Les autres victimes civiles

Dans de nombreux pays, les civils sont victimes de bombardement aériens, d’abord fait par les allemands sur Rotterdam et Londres. A là fin de la guerre les allemands utilisent même des missiles appelés v1 et v2 afin de bombarder Londres à partir des cotes françaises ou néerlandaises. Mais ces raids aériens sont beaucoup moins meurtries que ceux pratiqués par les anglais et les américains sur l’Allemagne, car celle-ci a perdu maîtrise des airs. Rien qu’en 43, 300 000 civils allemands sont morts sous les bombes larguées par les avions du commandant en chef de la RAF (royal air force) Mr. Harris (surnommé Bomber/Butcher Harris). Le bombardement le plus violent  concerne la ville allemande de Dresde en 1945, littéralement soufflée par bombes incendiaires.

Bien sur, les bombardements les plus connus sont Hiroshima Nagasaki en août 45 mais aussi Tokyo qui a été dévastée par les bombes incendiaires. Les américains utilisent d’énormes bombardiers appelés les Forteresses Volantes B-17 pour déverser des tapis de bombes sur le Japon.

En France les villes de Normandie sont touchées (Le Havre, Caen, Rouen) car pour préparer le débarquement, les anglais et les américains ont bombardé les installations allemandes présentes dans la Normandie occupée.

Pendant l’invasion de l’Allemagne entre janvier et mai 1945, les alliés soviétiques commettent des crimes de guerre violant systématiquement presque toutes les femmes allemandes (1.4 millions de femmes violées) histoire racontée dans « Une femme à Berlin ». Les américains aussi commettent plusieurs milliers de viols sur des françaises pendant libération car celles-ci ont été victimes de leur réputation légère. La plupart des crimes, quand ils ont été commis par les alliés, restent impunis, même si certains soldats coupables ont été exécutés.

Dans les territoires occupés par l’Allemagne, les nazis imposent un « ordre nouveau » c’est-à-dire que quelque que soit le statut du pays occupé, ses habitants souffrent de l’occupation. Certains territoires comme l’Alsace sont annexés au Reich.
D’autres situés sur le front soviétique ou atlantique (Belgique) sont administrés par la Wehrmacht (armée allemande). Dans ce cas les allemands peuvent s’appuyer sur des collaborateurs locaux comme Quisling, car la plupart des dirigeants légaux de ces pays se sont réfugiés à Londres.
Enfin des territoires comme la Pologne sont dirigés par des gouverneurs civils (des gauleiter, « préfets ») par exemple Frank. Dans tous les cas les civils peuvent être victimes de représailles suite à des actions organisées par des résistants locaux par exemple Guy Moquet, fusillé alors qu’il n’avait rien fait de physique contre les allemands.
A partir de 1943 dans les pays occupés les jeunes hommes sont réquisitionnés pour le STO (service de travail obligatoire) par Sauckel.
De plus, les territoires occupés subissent le pillage économique (agriculture comme industrie…). Goering, numéro 3 du Reich et chef de l’aviation, s’intéresse en particulier aux œuvres d’art. Le territoire le plus touché est la Pologne qui a subit que ce qu’on appelle la « polonisation ». Par exemple, les polonais, même non juifs, n’ont plus le droit d’organiser l’enseignement.

Enfin, dans les pays occupés, les résistants, appelés « partisans » par les allemands, font l’objet d’une sévère répression : ils s’exposent à la torture, aux exécutions, à la déportation au camp de Buchenwald. En France les allemands auraient tué, dans le pays même, plus de 30 000 résistants parmi lesquels des personnages remarquables comme Jean Moulin (torturé à mort en 43 par le chef de la guestapo à Lyon), Pierre Brossolette ou les membres réseau Manouchian, célébrés par Aragon.

III) Un bilan effroyable

A) Des pertes considérables

Parmi les 50 millions de victimes ou plus, on compte une majorité de civils, ce qui explique que les pays les plus touchés soient l’URSS, l’Allemagne, la Pologne et le Japon. D’autres pays comme la chine et la Yougoslavie sont également très touchés. La France et l’Empire Britannique ont moins de pertes qu’en 14-18 et les USA sont très peu touchés, surtout les civils.
Du point de vue matériel, l’URSS affirme qu’elle représente 80% des destructions et dans un pays comme la Pologne il reste moins de 10% des locomotives qu’il y avait pendant la guerre.

Les populations européennes connaissent des pénuries jusque dans les années 1950. En Allemagne, occupée et sans gouvernement, 1946 est appelée l’année zéro tant la situation est désastreuse. En fait, un seul pays s’est enrichi pendant la WW2 : les USA. Son PIB a progressé de 120% entre 1938 et 1946. A cette date, leur industrie représente la moitié de la production mondiale, et ils détiennent les deux tiers des stocks d’or mondieux (cachés à Fort Nox). Grâce aux accords de Breton Woods en 1944, ils dirigent le nouveau système économique mondial. Ce système est basé sur la suprématie du dollar et de l’existence du FMI, basé à Washington.

B) Des espoirs pour le futur

Les crimes commis par les Allemands et les Japonais sont d’une telle ampleur qu’il faut créer une justice exceptionnelle. En 1945 se tient donc à Nuremberg un grand procès au cours duquel des juges soviétiques, français, américains et britanniques entendent plus de vingt chefs nazis importants, accusés de : crimes contre la paix, crimes de guerre (piller, fusiller des civils, ne pas bien traiter les prisonniers) et de crime contre l’humanité. On proclame une quarantaine de condamnation à mort par pendaison dont Goering, Keitel, Frank, etc.

Le même genre de procès a lieu à Tokyo en 1946 pour punir les Japonais. Les crimes contre l’humanité sont considérés comme imprescriptibles, ce qui fait qu’un criminel peut être arrêté 50 ans après les faits. Ces procès montrent l’existence d’une justice et d’une conscience universelle, même si certains criminels ont échappé à la justice par exemple en se réfugiant au Brésil, comme le docteur Mengel, qui était à Auschwitz.

Enfin, la charte de San Francisco, rédigée en 1945, aboutit à la création de l’ONU, basée à New York, et qui a pour but de défendre la paix, le droit international, les droits de l’homme et la dignité de la personne humaine à travers des organisations telles que le FAO (Food Agriculture Organisation), l’UNICEF (pour les enfants), l’UNESCO (Paris, pour la culture), l’OMS (Genève, Organisation Mondiale de la Santé). En 1948, l’ONU adopte la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Chapitre 3 – La seconde guerre mondiale

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