Entre 1776, date de la naissance des USA, et 1822, date de l’indépendance du Brésil, les européens ont abandonné presque toutes leurs colonies en Amérique. Mais à partir de la révolution industrielle certains pays comme la France et l’UK ont désormais une puissance économique et technologique qui leur permet de conquérir toute l’Afrique et une bonne partie de l’Asie. Mais au lendemain de la Seconde guerre Mondiale le système colonial vole en éclat et de nouveaux états comme le Sénégal ou la Malaisie sont créés dans les années 50 et 60 essentiellement.

La colo peut-elle être assimilée à une simple exploitation des hommes et des territoires colonisés ? Quels sont facteurs qui ont permis arrivée du « soleil des indépendances » ?

I) L’Europe à la conquête du monde

A) Les motivations des colonisateurs

En mars 1885 Jules Ferry explique l’intérêt de la colonisation :
– les colonies fournissent des débouchés et surtout des ressources comme le caoutchouc en Indonésie, le coton en Inde, l’or en Afrique du Sud, des produits tropicaux
– existe pour Ferry un devoir pour les « races dites supérieures » et donc un droit, celui de civiliser les races dites inférieures. L’écrivain anglais Kipling parle lui du « fardeau de l’homme blanc », ceci témoigne d’une vision paternaliste (il n’a rien contre les noirs mais il les voit comme enfants) souvent raciste.
– la colonisation a aussi des objectifs géopolitiques ; elle peut fournir soldats, des bases comme celles que l’UK utilise entre leur pays et les indes, et surtout elles accroissent le prestige politique d’un état.

En 1890 le nouvel empereur allemand Guillaume II lance la Welkpolitik (politique mondiale) et le chancelier Von Bülow affirme : l’Allemagne veut aussi une place au soleil.

Il existe d’autres motifs que les motifs étatiques, comme :
– la curiosité de certains explorateurs financés par des sociétés de géographie comme Richard Burton , un anglais qui cherche les sources du Nil, ou Savorgan de Brazza qui remonte le fleuve Congo
– les églises encouragent le mouvement pour évangéliser les populations africaines, le Vatican créé pour cela ordre spécial composé de missionnaires

B) Le partage colonial

La colonisation progresse très vite après 1870, à partir de points que les européens avaient établis sur les côtes. Mais cela provoque des tensions entre les grandes puissances coloniales et donc des guerres.
C’est pour ça que se réunit la conférence de Berlin en 1885, qui a pour but de découper le continent et de mettre fin à la « mêlée pour l’Afrique ».
Ainsi, les conflits entre européens peuvent être maîtrisés en utilisant les territoires comme monnaie d’échange. Par exemple en 1911 la France cède au Cameroun allemand une partie du Gabon en échange de quoi les allemands ne s’occupent plus de la présence Française au Maroc.
En 1914 l’empire britannique est le plus étendu avec environ 400 millions d’habitants et 30 millions de km². Il comprend des terres de tous les continents : la Jamaïque en Amérique, l’Australie en Océanie, les Indes en Asie, et une grande partie de l’Afrique « du Caire au Cap » en passant par le Kenya.
La France suit avec 50 millions d’habitants en Indochine et surtout en Afrique avec le Maghreb l’AOF (Afrique Occidentale Française), l’AEF (Afrique Equatoriale Française) et Madagascar.
Il existe ensuite 6 autres empires plus petits :
– Portugal : Angola, Mozambique
– Belgique : Congo belge
– Pays-Bas : Indonésie, Surinam
– Allemagne : Togo, Cameroun, Namibie, Tanzanie
– Italie : Somalie, Lybie
On remarque qu’une grande partie de l’Asie reste indépendante, c’est le cas de la Chine, de l’Iran et de la Thaïlande.
Par contre toute l’Afrique est colonisée à l’exception du Liberia et de l’Ethiopie

C) Des résistants à la colonisation

Dès le départ la colonisation rencontre des opposants en métropole ou dans les colonies :
– En France une partie de la droite critique le coût de la colonisation et préférerai qu’on s’occupe de l’Alsace-Moselle. A gauche, Clemenceau critique le concept de hiérarchie des races et dit : « Justifier la colonisation par la morale c’est ajouter l’hypocrisie à la violence ».
– Sur le terrain les européens se heurtent à des résistances : l’empereur Ménélik II d’Ethiopie réussit à battre les italiens a Adoua et empêche la conquête de son pays. Dans d’autre cas les indigènes résistent farouchement mais c’est vain, par exemple au bénin où les femmes soldats amazones se battent contre les Français avant de céder. Les britanniques ont eu beaucoup de mal à vaincre les Maoris en Nouvelle-Zélande et les Zoulous en Afrique du Sud car ceux-ci défendaient un grand empire fondé au début du 19e siècle par grand guerrier : Chaka Zoulou.

Une fois la résistance vaincue, les opposants à la colonisation se font entendre à nouveau après la Première Guerre Mondiale.
A cette époque la France et l’UK sont affaiblis et les soldats coloniaux qui ont combattu en Europe ont bien vu les faiblesses de la civilisation européenne.
Aux arguments nationalistes s’ajoutent des arguments idéologiques portés par les communistes. Dans les années 30 le PCF critique la colonisation, assimilée à l’exploitation, et dans les colonies de nouveaux leaders émergent, comme le vietnamien communiste Ho Chi Minh, qui en 54 devient Président du Nord Vietnam.
Mais dans les métropoles l’opinion publique reste plutôt favorable à la colonisation comme le montre l’Exposition Coloniale à Paris en 1931 qui a rassemblé 8 millions de visiteurs.

II) Le système colonial

A) Etude de cas : le chemin de fer Congo-Océan

En 1921 le gouverneur du Congo Français décide de construire un chemin de fer entre Brazzaville et Pointe Noire pour amener le caoutchouc et l’ivoire vers le littoral puis vers la France car le fleuve Congo passe en territoire belge.
Les congolais périssent par milliers sur ce chantier très dangereux, dans le cadre du travail forcé qui s’apparente à l’esclavage.
les travailleurs n’ont aucun droit, et le chemin de fer ne leur sera d’aucune utilité.
Il faut attendre l’intervention du journaliste Albert Londres et de l’écrivain André Gide pour mettre fin au scandale.

B) Le système britannique

Globalement brits mettent en place syst appelé Association cad ils laissent indigènes s’occuper autant que possible affaires courantes.
Ex en inde maharadjahs administrent encore vastes territoirs.
Cela permet économiser argent puisque présence brit se résume quelques soldats, ingénieurs, gouverneurs.
Mais habs ont presque aucune chance obtenir nationalité brit > sont donc dans état de sujétion poli.
Mais existe 4 cas particuliés, dominions : canada, afrique sud, australie, nv zel. Habs blancs de ces régions sont très nbrx et ont mêmes droits libertés indiv que brits , ces territoires deviennent + en + autonomes et élisent propre assemblée
1931 avec vote des statuts de Westminster ils deviennent indépendants.

C) Le système colonial français

La France domine trois types de territoires :
– L’Algérie est composée de trois départements et en 1930 les musulmans représentent 80% de la population (arabes et kabyles) mais seuls les 20% restants (les gens d’origine européenne ou juive) ont les même droits que les français de métropole
– Le Maroc et la Tunisie sont des protectorats c’est à dire des territoires qui gardent en théorie leur propre administration, par exemple le Maroc garde son sultan. Mais les affaires importantes sont gérées par le gouvernement français, par exemple dans les années 20 le maréchal Lyautey.
– Les autres territoires sont des colonies classiques dirigées par un gouverneur, sans droits pour les indigènes

La France a un projet : l’assimilation, on considère que la France va instruire les colonies et former une élite à qui on va donner la citoyenneté française, ce sont les évolués. Par exemple en 1914 Blaise Diagne devient le premier noir africain élu à l’Assemblée Nationale. Dans les années 30 Léopold Sédar Senghor, le futur Président du Sénégal, est admis à Normal Sup et reçu premier à l’agrégation de lettres devant son ami intime, Georges Pompidou.
Certains soldats africains décorés pendant la Première Guerre Mondiale reçoivent aussi la nationalité française.
Le projet Blum-Violette prévoyait de donner la citoyenneté française à une grande partie de la population Algérienne. Ce projet d’assimilation a été refusé par les français d’Algérie et n’a concerné qu’une minorité faible de colonisés, car la plupart des français gardent une attitude assez méprisante à leur égare comme le montre l’affaire des kanaks à l’Exposition Universelle de 1931.

D) Un crime contre l’humanité ?

La colonisation constitue une spoliation car les colonisés sont privés du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les ressources de leur pays ne leur profitent pas ou très peu et sont détournées non pas par les états colonisateurs mais par des firmes privées comme la compagnie belge Unilever.
Dans certains cas la colonisation se traduit par des crimes contre l’humanité comme en Namibie en 1900-1903 où les allemands ont presque totalement exterminés les Herreros.
Le Congo belge a été à une époque la propriété personnelle du roi belge Léopold qui a autorisé les compagnies à procéder à la mutilation des indigènes qui ne travaillaient pas assez vite ou se rebellaient (on leur coupait les mains).

Mais les européens amènent aussi leurs compétences en matière de médecine par exemple le docteur Schweitzer qui fait des recherches sur la lèpre dans le Gabon actuel.
La France met aussi l’accent sur éducation afin de former les évolues, une élite parmi laquelle figurine le futur président du Sénégal Sédar Senghor.

 

III) Le temps des indépendances

A) Un contexte nouveau

En 1945, la France, l’UK mais aussi les Pays-Bas et la Belgique sont très affaiblis par rapport à 1939 et ont perdu de leur prestige. Churchill et De Gaulle ont fait de vagues promesses, l’UK aux indiens en 1942 et la France aux africains en 1944 afin d’entamer des négociations une fois la guerre terminée. Les USA, ancienne colonie, sont par principe contre la colonisation, également condamnée par l’URSS. L’ONU condamne également la colonisation puisque les pays colonisateurs y sont très minoritaires, et que dès qu’un pays devient indépendant il soutient les mouvements indépendantistes des autres pays.

Enfin, en Afrique et en Asie, il existe des mouvements structurés qui réclament l’indépendance, unis autour d’un chef, par exemple en Tunisie Mr. Bourguiba dirige un parti appelé Néo Destour, et en Inde on peut compter sur deux dirigeants majeurs : Gandhu et Nehru dirigent un parti du congrès qui organise régulièrement des campagnes de désobéissance civile.

B) Les indépendances en Asie : l’exemple de l’Inde

Après la WW2, le premier ministre britannique Mr. Atlee décide d’engager les négociations avec les indépendantistes indiens. Le Vice-Roi des Indes, Lord Moutbatten, réunit les leaders hindous et le chef de la Ligue Musulmane, Mr. Jinnah. Deux options sont possibles : une Inde dans laquelle vivrait les deux communautés, ou alors une partition en deux Etats : d’une part l’Union Indienne, surtout peuplée par les hindous, et le Pakistan, essentiellement habité par des musulmans.

Le 15 août 1947, date de l’indépendance, c’est cette seconde solution qui est adoptée. Mais cela entraîne des déplacements de population de l’ordre de 15 millions de personnes, ainsi que des violences religieuses qui font 500 000 morts. Gandhi lui-même est assassiné en 1948 par des personnes qui lui reprochent d’avoir perdu le Pakistan. Et depuis la situation entre les deux états reste très tendue, surtout au sujet de la région du Cachemire.

Les autres pays d’Asie accèdent eux aussi à l’indépendance, souvent à la suite de troubles voire de guerres :
– Indonésie (Pays-bas) 1949
– Indochine (France) 1954 à la suite d’une guerre de 7 ans qui a abouti à la création de 4 états : Nord-Vietnam et Sud-Vietnam (qui fusionneront plus tard), Laos, Cambodge.
– Malaisie (UK) 1960

C) L’indépendance des Etats africains

Globalement, en Afrique, l’indépendance des colonies britanniques se fait de façon assez pacifique entre 1956 et 1966.

Pour la France, le Maroc et la Tunisie deviennent indépendants en 1956 à la suite de troubles, alors que l’indépendance de l’AEF, l’AOF et Madagascar se fait de façon assez pacifique, ce qui aboutit à la création de nouveaux états comme le Sénégal et le Cameroun.

La situation de l’Algérie est évidemment bien différente puisqu’elle est constituée de trois départements dans lesquels vivent un million de français. Dès le 8 mai 1945, des émeutes nationalistes éclatent à Sétif et elles sont durement réprimées par l’armé française, qui rétablit le calme pour environ 10 ans.
Le 1er mars 1954, un nouveau groupe indépendantiste, le FLN, front de libération national, organise une vague d’attentats anti-français, c’est la Toussaint Rouge. Le gouvernement, dirigé par Pierre Mendès France, avec François Mitterand comme Ministre de l’Intérieur, situé au centre gauche, réagit avec fermeté et se montre hostile à toute négociation.

Comme les troubles persistent, en 1956 le gouvernement socialiste de Guy Mollet décide d’envoyer en Algérie les soldats du contingent (qui font leur service militaire) : les jeunes qui font leur service militaire en Algérie : les jeunes qui font leur service militaire en Algérie le font pour une durée de 24 mois. Sur place, l’armée, dirigée par le général Massu, reçoit les pleins pouvoirs pour restaurer l’ordre, ce qu’elle arrive à faire à Alger et dans les grandes villes.

Mais les opinions publiques se fracturent pendant cette « guerre sans nom » (car le gouvernement n’a jamais parlé de guerre). L’opinion publique française évolue assez rapidement : la droite (voir l’extrême droite) l’armée et les pieds-noirs restent favorables à l’Algérie française, alors qu’en France métropolitaine, beaucoup changent d’avis face à la violence du conflit. En effet, une partie de l’armée française utilise la torture et cette pratique est dénoncée par des intellectuels français comme Françoise Sagan.

Face à la violence de ces événements, les français de métropole sont de plus en plus hostiles à la guerre, et au printemps 1958 le chef du gouvernement Pfimlin évoque pour les algériens une possibilité d’auto-détermination. L’armé française prépare alors un coup d’état en mai 1958 pour afin de garder l’Algérie française. Pour éviter une guerre civile, le président Cotty nomme alors De Gaulle à la tête du gouvernement. Celui-ci se rend en Algérie, rassurer les pieds-noirs, mais il comprend très vite que la France devra abandonner l’Algérie. Il évoque de nouveau l’auto-détermination en mars 1961 : cette fois les français de France y sont presque tous favorables, et la majeur partie de l’armée française aussi. Par contre, les pieds-noirs et une partie de l’armée n’acceptent pas cette situation : en avril 1961 ils tentent à Alger un putsch qui échoue. Les plus radicaux créent alors un groupe terroriste, l’OAS (organisation armée secrète) qui veut tuer De Gaulle.

En Algérie aussi, les musulmans sont divisés : une partie d’entre eux, les harkis, restent partisans de l’Algérie française, et sont particulièrement visés par le FLN.

Finalement, en mars 1962, le gouvernement français et le FLN signent les accords d’Evian qui prévoient l’arrête des combats et l’organisation d’un référendum pour l’indépendance, en Algérie le 1er juillet. Les pieds-noirs comprennent alors que le choix est simple : la valise ou le cercueil, un million d’entre eux rentrent alors en France, presque sans aucuns biens. Le 2 juillet, les résultats du référendum tombent, et le 3 juillet l’Algérie proclame son indépendance et Mr. Ben Bella est choisi pour être le premier président. Cette indépendance est proclamée dans la violence car plusieurs de dizaines de milliers d’harkis sont massacrés.

D’autres indépendances se sont déroulées dans la violence : celle du Congo Belge en 1960 qui s’est transformé en guerre civile et celle de l’Angola et du Mozambique, colonies portugaises, qui ne se déroulent qu’en 1974.

Chapitre 5 – De la colonisation au temps des indépendances

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