A. Des groupes sociaux aux catégories statistiques

1. A quelle condition peut-on parler d’un groupe social ?

Un groupe social, c’est plus qu’une somme d’individus avec situation commune (file…). Cela regroupe trois conditions :

  • situation commune et caractéristiques similaires
  • interactions et relations sociales entre les individus du groupe (critère objectif de Merton)
  • sentiment commun d’appartenance : les individus se reconnaissent et sont reconnus comme membres du groupe (critère subjectif)

2. Quelle est la différence entre une catégorie statistique (ex PCS) et groupe social ?

  • Une catégorie statistique peut désigner groupe latent (situation commune et similitudes, intérêts communs).
  • Ce groupe latent devient un groupe d’intérêt manifeste quand il y a prise de conscience de leur intérêt commun.
  • Ce groupe d’intérêt manifeste devient un groupe social quand les membres prennent conscience de leurs intérêts communs ET interagissent entre eux.

Les ont été PCS créées par Jean Porte en 1954, et remaniées en 1982 puis en 2003. Elles sont des catégories statistiques nominales : les individus sont caractérisés par une homogénéité sociale (caractères communs mesurables) qui va leur faire adopter, en moyenne, les mêmes comportements. La nomenclature basée sur statut juridique, métiers, revenus…afin de former 6 groupes.

Tendances actuelles : baisse numérique de la classe des ouvriers, augmentation de celles des professions intermédiaires, pour le moment les employés sont les plus nombreux mais les professions intermédiaires seront peut-être bientôt devant. Les PCS sont un système spécifique français, qui a connu un fort succès. Les identification et interactions entre individus ont rapprochés les PCS du statut de groupe social, mais ce phénomène est en baisse en baisse depuis 2010 au profit nouveaux groupes latents (étrangers français, jeunes retraités, urbains péri ruraux…)


B. La diversité des groupes possibles et la structuration de la société

1. Groupes primaires et secondaires

On peut distinguer deux types de groupes :

  • Les groupes primaires : de petite taille, on y a des relations interpersonnelles fortes, répétées, directes et intimes. Les règles y sont implicites informelles, on y trouve une forte cohésion sociale, un sentiment d’unité du tout, de la solidarité, une identité collective, une transmission de normes et de valeurs.
  • Les groupes secondaires : groupes plus large, avec des relations plus superficielles et moins intimes. Pour avoir des objectifs communs, ces groupes ont besoin de règles formelles. Ils n’ont pas les mêmes rôles, mode de fonctionnement, degré de cohésion.

2. La stratification sociale

Selon Weber, les groupes sociaux disposent d’une quantité inégale ressources (économiques, genre de vie, pouvoir, prestige social) selon la valorisation, hiérarchisation sociale. Certains groupe sociaux sont plus fondamentaux que d’autres (ouvriers par rapport aux joueurs échecs), c’est une question d’enjeu social. Marx considère que les groupes sont les ouvriers/bourgeois et pense que les ouvriers doivent se révolter. Ces groupe sociaux en hiérarchie sociale forment stratification sociale. S’il sont fermés, qu’il n’y pas de mobilité social possible, ce sont des castes, comme en Inde.


C. La diversité des liens et sentiments d’appartenances

1. Les liens à l’intérieur du groupe social

Les liens dans le groupe social sont de différentes natures : directs ou indirect (intermédiaire, impôts/aides) économiques, civique, interpersonnels, de solidarité.

Quatre formes de liens s’entrecroisent et apportent la protection (compter sur, solidarité) et la reconnaissance (compter pour, construction de l’identité) :

  • lien de filiation (parent, enfant)
  • lien de participation élective (ami, conjoint, association, qui sont un support important)
  • lien de participation organique (travail, syndicat, parti)
  • lien de citoyenneté (pays, droits, devoirs)

Avoir ces 4 liens garantit l’intégration sociale de l’individu (sentiment d’appartenance, de solidarité, interactions fréquentes). Les liens s’entrecroisent, on peut par exemple faire d’un collègue un ami.

2. La conscience d’appartenance

« Se sentir ». Son développement s’explique par la socialisation. Ensuite, le groupe d’appartenance va influencer les comportements sociaux, et développer une identité sociale (chacun se socialise et adhère à des normes et des valeurs qui vont influencer son comportement).

Au 20e siècle Simmel observe une diversification des appartenances : une individu appartient à plusieurs groupes, il va donc adopter plusieurs rôles différents. A lier à la socialisation anticipatrice.

D. Les réseaux sociaux : une forme de coordination et de sociabilité

1. Préalable : rappel sur l’approche sociologique

On constate deux approches sociologiques de base, et une 3e qui s’est développée avec la sociologie des réseaux sociaux :

  • Holisme : partir du tout pour expliquer les comportements individuels, explique des faits sociaux par d’autres faits sociaux
  • Individualisme : partir des actions de l’individus pour expliquer la société
  • Interactionnisme : s’intéresse aux relations pour faire le lien entre analyse individuelle et groupe, diversité et multiplication des liens individuels amènent à la société, une réalité collective contraignante

2. Le réseau social : des acteurs reliés

Réseau social : ensemble d’acteurs reliés par des relations ou des interactions sociales plus ou moins fortes et fréquentes, physiques ou virtuelles. Ce qui compte le plus sont critères d’appartenance relationnels (groupes formels ou informels), et le moins les critères démographiques (âge, classe, …). Sociabilité : forme et intensité de l’ensemble des relations sociales compte tenu de la forme et de la force des liens (critères de sociabilité : respect de l’interlocuteur, prise de parole, capacité d’amitié, capacité à tenir une conversation). Tous les individus sont plus ou moins reliés et on mesure cela avec un sociogramme. Les réseaux sociaux comme Facebook et twister ne sont qu’une « variante » de réseaux sociaux. De plus, l’expérience de Milgram sur le petit monde démontre que nous sommes tous entre 4 et 6 degrés (personnes) les uns des autres.

3. Sociologie des réseaux

Le développement d’outils spécifiques a permis de mesurer et de visualiser les réseaux. Le sociogramme, inventé en 1933 par Moreno, montre quels individus les autres individus préfèrent ou rejettent.

On observe plusieurs types de formations grâce aux sociogrammes :

  • des relations en dyade, triade
  • des relations unilatérales soit des chaînes
  • la formation de groupes isolés qui sont des cliques fermées
  • des trous structuraux, le fait qu’il n’y ait pas de relations entre B et C, qui sont reliés par A dans la tryade. C’est un avantage de capital social pour A car il peut faire circuler l’information ou identifier une compétence et procéder à la mise en relation avec l’individu qui en a besoin. C’est d’autant plus vrai si B et C sont des groupes (s’engage pour ces mécanismes le critère de la confiance en A).

On aboutit à la conclusion du statut sociométrique de l’individu (est-il isolé, meneur ?).  Les réseaux en économie : loi de Metcalfe (la croissance du réseau est exponentielle car plus il y a de gens sur un réseau et plus les gens y viennet, effet de réseau croisé + « L’utilité d’un réseau est proportionnelle au carré du nombre de ses utilisateurs. ») qui favorise les monopoles (comme Facebook ou blablacar)

4. Le réseau social, source de capital social

Pour mobiliser une relation sous forme de capital social, il faut passer par plusieurs étapes : avoir une relation faible ou forte > notre relation a la ressource mobilisable en sa possession > elle a une volonté de nous aider > cela permet la réalisation de l’objectif.

Pour Bourdieu, le capital social est un carnet d’adresse, un ensemble ressources potentiellement mobilisables car on appartient à des groupes ou on a des relations, on nous doit des services etc. Cela facilite grandement insertion sociale et socioprofessionnelle (ouvre de portes et fait la différence). On observe par exemple la création de réseaux d’anciens élèves, réseau social efficace développé par les grandes écoles, ils deviennent un facteur d’attractivité important.

La valeur de notre capital social est proportionnelle/dépend de :

  • notre nombre de liens (accumulation du capital)
  • notre position dans le réseau (trous structuraux), à
  • la valeur de l’engagent réciproque
  • des dettes de services
  • de l’héritage. Selon Bourdieu le capital social est hérité de nos parents, tous les individus n’ont pas le même au départ (différences de capital symbolique), et cela créé des inégalité d’accès aux positions sociales valorisées.

Le capital social suppose un investissement (en temps, argent, effort) mais il est rentable pour arriver a réaliser des fins individuelles ou collectives. L’accumulation de contacts ne suffit pas, il faut aussi les mobiliser pour que l’autre, s’il a la ressource, accepte de nous aider. Il faut donc accumuler le capital social et le mobiliser.


E. Les réseaux et la recherche d’emploi : la force des liens faibles

1. La distinction liens forts – liens faibles

La force du lien se mesure de façon approximative grâce à :

  • la fréquence des relations
  • l’intensité des émotions
  • le degré d’intimité,
  • quantité services réciproques

Il y a une forte probabilité de liens forts entre des gens similaires. Les liens forts sont souvent notre famille, nos vrais amis (on en a peu, mais ce sont des amis sur qui on peut compter). Les adolescents, avec la fréquences de leurs messages, prouvent qu’ils ont besoin de constamment vérifier, valider le lien, de mesurer de la force de relation  grâce par exemple à la disponibilité. C’est une preuve que le lien est faible, car on ne ressent pas ce besoin dans un lien fort. Granovetter affirme que la conséquence des liens fort est l’éclatement de la société en sous-groupes où on se cantonne (en temps).

2. L’impact des liens faibles pour l’insertion socioprofessionnelle

Le liens faibles sont des ponts vers des réseaux extérieurs (reprise des trous structuraux). C’est une autre forme de ressource utile pour notre insertion socioprofessionnelle, dans laquelle il faut savoir aller au delà des liens forts car cela nous apporte des informations nouvelles, que nos proches ne connaissent pas (bien souvent on connait déjà toutes les informations détenues par nos proches). C’est bon pour l’employeur et pour le candidat (économie de temps).

Les réseaux sociaux permettent de développer plus de liens faibles, et le web démultiplie les possibilités. Il est important de se constituer une identité numérique pertinente et d’accumuler liens faibles pour faciliter son insertion plus tard. Il faut activer épisodiquement ces liens (anniversaires). Important aussi pour GAFA, machine learning, enjeu économique, si c’est gratuit c’est toi le produit, économie de plateforme/biface.

Cependant, les réseaux sociaux pourraient être une menace pour les relations réelles en face à face. Dans un sens oui car ils ont un impact négatif sur la cohésion sociale, mais dans un autre sens non car c’st une nouvelle forme de socialisation, plus on s’appelle plus on se voit, mais les algo nous font rester dans bulle de préférence qui augm risques conformisme, manipulation contexte fake news.

Chapitre 6 – Groupes et réseaux sociaux

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