Introduction

« Paix impossible, guerre improbable » c’est ainsi que Raymond Aron définit la guerre froide, c’est à dire l’opposition entre le bloc occidental capitaliste dominé par les USA et le bloc communiste dirigé par l’URSS.
En effet, tout oppose ces deux idéologies totalement différentes, mais cette opposition ne mène pas à un conflit ouvert /déclaré entre les deux puissances car elles possèdent toute les deux l’arme atomique et une guerre conduirait alors à l’apocalypse.
Par contre, des conflits assez fréquents opposent certains pays du bloc capitaliste et du bloc communiste, c’est le cas de la guerre de Corée. Certains de ces conflits périphériques auraient pu déboucher sur une troisième guerre mondiale.
Quelles sont les formes prises par la rivalité USA-URSS ? Quels facteurs ont permis aux usa de remporter cette confrontation ?

I) Les débuts de la guerre froide 1945-1962

A) Deux blocs antagonistes

En février 1945 à Yalta (ville de Crimée, Ukraine), Churchill (UK), Roosevelt (USA) et Staline (URSS° préparent l’après guerre et décident d’organiser des élections libres dans tous pays d’Europe libérés.
Mais en Europe de l’Est les élections sont truquées et le pouvoir passe aux mains des partis communistes locaux.
Le dernier pays à résister est la Tchécoslovaquie qui à partir de février 1948 est dirigée par le communiste Gottwald.
Ces états (Pologne, Hongrie…) sont appelés des états satellites car ils sont en fait totalement soumis à Moscou.
Ils forment avec URSS une alliance économique, le Comecon en 1949, et une alliance militaire avec le pacte de Varsovie en 1955.
La yougoslavie, dirigée maréchal Tito, constitue une exception car c’est un état communiste qui refuse de s’aligner sur l’URSS.
Durant cette période le communisme se repend essentiellement en Asie car en 1949 le président Mao prend le contrôle de la RPC, et la Corée du nord et ainsi que le Nord Vietnam deviennent également communistes.

Pour qualifier la main mise soviétique sur l’Europe de l’Est, Churchill emploie l’expression « rideau de fer ».
Dans ces états, les libertés individuelles et collectives (droit de grève…) sont niées, le parti unique contrôle tout (par exemple la presse) et les habitants n’ont pas la possibilité de s’installer en Europe de l’Ouest.
En mars 1947 le président des USA Trueman expose sa doctrine : il veut procéder à l’endiguement du communisme. Pour cela il lui faut lutter contre le retour de la crise et et de la misère : dans le cadre du plan Marshall, 13 milliards de $ sont donnés ou prêtés aux pays d’Europe occidentale, en premier lieu l’UK et la France. Les pays qui reçoivent cette aide forment l’organisation économique appelée OECE.
En 1949 les USA prennent tête d’une organisation militaire appelée OTAN avec : le Canada, la Belgique, les Pays-bas, le Luxembourg, l’Italie, le Portugal, la Norvège, le Danemark, la France et l’UK. Les années suivantes s’ajoutent la Grèce, la Turquie et la RFA.
Les USA signent d’autres traités avec par exemple l’Arabie, le Japon a reçu aide du plan Dodge, et l’Australie, la Nouvelle-Zélande également, dans le cadre de l’ANZUS (AusNewZelUS).

Enfin aux USA se déclenche une véritable paranoïa anti-communiste. Le sénateur McCarthy organise avec le FBI une chasse aux sorcières : on interroge les acteurs, magistrats, savants, enseignants, militaires, … Certains d’entre eux sont exilés (comme Chaplin), Monsieur et Mme Rosenberg sont exécutés.

B) Les crises de la guerre froide

1) En Europe

Les occidentaux occupent Berlin Ouest, qui représente un îlot capitaliste dans le monde communiste : Staline ne tolère pas l’existence de cette enclave.
Entre mars 1948 et mai 1949, Staline organise le blocus de Berlin Ouest pour affamer les habitants américains. Les USA organisent alors un pont aérien pour les ravitailler. Staline cède et à partir 1949 il existe deux Allemagnes : à l’Ouest RFA et à l’Est RDA.

De 1949 à 1961, trois millions et demi d’Allemands de l’Est profitent de la possibilité d’aller à Berlin Ouest pour quitter leur pays qui compte environ 15 millions d’habitants.
Dans la nuit du 12-13 août 1961, les autorités Est allemande décident de construire un mur infranchissable entre les deux parties de Berlin, qui mesure 155km. Surnommé le mur de la honte, il symbolise parfaitement la coupure entre les deux blocs.
Un autre crise a lieu en Hongrie en 1956, les habitants se révoltent contre le communisme mais l’armée rouge intervient et tue plus de 10 000 hongrois.

2) En asie : guerre corée-chine

3) La crise de cuba

En 1959 le dictateur cubain Baptista est renversé par le socialiste Fidel Castro, secondé par Ernesto Che Guevara.
Castro nationaliste l’économie locale et interdit les casinos et autres établissements par exemple les maisons closes, qui font la fortune de l’île, hors ces secteurs étaient contrôlés par les USA.
En avril 1961 la CIA, aidée de quelques cubains, organise un débarquement dans la Baie des Cochons, qui échoue.
Castro se sent menacé et se rapproche de plus en plus de l’URSS, dirigée par Nikita Khrouchtchev. Ce dernier installe des missiles atomiques sur l’île et ils sont repérés par des avions espions américains.
L président Kennedy réagit en octobre 1962 et adresse un ultimatum à l’URSS : tout tir de missile venant de cuba sera considéré comme agression soviétique et tout navire soviétique allant vers cuba sera stoppé par l’US Navy. Le monde est au bord de la guerre atomique, mais finalement Nikita cède et accepte de retirer les missiles

II) La détente (1963-1975)

A) De nouveaux rapports entre les deux supergrands

Nikita n’est pas Staline, et dès 1956 il a procédé à la déstalinisation de son pays, et il libère ainsi 20% des prisonniers des goulags, et abolit la censure.
Nikita ne veut pas rivaliser avec les USA simplement sur le plan militaire mais aussi culturel (sport) et technologique grâce à la conquête spatiale. Sur ce point l’URSS prend une avance grâce à Yuri Gagarin qui devient en 1961 le premier homme à être allé dans l’espace.
Ainsi après la crise cuba, Nikita prend conscience qu’une guerre signifierai l’apocalypse et de nouveaux rapports s’établissent : c’est la détente :
– La maison blanche et le Kremlin sont reliés grâce au téléphone rouge
– En cas de guerre la doctrine des représailles massive est remplacée par la doctrine des représailles graduées
Après 1964 et l’arrivée de Brejnev au pouvoir, la détente se poursuit :
– Les USA vendent du blé à l’URSS
– Les deux pays se rencontrent dans l’espace (le vaisseau américain Apollo s’arrime au vaisseau russe Soyouz)
– Deux autres accords sont signés : le SALT en 1972 qui vise à réduire nombre d’armes nucléaires et l’accord d’Helsinki en 1975 entre les USA, le Canada et tous les pays Europe : tous les états doivent respecter les droits de l’homme…mais l’URSS n’a jamais respecté ces accords.

B) Des blocs moins rigides

Au début des années 60 la Chine de Mao se fâche avec l’URSS et quelques années plus tard elle se met dialoguer avec les USA : cette diplomatie du ping-pong se traduit par la visite du président américain Nixon à Pékin.
La France de De Gaulle ne suit plus aveuglément les USA, elle se montre très critique envers eux et surtout pendant la guerre du Vietnam, et en 1966 la France quitte le commandement intégré de l’OTAN.
Certains pays du tiers-monde comme l’Inde ou l’Indonésie refusent de s’aligner sur un des deux grands et fondent le mouvement des non-alignés.

C) Des crises limitées

Les deux grands admettent tacitement (sans le dire) l’existence de chasses gardées : l’Amérique Latine pour les USA et l’Europe de l’Est pour l’URSS.
Ainsi en 1968 quand l’URSS réprime le printemps de Prague, les USA se contentent de protester. Avant ce printemps les tchécoslovaque s’étaient révoltés pacifiquement contre les dirigeants communistes et en automne les chars soviétiques sont intervenus pour réprimer le mouvement.
A l’inverse en septembre 1973 au chili le président socialiste démocratique élu est renversé par coup d’état organisé par la CIA et des militaires chiliens d’extrême droite ainsi que le général Augusto Pinochet, là aussi URSS se contente protester alors que la répression est très violente.
Mais même dans ce contexte une grave crise éclate : la guerre du Vietnam. Le Nord Vietnam communiste attaque le Sud Vietnam soutenu par les USA. A partir de 1964 le président des USA Johnson envoie des soldats américains pour défendre le Sud Vietnam. En 1967 plus de 500 000 soldats américains sont sur place.
Finalement en 1973 à cause de l’opinion publique les USA quittent le Vietnam et deux ans apres le Sud est absorbé par le Nord.

III) Entre tensions et nouvelles détentes : la fin de la guerre froide (1975-1989)

A) La guerre fraiche

Au milieu années 70 les USA sont affaiblis par la crise économique (le choc pétrolier), par la défaite du Vietnam et par le scandale du Water Gate qui a poussé Nickson a démissionner.
De 1976 à 1980 les USA sont dirigés par Carter qui mène une politique de dialogue avec l’URSS.
Or Brejnev, qui dirige l’URSS, veut profiter de la situation pour mener à nouveau une politique d’expansion du communisme. Ainsi quelques états deviennent communistes (Angola, Mozambique, anciennes colonies portugaises). Et à partir de 1979 le Nicaragua le devient également, dirigé par le révolutionnaire communiste Daniel Ortega, c’est pays situé tout près du canal de Panama, ce qui gêne les américains.
En décembre 1979 l’armée rouge pénètre en Afghanistan mais se heurtent à une résistance farouche, on appelle cela le bourbier afghan.

La menace soviétique se manifeste aussi en Europe, l’URSS déploie en Pologne et en Tchécoslovaquie des missiles SS20 qui menacent directement les grandes villes d’Europe de l’Ouest.
Carter réagit mollement, les USA boycottent les JO de Moscou en 1980.
En 1980 le républicain Ronald Reagan est élu très largement avec un slogan simple « America is back ». Il applique une politique libérale mais il augmente le budget militaire pour lutter contre « l’empire du mal ».
De nouvelles armes sont inventées, comme les avions furtifs, et les USA essaient de développer un projet étonnant, le projet Star Wars (IDS initiative de défense stratégique).
Les USA installent également des missiles Pershing aux Pays-Bas et en RFA pour contrebalancer les ss20.
Reggan aide également tous les mouvements qui luttent contre le communisme et l’URSS, par exemple les afghans du commandant Massoud.
Reagan réussit à persuader le roi d’Arabie d’augmenter la production de pétrole pour faire baisser le prix et ainsi appauvrir l’URSS.
Enfin à la suit de l’affaire Farewell, le réseau d’espionnage soviétique à l’étranger est démantelé.

B) La 2e détente (1985-1991)

Gorbatchev arrive à la tête du parti communiste et de l’état en 1985 et constate très vite que la course à l’armement coûte très cher au pays et qu’elle se fait au détriment du confort de la population.
En avril 1986 la centrale de Tchernobyl explose et on se rend compte que les pouvoirs publics sont dépassés, on comprend qu’il faut tout changer.
Du point de vue intérieur il lance deux réformes : la Perestroïka qui est une restructuration économique, et la Glasnost « transparence », qui bouleverse vie politique (elle abolit censure, autorise d’autres partis politiques, les prisonniers des goulags sont libérés).
Pour l’étranger, il arrête d’aider tous les pays communistes du tiers-monde, il retire armée rouge d’Afghanistan, et Gorbatchev dit aux pays d’Europe de l’Est qu’ils peuvent suivre leur propre chemin.
Reagan encourage le mouvement, en 1987 il voyage à Berlin Ouest et il dit « Mr. Gorbatchev, faites tomber ce mur! ».

Les peuples d’Europe de l’Est profitent de ce contexte pour manifester pacifiquement entre avril-décembre 1989, au cours de l’automne des peuples, et des états comme la Pologne ou la Hongrie retrouvent la démocratie, le pluralisme et la liberté.
L’événement le plus marquant est la nuit du 9 novembre 1989 quand le pouvoir Est Allemand décide d’ouvrir des brèches dans le mur.
En décembre 1989, Bush et Gorbatchev se rencontrent à Malte et déclarent que la guerre froide est finie.
En 1991 l’URSS cesse d’exister et fait place à 15 états indépendant dont la Russie, l’Ukraine, l’Arménie…

Chapitre 4 – La guerre froide

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