Tous les cours dans Géographie Terminale

Leçon 3 : Le continent Africain

afrique sahara ressources

Thème 1 leçon 3 : Le continent Africain : défis du développement et intégration dans la mondialisation

I. Etude de cas : le Sahara, ressources et conflits

Introduction

Le plus grand désert du monde : 8.5 millions de km² pour 10 millions d’habitants.  Ses 3 000 km de profondeur séparent l’Afrique méditerranéenne de l’Afrique subsaharienne. Délaissée à l’époque coloniale, suscite les convoitises depuis la découverte des gisements de gaz et de pétrole. Mais ces ressources inégalement réparties entre les 10 états concernés ne profitent guère aux Sahariens, mais plutôt aux dirigeants de ces pays ou à des FTN étrangères. Région devenue stratégique grâce à ses hydrocarbures, le Sahara est aussi un espace animé par de nombreux flux migratoires et déstabilisé par la présence de groupes islamistes.

Quels sont les enjeux géostratégiques du Sahara ? Quelles politiques adopter pour permettre une meilleure intégration dans la mondialisation ?

A. Un espace aride mais non dénué de ressources

1. Une région aride à l’activité économique limitée

Le Sahara se caractérise par son extrême aridité : les précipitations y sont inférieures à 100 mm d’eau par an et par m² (moins de 50 dans les zones hyperarides), et ce chiffre atteint à peine 200 mm dans la région du Sahel. Le désert naît de la permanence d’un puissant anticyclone qui bloque les précipitations. Depuis 1900, le Sahara a progressé vers le sud de 250 km et ce sur un front qui en fait plus de 6 000 km. C’est ainsi que la steppe du Sahel connaît un dessèchement relativement brutal. Néanmoins, la décennie qui suit l’année 2000 a connu un reverdissement dans le Sahel. Ce climat aride rend la présence humaine difficile en dehors des oasis (1/1 000e de la surface du Sahara) d’autant que les contrastes thermiques sont très importants (38°C en été, 8°C en hiver). En contrepoids à ces fortes contraintes, le Sahara offre aussi d’importantes ressources.

L’activité économique se limitait autrefois donc à une agriculture cantonnée aux rives du Niger et surtout du Nil (dattes, oranges…), et à quelques oasis, comme celui de Djanet, animés par du commerce caravanier.

Au Moyen-âge, le Sahara connaît un important commerce caravanier entre la côté méditerranéenne et l’Afrique noire. Mais, avec le développement du commerce maritime à partir du XVIe
siècle et la colonisation européenne au XIXe, cet espace se trouve marginalisé. Pourtant, il constitue aujourd’hui un enjeu international et un espace de compétition voire de conflits.

2. La découverte de nouvelles ressources

Depuis la seconde guerre mondiale, la découverte de gaz (Algérie), de pétrole (Libye, Soudan), de fer (Mauritanie), d’uranium (Niger) et de phosphate (Maroc) a transformé ces régions, favorisant l’essor de villes comme Hassi Messaoud. La présence de nappes d’eau fossiles permet aussi de développer l’agriculture irriguée.  Ces richesses suscitent des convoitises de la part des firmes et des Etats étrangers (Etats-Unis, Etats européens, Chine) qui se disputent l’exploitation des ressources minières avec les Etat locaux.

Certains endroits sont propices au tourisme (vallée des rois en Égypte, oasis de Tozeur du Sud de la Tunisie) et notamment au tourisme d’aventure pour des populations à fort pouvoir d’achat qui recherche des « espace de sérénité ».

Mais l’exploitation des ressources reste complexe en raison des contraintes physiques. Il faut maîtriser l’accès à l’eau dans les lieux d’extraction et relier ces gisements aux foyers de consommation qui sont relativement éloignés (Europe, Amérique du Nord, Asie). Se pose aussi le problème de la durabilité de ces ressources (épuisement des nappes aquifères et des énergies fossiles, pollution). Enfin, l’insécurité de la région limite le développement régional.

B. Un espace de circulation, occupé par l’homme

1. Les infrastructures de circulation

Une fois indépendants, les états du Sahara ont donc construit des infrastructures pour intégrer les régions désertiques au reste du territoire et pour faciliter l’exportation des matières premières. Les routes et voies ferrées restent rares malgré l’existence de la Transsaharienne qui relie Alger à Lagos (Nigeria) mais les oléoducs et gazoducs permettent d’acheminer les hydrocarbures vers des ports pétroliers (Port Soudan) ou méthaniers (Arzew en Algérie).

2. Des flux nord-sud et sud-nord

La Sahara est surtout traversé par des flux reliant le Maghreb et le Sahel : dans le sens Nord-Sud transitent des agrumes, du textile, des hydrocarbures et des armes. Dans le sens Sud-Nord, du bétail, des arachides, de la drogue (cocaïne sud-américaine qui passe par la Guinée-Bissau) et des migrants venus du Soudan, du Mali, d’Erythrée qui désirent atteindre les côtes avant d’embarquer vers l’UE.

3. Un espace occupé par l’homme

Le Sahara est peuplé de plus de 7 millions d’habitants. Il a connu une forte croissance démographique depuis les années 1950, surtout dans sa partie nord. Cette augmentation se traduit d’ailleurs par le développement de l’urbanisation. Dans la plupart des régions, les taux d’urbanisation atteignent 80% et les villes s’étendent pour constituer des réseaux urbains transfrontaliers : anciennes oasis, cités minières, pôles de croissance sous l’effet des migrations et des échanges transsahariens. Le Sahara a une fonction de transit pour les migrants qui cherchent à gagner l’Europe.

L’urbanisation, le développement de l’agriculture, l’implantation d’activités attractives sont des signes de développement mais entraînent aussi des conflits d’usages qui peuvent devenir des conflits armés. Le Sahara ne constitue pas un ensemble homogène mais son occupation humaine se renforce ce qui permet une meilleure exploitation de la région mais aussi le développement de tensions entre ces populations.

C. Un espace de tension

1. Des tensions surtout internes

Il existe certes des tensions récurrentes entre le Maroc et l’Algérie mais les tensions et conflits sont avant tout internes et ont parfois une origine ancienne : opposition entre éleveurs nomades et agriculteurs sédentaires, entre populations arabes et noires (Mali, Soudan…) entre musulmans et chrétiens. Les populations du Sud et du Nord, à l’intérieur des Etats du sud-Sahara (Tchad, Soudan, Mali) s’affrontent donc en raison des différences de modes de vie, de pratiques religieuses ou d’organisations sociales. Ainsi au Mali, les Touaregs, peuple nomade (arabe, « les hommes bleus ») s’opposent au pouvoir central de Bamako (noirs). Au Soudan, les arabes ont persécuté les populations noires du Darfour, et donc ces tensions entre musulmans du nord et chrétiens du sud ont abouti en 2012 à la partition du pays et à la création d’un Sud Soudan indépendant. Les conflits peuvent entraîner des mouvements de populations réfugiées (entre le Soudan et le Tchad).

2. La question des frontières et du Sahara occidental

Le Sahara, découpé entre dix Etats indépendants, est le théâtre de nombreux conflits internes qui tirent leur origine de la question des frontières. En effet, celles-ci ont été fixées par les puissances européennes lors de la conquête coloniale et ne tiennent pas toujours compte des réalités humaines. Ce découpage a été confirmé, dans les années 1960, par l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) mais il est aujourd’hui source de contestation entre Etats et entre populations locales. Ainsi, des Etats peuvent s’opposer pour le contrôle d’un territoire, en particulier si celui-ci dispose de ressources naturelles : la question du Sahara occidental reste posée : en 1976 le Maroc a annexé cette ancienne colonie espagnole (abandonnée après la mort de Franco) et depuis les habitants appelés Sahraouis réclament leur indépendance et se sont organisés au sein du Polisario.

3. La présence de groupes islamistes

Enfin, la question la plus sensible concerne la présence de groupes islamistes. A la fin des années 90 ces groupes originaires d’Algérie se sont ralliés à Al Quaïda pour former l’AQMI et ils ont profité de la chute du régime de Kadhafi en Lybie en 2011 pour se fournir en armes (le Printemps arabe a donc contribué à déstabiliser les territoires plus au sud, déjà marqués par l’influence d’Aqmi). Certains de ces groupes se sont rattachés à Daesh (ou Etat islamique) et sont présents sur un vaste espace très difficile à sécuriser.

En 2012, les islamistes alliés aux Touaregs ont pris le contrôle du Nord du Mali et de la ville de Tombouctou. En janvier 2013 ils ont essayé de s’emparer du reste du pays et de la capitale Bamaco, mais la France (avec approbation de l’ONU) est intervenue et les a stoppés et dispersés. Depuis l’armée française reste présente au Sahel et essaie de déléguer la surveillance de la région aux armées de Mauritanie, du Niger, du Tchad, du Mali et même le Burkina-Faso. Mais ces états sont pauvres avec un IDH faible (Niger 0.34) et restent tributaires pour leur sécurité de l’aide française et européenne.

Conclusion

Malgré la présence d’hydrocarbures, le Sahara demeure un espace assez marginalisé qui a acquis une importance stratégique nouvelle à cause de l’augmentation des flux migratoires qui le traversent et des menaces exercées par les islamistes. Cette forte instabilité rend difficile le développement du tourisme. La maîtrise de ces problèmes passe par une meilleure coopération avec l’UE mais aussi par la mise en place de régimes plus démocratiques qui permettront l’élévation du niveau de vie local qui, répétons-le, reste faible.

 

II. Le continent africain

Introduction

En février 2012, le groupe automobile français Renault a ouvert sa première usine africaine, qui est en l’occurrence une usine Dacia, à Tanger au Maroc. Cette annonce illustre l’insertion progressive du continent africain dans la mondialisation. En effet, si avec à peine 3% du PIB mondial pour 1 milliard d’habitants répartis sur plus de 30 millions de km², l’Afrique demeure en situation périphérique. Cependant, l’exploitation de ses ressources naturelles, et la lente mais réelle démocratisation de ses états, lui offrent de nouveaux leviers (moyens d’action) pour parfaire son intégration.

Comment l’intégration dans la mondialisation permettra-t-elle de surmonter les défis auxquels l’Afrique est confrontée, en premier lieu la pauvreté, puisque 30% des africains vivent avec moins de 2$ par jour.

A. Entre marginalisation et intégration progressive

1. Des richesses considérables, et un potentiel touristique

Aujourd’hui, les exportations du continent africain représentent 3.5% du total des exportations mondiales. C’est moins qu’en 1950 (7%) mais c’est plus qu’en 1990 (2.5%), car l’essor de la Chine et des pays émergents a provoqué une ruée vers l’Afrique, et certains états se sont insérés dans le commerce mondial uniquement grâce à la vente d’hydrocarbures, de minerais et de pierres précieuses. Par exemple, la Zambie exporte du cuivre, le Botswana des diamants, l’Angola et le Gabon du pétrole, le Ghana de l’or. L’Afrique du Sud profite d’un sous-sol extrêmement riche avec des diamants, du platine et bien sûr de l’or puisque la principale ville du pays, Johannesburg, est surnommé « the city of gold ». Depuis quelques années, un métal fais l’objet de toutes les convoitises, le coltan, qui est entre autre très présent en République démocratique du Congo.

Il existe aussi en Afrique des ressources renouvelables : l’énergie solaire, l’hydroélectricité fournie par des fleuves comme le Zambèze, le bois (grumes) exploité dans le deuxième massif forestier du monde, celui du bassin du Congo. Le sol contient aussi des richesses exploitées par les agriculteurs africains. L’Afrique du Sud produit du blé dans les hauts plateaux, et du vin sur les côtés. Les autres états sont plutôt consacrés à une agriculture de plantations : le cacao au Ghana, le café et le thé au Kenya.

Du point de vue touristique, l’Afrique a du potentiel. On peut en effet observer du tourisme balnéaire au Cap, du tourisme de safari en Afrique du Sud, avec le parc Kruger, au Kenya et en Tanzanie avec le parc du Serengeti.

2. Des infrastructures plus nombreuses

Pour exporter ces matières premières, le continent africain a amélioré / perfectionné ses infrastructures. Jusque-là (2000) les états disposaient de liaisons routières et ferroviaires construites par le colonisateur et peu adaptées au 21e siècle. Les états africains ont donc investi pour adapter leurs ports à la conteneurisation. Les principaux ports sont Durban en Afrique du Sud, Alexandrie en Egypte, Tanger au Maroc, Abidjan en côte d’Ivoire (ouest) et Mombasa au Kenya.

L’Afrique a également fait beaucoup d’efforts concernant la téléphonie et l’accès au numérique. Moins de 10% des africains des africains ont accès au téléphone fixe, mais plus de 60% ont accès à la téléphonie mobile (avec internet).

Par contre, les infrastructures aéroportuaires restent à développer, mais l’Afrique a accompli d’énormes progrès en matière de sécurité aérienne : en 2017, dans le monde, il n’y a eu aucun accident donc aucun accident en Afrique, pour la première fois depuis 1953.

3. Une dépendance croissante ?

D’abord, les économies mono-exportatrices sont très sensibles aux variations des cours. Par exemple, depuis 2010 la demande chinoise en cuivre a diminué, et la Zambie en souffre. Une partie des recettes fournies par ces ressources est détournée par les dirigeants, comme la famille Bongo au Gabon, qui garde l’argent du pétrole. Une autre partie enrichit les FTN étrangères qui dominent des secteurs entiers de l’économie. Par exemple les français d’Areva exploitent l’uranium du Niger, Shell et BP exploitent le pétrole au Nigeria. Le secteur des services connait la même situation puisque les principaux hôtels sont contrôlés par des groupes européens comme le français Accor. L’Afrique compte en effet peu de FTN performantes, à deux exceptions sud-africaines près : Vodacom pour la téléphonie et DeBeers pour les diamants.

La dépendance à l’égard des firmes étrangères concerne bien sûr aussi l’agriculture de plantation. Par exemple, la firme belge Unilever exploite depuis la fin du 19e siècle l’huile de palme au Congo. Aujourd’hui, une nouvelle pratique a fait son apparition : le land-grabbing. La Chine, l’Inde et l’Arabie achètent de grands domaines en Afrique Orientale par exemple en Ethiopie, au Mozambique, sur lesquels ils cultivent des céréales, et du riz, qui sont renvoyés en Chine, en Inde, et en Arabie. Une autre nouveauté concerne le Kenya : des firmes néerlandaises achètent des exploitations horticoles, les fleurs sont envoyées ensuite par avion frigorifique.

Au final, presque tous les secteurs de l’économie africaine sont contrôlés par l’occident. Ces pratiques alimentent l’idée qu’il existe aujourd’hui en Afrique un certain néocolonialisme.

B. L’Afrique face à quatre défis

1. Le défi démographique

Les cinq états les plus peuplés : Nigeria 182M, Ethiopie 90M, Egypte 86M, RDCongo 73M, Afrique du Sud 51M.

L’Afrique est aujourd’hui le continent qui présente la croissance démographique la plus importante. On comptait 1MM d’africains en 2012, on en prévoit 1.5MM en 2030 et 2MM en 2050. En effet, beaucoup d’états d’Afrique n’ont pas encore achevé leur transition démographique. En Afrique du Nord, et surtout en Tunisie (1.9 enfant/femme) la fécondité a fortement diminué. L’Afrique du Sud a un indice également inférieur à 2.5. Mais, par contre, le Kenya est toujours à plus de 4 enfants par femme et le Nigeria à plus de 6. Ceci explique la jeunesse de la population africaine : 40% des habitants d’Afrique Subsaharienne ont moins de 15 ans, et ce chiffre est de 30% en Afrique du Nord.

L’éducation constitue donc un enjeu majeur pour l’Afrique, et la situation en terme d’alphabétisation varie selon les états. Au Gabon, plus de 80% des enfants sont scolarisés. Ce chiffre atteint à peine 30% au Nigeria, et parmi les femmes seulement 15% (donc 45% hommes).

Ensuite, la croissance démographique pose également des problèmes d’aménagement urbain, puisque la croissance de la population favorise l’essor de mégapoles. Les principales sont : Lagos au Nigeria (21M), Le Caire en Egypte (15M), Kinshasa en RDC, Abidjan en Côte d’Ivoire, Johannesburg en Afrique du Sud. En Afrique, le taux d’urbanisation n’est que de 40%, ce qui signifie que l’exode rural va continuer, et que des millions d’Africains risquent de s’entasser dans des bidonvilles comme Kibera à Nairobi au Kenya. Des bidonvilles appelées townships existent aussi en Afrique du Sud, le plus connu d’entre eux se nomme Soweto. Au total, 60% des urbains d’Afrique Subsaharienne vivent dans des bidonvilles.

2. Le défi socio-économique

En Afrique Subsaharienne, 30% des habitants vivent avec moins de 1$ par jour. Cette pauvreté touche presque tous les états de la région car les inégalités restent très marquées, même dans les états les plus riches du continent. Par exemple en Afrique du Sud, le coefficient de Gini est 0.63, ce qui en fait un des pays les plus inégalitaires du monde.

La pauvreté explique donc en partie la faiblesse de l’espérance de vie. La moyenne en Afrique atteint à peine 56 ans. Là aussi il existe de fortes disparités, entre le Mali (52 ans) et le Maroc (73 ans). Certes les maladies infectieuses et parasitaires comme le paludisme, ou la maladie du sommeil, reculent, même s’il reste encore des foyers de peste à Madagascar. Dans les années 1990, le Sida a ravagé l’Afrique Australe (sud du continent) causant la mort de près de 40 millions de personnes, mais aujourd’hui cette épidémie a été contenue. De même, l’épidémie liée au virus Ebola, qui a sévit en 2014-2015 en Afrique de l’Ouest, a été relativement bien contrôlée, grâce aux ONG et à l’ONU (5000 morts).
Mais, on constate en parallèle une augmentation de la mortalité liée au cancer et aux maladies cardio-vasculaires. Par contre, la mortalité infantile, reste très élevée. Au Maroc, ce chiffre atteint 3 pour 1000, et 110 pour 1000 au Mali.

Enfin, il faut non seulement soigner les habitants, mais il faut aussi les nourrir. En Afrique du Nord et en République Sud-Africaine, l’insécurité alimentaire ne constitue plus un problème, mais la sous-alimentation touche entre 30 et 45% de la population dans des états d’Afrique Orientale comme l’Ethiopie, ou dans quelques états d’Afrique équatoriale comme le Congo. Quoi qu’il en soit, le spectre d’une famine de masse semble écarté, la dernière de ce genre ayant eu lieu en Ethiopie en 1983, mais depuis les mécanismes d’aide internationale ont beaucoup progressé.

3. Le défi politique

En Afrique, (comme en Asie d’ailleurs) la démocratie est une idée neuve. Un seul état est resté démocratique depuis le temps des indépendances, le Sénégal. Les autres états ont connu la dictature (communiste ou pas), des coups d’états, et même des guerres civiles. Par exemple, le dictateur Bokassa a régné sur la Centrafrique à la fin des années 70 de façon sanglante ; et en 1994, le Rwanda a été ravagé par un génocide, commis par les Hutus sur les Tutsis.

Certes la démocratie a progressé, mais les états démocratiques peuvent être gangrenés par la corruption ou par la violence. En Afrique du Nord, le Printemps arabe en 2011 a fait naître beaucoup d’espoir, très vite déçu. Par exemple en Egypte, un maréchal militaire, Mr. Ali Sissi, a fait un coup d’état pour prendre le pouvoir sur les islamistes démocratiquement élus.

Aujourd’hui, trois états sont considérés comme des états défaillants ou « collapsed states », c’est-à-dire les états dans lesquels les services publics ne sont pas assurés, notamment à cause de violence : la Somalie, ravagée par des milices islamistes, la République démocratique du Congo ravagée par la guerre civile, et la Centrafrique.

4. Le défi environnemental

Les FTN présentes en Afrique ont privilégié une exploitation prédatrice des ressources, c’est à dire chercher le profit immédiat sans se préoccuper des enjeux environnementaux. L’Afrique est donc exposée à de multiples risques :

  • Le golfe de Guinée a subi de nombreuses marées noires. Les ressources halieutiques de ce Golfe diminuent. La biodiversité est menacée et plusieurs espèces sont particulièrement concernées, comme le rhinocéros ou l’okapi.
  • Le réchauffement climatique provoque une montée des eaux dans le Golfe de Guinée, où sont situés des mégapoles comme Adibjan ou Lagos. Ce phénomène provoque aussi une aggravation des tempêtes, plutôt sur les rives de l’Océan indien et relance la désertification du Sahel. Par exemple, dans cette région, le lac Tchad actuel n’occupe plus que 10% de la superficie qu’il occupait en 1963.

C. Une Afrique diversement intégrée dans la mondialisation

1. Une Afrique émergente
  • Les IDH et PIB/hab les plus élevées d’Afrique se trouvent aux Seychelles et à l’Île Maurice, qui sont des paradis touristiques. Les Seychelles ont un IDH supérieur à 0.75 et 15000 $/an/habitants, c’est le PIB par habitant le plus élevé d’Afrique.
  • L’Afrique du Nord présente globalement un IDH assez élevé, autour de 0.7 en moyenne, grâce à la proximité de l’Europe, au tourisme, à la vente d’hydrocarbures et d’agrumes. Dans cet ensemble figurent la 3e et 4e puissance du continent (en terme de PIB) à savoir l’Egypte et l’Algérie, dans lequel le PIB/hab est supérieur à 3500 $/an/hab.
  • L’Afrique du Sud, surnommée le Lion d’Afrique, est la 2e puissance économique du continent, elle se situe au 35e rang mondial avec un PIB/hab supérieur à 5000 $/an/habitants. La nation arc-en-ciel bénéficie de ressources naturelles, dont l’or, de bonnes infrastructures perfectionnée pour la coupe du monde 2010, comme le port de Durban, et aussi de la présence de FTN relativement puissantes. Elle possède, avec Johannesburg, la seule ville mondiale d’Afrique.
  • Elle entraîne dans son sillage la Namibie et le Botswana, deux états peu peuplés, bien gérés, qui offrent un potentiel touristique, et dans le cas du Botswana un sous-sol qui regorge de diamants.
  • Quelques états africains se sont enrichis grâce à l’exportation de pétrole. C’est le cas du Gabon avec un IDH supérieur à 0.7, du Congo, de l’Angola et de la Guinée équatoriale.
  • Enfin, le Ghana a vu son niveau de vie s’élever. C’est un état bien géré, qui a des ressources en or et en pétrole, et qui est aussi le 2e producteur de cacao au monde.
2. Deux situations ambivalentes
  • Le Nigeria connait une situation paradoxale. C’est la première puissance économique du continent et la 25e mondiale avec 415 milliards de $ de PIB. C’est aussi un géant démographique avec près de 200 millions d’habitants, et le pays dispose d’atouts parmi lesquels une population anglophone et la présence de gisements de pétrole. Mais le Nord du pays, musulman, s’oppose au Sud chrétien, et un groupe islamiste, Boko Haram, sévit dans le nord du pays. D’après certaines ONG comme Transparency international, le Nigeria est un des deux états les plus corrompus du monde, avec le Mexique. Ceci explique la faiblesse du PIB/habitant, qui s’élève à à peine 2700$/an.
  • Le Kenya connait le même genre de problèmes. Il s’appuie sur le tourisme avec des parcs naturels comme celui du Kilimanjaro, et sur l’exportation de produits agricoles comme les fleurs, le thé, le café, etc. Mais le pays doit gérer une explosion démographique, des tensions interethniques, et le niveau de vie globale reste faible puisque le PIB par habitant atteint à peine 1500$/an/hab.
3. Des états pauvres et marginalisés

Les états du Sahel cumulent les difficultés (cf. étude de cas) : aridité, enclavement, troubles politiques, présence de groupes islamistes. Par exemple, le PIB/habitant du Mali atteint à peine 780$/an/habitants, et l’IDH du Niger est inférieur à 0.4.

Dans les autres états, on a affaire globalement à des pays très partiellement intégrés dans la mondialisation, et qui se polarisent autour de l’exportation d’une ou deux ressources : la Zambie avec le cuivre, le Côte d’Ivoire avec le cacao, le Tchad avec du coton.

Ainsi, l’Afrique compte 35 des 43 PMA de la planète. Dans ces états le PIB ne dépasse pas les 1000$/hab/an. Par exemple au Burundi il est de 290$/an/hab. Pourtant ces états disposent d’un grand potentiel. Par exemple, le sous-sol de Madagascar regorge de richesses, l’île peut cultiver les plantes aromatiques et à parfum, comme le vanillier, le vétyver, l’ylang-ylang. Son cadre naturel pourrait attirer de nombreux touristes (mais il y a de l’insécurité et des maladies comme la peste…).

Conclusion

L’Afrique a accompli de réels progrès concernant son intégration dans la mondialisation, même si certains territoires restent en marge. L’origine de ces problèmes vient avant tout de causes politiques, et l’Afrique ne pourra voir son niveau de vie s’élever durablement que si sa classe politique, appuyée par les grandes puissances, investit vraiment dans son avenir.

Géographie conseils bac

Réalisation d’une légende cartographique

Toute légende doit comporter des parties et sous-parties qui reprennent plus ou moins le plan du cours même si certains phénomènes sont difficiles à transposer sur une carte. Il existe trois types de figurés :

  • de surface (crayon de couleur) sur les pays
  • ponctuel (bic, feutres) villes, ports
  • linéaires (bic, feutres) flux, limites

Le choix des figurés ponctuels répond à des conventions :

  • petite flèche pour petits flux, grandes flèches pour grands flux
  • gisements de pétrole : triangles violets
  • si on a mis un triangle on ne met pas d’autre figuré triangle
  • phénomènes financiers : flèches vertes couleur dollar
  • importations en rouge, exportations en vert
  • tout ce qui est balnéaire ou portuaire : turquoise ou bleu marine
  • pour les figurés de surface, selon l’intensité on adoptera l’échelle suivante : violet, rouge, orange, rose, jaune, vert, bleu
  • zones agricoles ou forestières en vert
  • zones froides en bleu clair

AP : Des cartes pour comprendre le monde

Des cartes pour comprendre le monde

Exemple 1 : une approche géoculturelle

L’idée générale est de montrer, quelle que soit la carte, qu’il existe une world culture ou culture globale, ce qui fait que nous appartenons tous au global village dans lequel on partage tous une culture élaborée par l’occident et par les USA en particulier. Cette culture s’exprime par cinq canaux :

  • la nourriture (world food)
  • la mode
  • les grands sports professionnels
  • le cinéma et les séries télé
  • la musique (pop…)

En quoi la carte des religions dans le monde permet-elle de valider ou de nuancer cette affirmation ?

Première idée : la carte semble effectivement montrer une domination du christianisme (33% de la population) sur le continent américain, en Europe y compris la Russie, en Océanie et dans la moitié Sud du continent africain. Les pays protestants comme les USA […].

[…]

La troisième partie portera sur les limites de la carte. En l’occurrence, la carte ne montre pas le poids de l’athéisme, très fort en Europe de l’Est, sauf au Pologne. L’outil cartographique ne fait pas la différence entre les trois groupes de chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes), les deux familles du musulmans (sunnites en Arabie et au Maroc, chiites en Iran) et n’établit pas de nuances entre le bouddhisme et le shintoïsme. La carte montre une homogénéité des états qui ne correspondent pas à la réalité : exemple au Royaume-Uni, il existe une forte communauté musulmane.

Leçon 2 : l’Asie du Sud et de l’Est

Chapitre 2 : l’Asie du Sud et de l’Est : les dynamiques d’un espace moteur de l’économie mondiale

I. Japon et Chine : deux puissances rivales en Asie

Introduction

Deux événements récents ont illustré l’ambition chinoise de s’affirmer en tant que puissance mondiale. En 2008 Pékin a organisé de façon fastueuse les jeux olympiques, et en 2010 le PIB chinois a dépassé celui du Japon, ce qui a fait de la Chine la 2e puissance économique mondiale. Certes aujourd’hui l’écart s’est creusé entre ces deux géants asiatiques, puisqu’en 2016 le PIB chinois atteignait 12 263MM de $, soit plus de deux fois celui du Japon qui s’élevait à 5 106MM $. Pourtant, il existe une réelle rivalité économique et même culturelle entre ces deux états, alors que du point de vue militaire la Chine domine nettement.

Qui du Japon ou de la Chine est le plus apte à exercer un leadership à l’échelle continentale ou mondiale ? La rivalité sino-japonaise se traduit-elle par des tensions diplomatiques inévitables ou peut-elle prendre un aspect plus apaisé basé sur la complémentarité économique ?

A ) Les 2e et 3e PIB mondiaux

1. Deux modèles de développement

Le japon médiéval vivait en circuit fermé jusqu’au milieu du 19e siècle. A la suite d’une défaite subie par les américains, le jeune empereur Mutsu-Hito décide de moderniser son pays. Débute alors l’ère Meiji, l’ère éclairée. Dès le début du 20e, grâce à des groupes comme Honda, Mitsubishi ont fait du pays du soleil une puissance militaire et industrielle, capable de battre la Russie en 1902. Cet appareil industriel est partiellement détruit lors de la seconde guerre mondiale. Mais à partir de 1946, les USA aident le japon à se reconstruire grâce au plan Dodge. Débute alors en 1955 ce qu’on appelle la Haute Croissance, qui s’arrête (ralentie) avec le choc pétrolier de 1973.
Pour se développer, le Japon fait le choix d’une économie extravertie, tournée vers l’extérieur. Ils appliquent le modèle d’Akamatsu, économiste japonais, ou modèle du « vol d’oies sauvages ». On importe des produits occidentaux faciles à fabriquer (un poste de radio par exemple). On le copie, et on fabrique d’aussi bons produits à moindre coûts, grâce à certaines techniques de production comme :

  • le toyotisme (inspiré du fordisme)
  • les cinq zéros (zéro délai, zéro paperasse, zéro stocks et zéro défauts donc zéro pannes)

Ensuite, ce produit est exporté en occident. On reproduit ce procédé avec un produit plus difficile à fabriquer (téléviseurs…). C’est ce qu’on appelle la remontée des filières.

La Chine a suivi un modèle similaire à partir de 1980 grâce à monsieur Deng. Mais elle a eu besoin d’IDE, et il y existe un retard technologique qui rend la remontée des filières plus difficiles. Il existe d’autres points communs :

  • la concentration des industries sur les littoraux, par exemple au Japon dans la mégalopole japonaise, c’est à dire le Japon de l’endroit (la côte sud s’est en effet développée grâce aux échanges avec les occidentaux, alors que la côte nord, tournée vers la Chinne communiste et la Corée du Nord, s’est peu développée)
  • les deux états sont très centralisés. Par exemple au japon il existe un superministère, le METI (ministère de l’économie, du commerce et de l’industrie). L’état japonais dirige aussi un autre organisme, le JETRO (japanese external trade organization) qui facilite l’implantation des entreprises nippones à l’étranger. La Chine dirige/supervise également toujours l’économie.

Par contre, au Japon l’état n’est généralement pas actionnaire de grandes FTN, appelées keiretsus. La Chine, elle, est toujours actionnaire de ces grandes firmes stratégiques.

Au final : au Japon l’état dirige l’économie mais n’en est pas actionnaire / en Chine l’état dirige l’économie et est actionnaire.

2. La puissance japonaise

Le pays a conservé une vaste gamme d’industries malgré les délocalisations :

  • l’automobile avec par exemple Toyota (1ere marque japonaise mais pas toutes faites sur le territoire)
  • les chantiers navals (n°2)
  • la sidérurgie (n°3)
  • et bien sûr l’électronique (n°1)
  • et de plus en plus la robotique et les biotechnologies

Le Japon est aussi une puissance financière et commerciale. Pour la finance, on peut citer la bourse de Tokyo, ou Kabuto-cho, rivalisant avec celle de Londres pour le titre de 2e bourse du monde. Le Japon est le 2e émetteur d’IDE dans le monde derrière les USA (environ égal à l’Allemagne) (par contre il n’attirent pas les IDE, à cause du patriotisme économique et de l’immobilier cher). Enfin le Japon est la 4e puissance commerciale du monde. Ses partenaires privilégiés sont aujourd’hui d’abord la Chine, la Corée du Sud, et les autres pays d’Asie. Par contre, le Japon est obligé d’acheter beaucoup de ses matières premières à l’étranger (à l’Arabie pour le pétrole, à l’Australie…).

Concernant les dynamiques récentes, le Japon a continué sa croissance dans les années 70-80. Les années 90 ont été plus délicates, on a observé une stagnation (guerre du golfe qui a fait augmenté le prix du pétrole, crise asiatique de 97). L’économie japonaise a ensuite connu un rebond dans les années 2000, malheureusement compromis par l’accident de Fukushima en 2011.

3. La Chine, Atelier du monde

La Chine se distingue depuis l’an 2000 par sa croissance record (9% par an en moyenne). Elle détient la première industrie du monde, avec pour certains produits une situation presque monopolistique. C’est le cas pour les jouets, les briquets jetables, les chaussettes, le textile courant (maintenant en concurrence) et de plus en plus l’électronique grand public, bas de gamme. Beaucoup de ces produits sont réalisés par des firmes étrangères implantées en Chine. Mais cela rapport rapporte énormément d’argent au pays, qui a un excédent commercial énorme, et à l’état chinois, actionnaire de beaucoup de firmes.  L’état chinois achète alors massivement des bons du trésor américain. En détenant 75% de la dette américaine, la Chine a un moyen de pression sur les USA (demande de remboursement en monnaie, afin de faire chuter le dollar…).

La Chine est devenue la 1ere puissance commerciale du monde grâce à ses exportations. Ses principaux partenaires sont d’abord les pays asiatiques comme le Japon et la Corée du Sud, puis bien sûr les USA et l’UE, et de plus en plus les BRICS.

Enfin, concernant les IDE entrants, elle se situe à la 1ere place, et elle grimpe dans la hiérarchie des IDE sortants (5e place) :

  • Volvo, ancienne firme suédoise, a été rachetée par les chinois
  • 15% du capital de Peugeot appartient à un groupe chinois
  • plus récemment l’aéroport de Toulouse a été racheté par les chinois
  • enfin, ils investissent massivement en Afrique

B) Les ambitions mondiales

1. Le Japon, un nain politique

Le Japon a été puni en 1945 à cause de ses crimes de guerre. Ses colonies lui ont été retirées (la Corée et Taïwan). Il n’a pas eu de place au conseil de sécurité de l’ONU. Il n’a pas pu développer d’industrie d’armement ni d’arme nucléaire. L’article 9 de leur constitution leur interdit d’envoyer des soldats à l’étranger. Le Japon avait alors simplement des forces défensives, afin de lutter contre une éventuelle invasion communiste (des FAD, forces d’auto-défense). Aujourd’hui ils ont le droit de sortir pour des aides humanitaire ou la formation d’autres troupes comme en Irak. Le Japon a augmenté son budget militaire, aujourd’hui situé à peu près au même niveau que celui du Royaume-Uni. L’accent est missur les forces aéronavales, elles disposent aujourd’hui d’un petit porte-avion.

Le Japon s’affirme aussi du point de vue culturel en mettant en avant le cool-japan ou j-touch (japanese touch). L’accent est mis sur les jeux-vidéos, la cuisine, les mangas avec les oeuvres de Miyazaki, ou l’art avec les oeuvres du plasticien Takushi Murakami.

2. La Chine, puissance mondiale (III) B) leçon d’histoire)

L’influence chinoise s’est accrue en Asie. Certes en 1997, la Chine récupère Hong Kong, et en 1999 Macao. Elle a toujours pour ambition de récupérer Taiwan (défendue par les USA).  Toujours en Asie, la Chine appartient, avec entre autre la Russie et le Kazakhstan à l’OCS (association de commerce de Shangaï). Elle est membre associée à l’ASEAN, organisation de libre-échange en Asie du Sud-Est. De plus ses navires sont de plus en plus nombreux en mer de Chine. En effet, le budget militaire du pays est devenu aujourd’hui le 2e de la planète (170MM€ par an) , loin derrière les USA. Son armée est la 2e du monde en terme d’effectif avec 2,2M de soldats.

Mais pour rayonner au niveau mondial, la Chine manque de quelques atouts :

  • Son soft power reste limité. Pourtant, la Chine multiplie les ouvertures d’instituts Confusius dans le monde (équivalent des Alliances Françaises).
  • Elle manque aussi de bases militaires partout dans le monde, et d’un réseau d’Alliances. Certes, sur certains points, elle se retrouve avec la Russie et même l’Iran pour critiquer les USA. Mais l’entente entre la Chine et la Russie n’est pas institutionnalisé (l’OCS ne vaut pas l’OTAN).

De toute façon, l’objectif de la Chine n’est pas de régner sur le monde, mais avant tout de sécuriser son approvisionnement en matières premières. Ceci explique sa présence en Afrique, a tel point qu’on parle de Chinafrique à ce sujet.

  • La Chine a enfin un dernier handicap : elle suscite une certaine sinophobie. D’abord dans les pays voisins comme le Japon ou la Corée du Sud, très attachés à la protection étasunienne. On en observe aussi en occident mais plus dans une optique de protectionnisme économique : la décollage économique (take off) chinois est accusé de favoriser les délocalisations, et donc le chômage. On accuse aussi la Chine de pratiquer du dumping monétaire avec le yuan, la monnaie chinoise, considéré comme trop bas.

C) Rivaux ou partenaires ?

1. Des tensions anciennes

Les japonais ont commis de nombreux crimes de guerre envers les chinois entre 1931 et 1945. Or, le Japon n’a pas accompli sont examen de conscience comme a pu le faire l’Allemagne (demander pardon…). Les premiers ministres japonais, aujourd’hui monsieur Abe (centre droite) se rendent chaque année au sanctuaire de Yasukumi pour fleurir les stèles de grands personnages historiques de l’histoire du Japon, y compris des généraux de la Seconde Guerre Mondiale condamnés pour des crimes de guerre.
La guerre froide à envenimé ces rapports, puisque le Japon s’est placé sous la protection des USA, qui ont une base à Okinawa.
Ensuite, le Japon et la Chine se disputent la souveraineté sur quelques îles et les ZEE qui les entourent, comme les îles Senkaku ou l’îlot de Okinotoroshima. Celles-ci sont convoitées pour le pétrole présents dans leurs ZEE.

2. Des partenaires commerciaux

Les deux pays appartiennent au Circuit intégré asiatique. Ainsi, une firme japonaise comme Toyota peut assembler au Japon des pièces venues de Chine, d’Indonésie, du Vietnam, etc (le Japon est une plateforme d’assemblage de production délocalisées de pièces). Ainsi, le Japon est devenu le premier investisseur étranger en Chine, et le 2e importateur de produits chinois. Les deux économies sont donc assez complémentaires, tant que la Chine ne concurrence pas le Japon en matière de haute technologie. Pour l’instant, les entreprises japonaises de haute technologie comme Sony ou Lexus, ne sont pas menacées par la concurrence chinoise, au contraire elles vendent leurs produits à la bourgeoisie chinoise, en plein essor. De la même façon, les échanges touristiques entre les deux pays s’intensifient. Les japonais sont les premiers touristes étrangers en Chine, et les Chinois visitent de plus en plus le Japon, en particulier Disneyland Tokyo.

Mais pour améliorer encore l’intégration régionale, et donc les échanges entre les 2 pays, il faudrait que le Japon et la Chine appartiennent à une organisation régionale dotée de certaines compétences poussées (libre circulation des biens et des capitaux). Le Japon, la Chine et la Corée du Sud sont pour l’instant membres associés de l’ASEAN (association des nations du Sud-Est asiatique) et forment donc l’ASEAN+3. Si la Chine devient un membre à part entière de l’ASEAN, elle dirigerait l’organisation vu son poids démographique (le nombre de votes étant attribué en fonction de la population). Le Japon, pour approfondir les compétences de l’ASEAN, préfère attendre de passer à l’ASEAN+6 en incluant l’Australie, la Nouvelle-Zélande, et surtout l’Inde, qui contrebalancerait le poids chinois.

II) L’Asie du Sud et de l’Est : les défis de la démographie et du développement/de la croissance

Introduction

L’Asie du Sud et de l’Est, qui s’étend du Pakistan jusqu’à la partie indonésienne de la Nouvelle-Guinée, est depuis 10 ans la région du globe qui connait la plus forte croissance économique, en particulier grâce à la croissance chinoise. Il s’agit aussi de la principale aire de peuplement de la planète, avec plus de 4MM d’habitants, soit 55% de la population mondiale. Cette région est également caractérisée par la persistance d’une pauvreté de masse qui concerne certains états encore en retard de développement comme le Pakistan, mais aussi certains états émergents comme l’Inde ou la Chine.

En quoi l’intégration de l’Asie du Sud et de l’Est dans la mondialisation peut-elle favoriser une meilleure maîtrise de la démographie (limiter les naissances mais aussi le vieillissement), par le maintient d’une croissance qui devra être profitable à tous et respectueuse de l’environnement ?

A ) Plus de la moitié de l’humanité

1 ) Des différences de densité et de peuplement

L’Asie compte plusieurs états qui font figure de géants démographiques :

  • la Chine, n°1, 1.35 milliards
  • l’Inde, n°2, 1.25 milliards
  • l’Indonésie, n°4, 250 millions
  • le Pakistan, n°6, 185 millions
  • Mais aussi le Bengladesh, le Japon et les Philippines qui dépassent les 100 millions d’habitants

Mais il existe aussi des états très faiblement peuplés ; les îles Maldives, le Bouthan (700k), le Timor Oriental (1M) et bien sûr la Mongolie, qui atteint à peine 3M d’habitants malgré une vaste superficie.

Les densités les plus fortes, qui peuvent être supérieures à 3000 habitants / km², se rencontrent évidemment sur les littoraux (Japon de l’endroit, littoral chinois, littoral indien) mais aussi dans les grandes vallées fluviales comme la Vallée du Gange en Inde. les densités faibles correspondent aux régions les plus hautes d’Himalaya, à des zones arides ou semi-arides comme les steppes mongoles ou le désert de Gobie, mais aussi à des zones de jungle comme l’île de Bornéo en Indonésie.

2. La Croissance des villes d’Asie

L’Asie connait depuis 30 ans le plus grand exode rural de l’histoire. Certains états ont achevé leur transition urbaine comme le Japon (92% d’urbains), la Malaisie, la Corée du Sud et même la Chine (54% des chinois vivent en ville, ce qui représente plus de 700 millions d’habitants). Par contre, il reste d’énormes réserves de population dans les campagnes (transition en cours) dans des états comme l’Inde, le Pakistan, ou le Cambodge. Par exemple en Inde le taux d’urbanisation atteint à peine 34% et au Cambodge 20%.

Ainsi chaque année dans l’ensemble de l’Asie du Sud et de l’Asie du Sud-Est, 40 millions de ruraux quittent leur campagne pour s’installer dans une ville d’Asie, ce qui explique la croissance spectaculaire des mégapoles asiatiques, qui comptent 200 des 500 premières villes du monde, et 8 des 10 premières (à part New York et Sao Paulo). Parmi elles : Tokyo (1ere, 35 millions), Guanzhou (autrefois Canton, 26,4 millions), Jakarta (26 millions), Shangai (26 millions), Séoul (25 millions), Delhi (24 millions).

Mais seules quelques-unes de ces villes millionnaires peuvent être qualifiées de métropoles ou de villes mondiales : Tokyo et Séoul sont des villes riches, mais la pauvreté de masse est encore une réalité par exemple à Karachi au Pakistan.

3. Trois défis majeurs

Le premier défi consiste à lutter contre certains déséquilibres concernant les classes d’âges.

  • Le Japon est un des pays au monde présentant le plus faible indice de fécondité avec 1.6 enfants par femme, ce qui en fait le pays au monde dans lequel l’âge moyen de la population est le plus élevé (45 ans). Conséquence du vieillissement : la population du Japon diminue.
  • La Chine a également achevé sa transition démographique, après avoir mis en place la politique de l’enfant unique dans les années 70. Elle est maintenant menacée par le vieillissement et la population en âge de travailler baisse depuis 2012.
  • Par contre, l’Inde a choisi un mode d’action plus équilibré, basé sur l’éducation des femmes, et non sur la contrainte. La natalité a baissé progressivement et se situe aujourd’hui autour de 2.5 enfants par femmes, ce qui permet d’éviter le vieillissement et qui permettra à l’Inde de dépasser la Chine dans les années 2020.
  • Il existe aussi des états dans lesquels la fécondité reste assez forte, autour de 3 enfants par femmes en âge de procréer. Parmi eux, le Pakistan, le Laos et les Philippines.

Le deuxième problème concerne le déséquilibre du sex-ratio. Dans beaucoup de pays, le sex ratio est déséquilibré au profit des mâles. Dans le nord de l’Inde (Cachemire), qui est une des régions les plus pauvres, on compte environ 800 femmes pour 1000 hommes. Le même problème se retrouve en Chine ou au Pakistan. Aujourd’hui, dans des pays émergents, les couples peuvent pratiquer des avortements selectifs après avoir pris connaissance du sexe de l’enfant après une échographie. Ce genre de pratique concerne les campagnes bien plus que les villes, développées.

Le troisième problème concerne la pauvreté urbaine, alimentée par l’exode rural. Un tiers des urbains asiatiques vivent dans des bidonvilles, cela représente 700 millions de personnes. Ce phénomène touche tout particulièrement l’Inde, mais aussi les grandes villes de Philippines, d’Indonésie, du Bengladesh et du Pakistan. La présence ou l’absence de bidonvilles, ou slums, reflète les différents stades de développement.

B) Les différents stades d’émergence économique

1. L’Asie, moteur de la croissance mondiale

Ces 10 dernières années, malgré la crise, la croissance économique s’est maintenue en Asie. Celle du Japon a dépassé les 2%, celle des dragons a frôlé les 4%, celle de l’Inde a dépassé les 8% et celle de la Chine 9%. Comme, en même temps, l’Amérique du Nord et l’UE ont eu une croissance plus faible, les positions de l’Asie (du sud et sud-est) se sont renforcées. Elle représente aujourd’hui un tiers du PIB mondial.

  • Des firmes riches : Les pays de la zone se sont plus au moins inspiré du modèle japonais en vol d’oies sauvages pour développer des FTN locales puissantes comme par exemple Samsung et LG en Corée, Lenovo en Chine, Mittal en Inde (1er groupe mondiale de sidérurgie), Petronas en Malaisie.
  • Des régions riches : L’insertion dans la mondialisation a favorisé aussi la puissance des régions industrialo-portuaires. Par exemple, la région de Shanghai, appelée la tête du dragon, ou la région de Busan en Corée du Sud.
  • Hausse du niveau de vie : Enfin, cette insertion dans la mondialisation a favorisé une hausse globale du niveau de vie
2. Centres et périphéries en Asie du Sud et de l’Est
  • Les cas chinois et japonais ont été évoqués dans le I. Cependant, le PIB/hab/an du Japon (39k $) reste bien supérieur à celui de la Chine (8.2k $).
  • Les dragons (Hong Kong, Taïwan, Singapour, Corée du Sud) ont imité à partir de 1970 le modèle japonais. Ceci a permis à la Corée su Sud de devenir une puissance industrielle. Cela a permis l’émergence de chaebols, grands groupes, par exemple le groupe Hyundai-Kia dans l’automobile. La Corée du Sud domine également le secteur de la sidérurgie et des chantiers navals (de paquebots de commerce). Par contre, Singapour et Hong Kong ont peu à peu abandonné l’industrie, pénalisée par le manque de place et par la faiblesse du marché intérieur. Ils se sont consacrés à la recherche, à la finance, au tourisme et au transport maritime (Singapour est le 2e port du monde).
  • Les tigres. A part des années 90 la croissance a concerné les tigres d’Asie (Malaisie, Indonésie, Philippines, Thaïlande) ont d’abord mis en place des industries locales destinées au marché intérieur, et ils ont aussi attiré des entreprises japonaises et sud-coréennes. Cela a permis une élévation relative du niveau de vie, surtout en Malaisie et en Thaïlande (environ 6k$/an/hab). Par contre, l’Indonésie (3600$/an/hab) et les Philippines ont une niveau de vie beaucoup plus faible.
  • L’Inde, après son indépendance, a fonctionné de façon auto-centrée, c’est à dire qu’elle a essayé de fabriquer tout ce dont elle avait besoin en sacrifiant souvent la qualité à la quantité. Cela a permis le développement de firmes locales comme Tata (gros fabriquant de scooteurs et camions). Dans les années 90, l’Inde s’est insérée dans la mondialisation, elle a diversifié son offre en misant sur ses principales entreprises industrielles comme Tata, qui a racheté Jaguar et Land Rover, qui sont des firmes assez prestigieuses. L’Inde a développé des industries textiles grâce à des IDE (H&M), et surtout des entreprises liées à l’informatique. Le pays est maintenant surnommé le bureau du monde avec sa vitrine Bangalore.
  • Enfin le Vietnam connait une croissance rapide depuis le début des années 2000, grâce au tourisme, et surtout à l’implantation d’entreprises textiles étrangères comme Nike, aujourd’hui premier employeur privé du pays.
  • Cependant, certains états d’Asie restent marginalisés, et présentent donc une niveau de vie très faible. Le retard économique peut avoir pour origine des conditions naturelles (Népal) mais le plus souvent les investisseurs sont découragés par des conditions politiques ou sociales particulières. Par exemple, la Birmanie a longtemps été dirigée par une dictature militaire. L’Afghanistan et le Pakistan sont toujours pertubés par une insécurité chronique due entre autre à la présence de groupes islamistes. Au total, 7 états de la région peuvent être qualifiés de PMA : Afghanistan, Népal, Bengladesh (1350$/an/hab), Bhoutan, Birmanie, Laos, Cambodge.

C) Vers une croissance équitable et durable ?

1. Des sociétés inégalitaires

Le niveau de vie moyen s’élève en Asie, mais globalement il manque dans ces états une politique de redistribution sociale, ce qui fait qu’on peut dire que l’état providence n’existe pas en Asie. Une minorité s’enrichit très rapidement, une moyenne bourgeoisie émerge peu à peu. La grande pauvreté recule en pourcentage mais pas en valeur absolu (car la population augmente). L’Asie reste le continent qui compte le plus de pauvres (au sens moins de 2$/jour/hab). On en dénombre 2.2 milliards en Asie, dont 1.6 milliard de Chine ou d’Inde. La pauvreté de masse concerne aussi bien les villes que les campagnes, comme nous le verrons à Mumbai, et comme on le voit aux Philippines, où il n’y a pas eu de réformes agraire, 80% des pauvres vivent à la campagne.
Toutefois, certains pays ont vaincu la pauvreté de masse comme le Japon, mais aussi les dragons, la Malaisie et la Thaïlande.

2. Enjeux ruraux et urbains

Dans les années 60, des agronomes occidentaux ont propagé, entre autre en Inde, les idées et techniques de la Révolution Verte. La sécurité alimentaire a donc progressé, à peine 10% des chinois et 19% des indiens souffrent de malnutrition. Mais ce chiffre atteint encore 28% au Cambodge, et l’Asie abrite 70% des sous-alimentés de la planète. Il faut donc continuer à moderniser l’agriculture et dans un premier temps il apparaît nécessaire de poursuivre dans la voie d’une agriculture productiviste. Mais cette modernisation contribuait à accélérer encore le plus grand exode rural de l’histoire, et ce alors qu’il existe d’énormes réserves de population rurales dans certains états, comme le Pakistan qui compte 63% de ruraux, l’Inde 68%. L’enjeu est de moderniser les campagnes en développant en même temps des infrastructures urbaines pour éviter un entassement dans des bidonvilles comme ceux de Mumbai ou de Manille (Philippines) ou encore de Karashi (Pakistan).

3. Les fragilités environnementales

Les pays émergents ont longtemps favorisé le développement par rapport à la préservation de l’environnement. C’est particulièrement vrai pour la Chine, qui depuis 2006 est le premier pays au monde émetteur de CO². L’empire du milieu est régulièrement agité par des scandales sanitaires et environnementaux, qui touchent les milieu naturels et la santé des habitants. Par exemple, la construction du Barrage des Trois Gorges s’est faite sans aucune considération pour l’environnement. Certains fleuves ont été pollués au cadnium.

L’Asie (du sud et de l’est) est obligée de développer des infrastructures littorales, ce qui bouleverse le milieu naturel. Les pouvoirs publics construisent des terres-pleins, des îles artificielles comme celle sur laquelle on a construit l’aéroport d’Osaka au Japon. Les littoraux accueillent aussi des usines et des zones consacrées à un élevage piscicole intensif, avec par exemple l’élevage de Panga en Chine. Ainsi, les rizières sont menacées, ainsi que les forêts côtières appelés mangroves. *En plus, la surexploitation des ressources ne concerne pas que les littoraux : elle concerne aussi les fonds marins et les forêts, qui sont exploitées pour deux ressources principales : les bois tropicaux comme le teck, ou alors pour l’huile de palme. Ainsi, en Indonésie, la biodiversité est menacées : l’orang-outan et le titre de Sumatra sont menacés dans leur berceau de Bornéo.

Ensuite, comme la population s’agglutine dans des zones deltaïques, comme le delta du Gange au Bengladesh, de plus en plus de gens sont menacées par la montée des eaux due au réchauffement climatique, ou alors par des phénomènes saisonniers comme les crues amenées par la mousson, ou encore par des catastrophes telles que les tsunamis. *

Conclusion du II

L’Asie du Sud et de l’Est compte maintenant 5 des 16 premières puissances économiques mondiales (Chine, Japon, Inde, Corée du Sud, Indonésie). Mais, pour être durables et équitables,l’élévation du niveau de vie doit s’accompagner impérativement d’une d’une meilleure prise en charge des enjeux sociaux et environnementaux.

Contrairement à Mr Trump, Mr Xi a affirmé son attachement au processus engagé lors de la COP21 à Paris en décembre 2016, ce qui constitue un signe positif.

III) Etude de cas : une ville émergente, Mumbaï

Introduction

Située dans l’Ouest de l’Inde, sur les rives de la mer d’Oman, Mumbaï, naguère appelée Bombay, peut être considérée comme la vitrine de l’Union Indienne bien qu’elle n’en soit pas la capitale politique/administrative. Le grand Mumbaï compte environ 23 millions d’habitants et est considérée, sinon comme une ville mondiale, du moins comme une ville émergente. Car, malgré sa richesse croissante, elle souffre encore de certains handicaps comme le prix très élevé du m² ou la persistance de très forts contrastes sociaux-spatiaux.
A quels aménagements les pouvoirs publics doivent-ils procéder pour ancrer Mumbaï dans la mondialisation, et pour en finir avec l’habitat précaire ?

A) La vitrine de l’Inde

1. Une ville assez industrielle avec une classe moyenne

Mumbaï abrite environ 2% de la population active de l’Inde, mais elle représente près de 19% de la production industrielle et 25% des recettes de l’impôt sur le revenu. Ce dernier chiffre montre qu’il existe une classe moyenne assez nombreuse qui dispose de revenus assez corrects. En effet, la ville a une tradition industrielle avec au départ, dès le 18 siècle, des ateliers textiles, et ensuite une industrie légère consacrée à la mécanique (informatique) et au travail du diamant, car Mumbaï est un des pôles majeurs des activités liées à cette pierre précieuse, comme par exemple Anvers. C’est ainsi que Mumbaï abrite la première bourse de diamants (en volume) au monde.

La ville de Mumbai concentre de nombreuses fonctions de commandement en raison du phénomène de métropolisation. Ainsi, des centres d’affaires accueillent les sièges sociaux des grandes FMN indiennes (Tata, Birla…) et de vastes zones industrielles rassemblent des activités du secteur de la chimie et de la pharmacie.

2. Un centre plus financier qu’industriel

La ville abrite aussi la banque nationale, la principale bourse du pays, et d’autres institutions qui en font aujourd’hui un centre plus financier qu’industriel. Jusqu’à la fin du 20e siècle, ces bâtiments financiers se situaient dans le quartier de Nariman Point, quartier construit par les colonisateurs britanniques. Les pouvoirs publics ont construit une nouvelle CBD (Central Business District) appelée Bandra Kurla Complex (BKC) qui abrite entre autre des hôtels (pour hommes d’affaire), des ambassades, et la nouvelle bourse le BSE, Bombay Stock Exchange.

Des quartiers centraux anciens se modernisent aussi en accueillant des quartiers d’affaires et des centres commerciaux à l’américaine ou mall (le Palladium à Worli) où se vendent les marques internationales.

3. Rayonnement et ouverture sur le monde

Mumbaï s’appuie aussi sur infrastructures qui la relient au reste du monde. Mumbai dispose de deux aéroports internationaux, un au Nord et l’autre à l’Est avec par exemple tout près du BKC, le premier aéroport international d’Inde, le Shivaji International Airport, qui est un des aéroports internationaux les plus fréquentés d’Asie (8 ou 10e), en dehors des aéroports chinois et japonais. La ville est le premier port de l’Inde (produits électroniques) 40 % du commerce extérieur de l’Inde y transite à Mumbaï. Mumbai apparaît donc comme la capitale économique face à Delhi qui est la capitale politique

Enfin, le rayonnement de Mumbaï s’appuie aussi sur l’université locale, la MU Mumbaï University, et bien sûr sur les studios de Bollywood, situés en lisière du parc naturel Ghandi, et dans lesquels ont tourne chaque année un nombre de films plus élevés que Hollywood. Ces films n’ont pas une portée planétaire contrairement à ceux « made in USA » mais ils ont une audience en Asie.
Toutefois, malgré ces atouts, Mumbaï ne figure qu’à la 42e place dans un classement qui répertorie la richesse, la créativité et l’attractivité des villes mondiales.

Mumbai constitue l’interface entre le monde et l’Inde. Ce statut lui permet de connaître une forte croissance économique. Comment cette dernière se traduit-elle sur le plan spatial ?

B) Un espace fragmenté

La région métropolitaine de Mumbai s’étend sur 603 km².

1. Les quartiers aisés

Malgré la présence slums, il existe des quartiers très aisés comme Malabar Hill ou Tardeo, qui offrent une vue sur la mer et des prix au mètre carré aussi élevés que ceux des beaux quartiers londoniens ou parisiens. Y est installée la grande bourgeoisie indienne, avec en particulier deux familles qui sont parmis les plus riches du pays : la famille Tata et la famille Ambani, qui dirige le groupe Reliance, et qui a construit pour résidence la tour Antilla, qui est une tour privée, le bâtiment privé le plus cher du monde. La pression immobilière en fait l’une des métropoles les plus chères du monde : même le milliardaire Mukesh Ambani, 22e fortune mondiale (21,5 milliards de $), doit construire en hauteur faute de place, une maison de 37 étages estimée à 1 milliard de dollars.Elle compte 27 étages et 4500 m² de surface habitable. Des quartiers aisés apparaissent comme Marine Drive, une sorte de vaste « promenade des Anglais ».

Il existe aussi une classe moyenne qui, de plus en plus, adopte des comportements occidentaux (consommation du vin) mais qui reste très attachée à certaines valeurs (mariage arrangé).

2. Les bidonvilles

Malgré l’enrichissement de la ville, un peu plus de la moitié des habitants vit encore dans des bidonvilles, appelés slums, disséminés un peu partout dans le tissus urbain. Les bidonvilles restent très présents même dans le centre de Mumbaï. C’est le cas du plus connu d’entre eux, Dharavi, qui est situé à moins d’1 km de BKC et qui abritait selon les estimations 700 000 personnes. Ces bidonvilles abritent une intense activité économique informelle. Par exemple, une partie de Dharavi est appelé le quartier des blanchisseurs (pressing à l’ancienne). Une majorité des habitants de ces slums appartient aux basses castes, et entre autres aux intouchables ou dalit. L’Inde est peuplée à 90% d’hindous qui sont attachés à ce système pourtant aboli dans la constitution mise en place en 1948 par Nehru.

Il en résulte une ségrégation socio-spatiale avec au sud et à l’ouest, les classes favorisées, et au centre et à l’est, les slums. Cependant, la séparation entre quartiers riches et pauvres n’est pas toujours très importante : à 1 km de Dharavi, se trouve le Bandra Kurla Complex qui accueille les plus grands hôtels, les consulats de France et des Etats-Unis ainsi que la nouvelle bourse aux
diamants.

C) Des aménagements conséquents

Les pouvoirs publics sont confrontés à trois enjeux majeurs :

1. Préserver les derniers espaces non-construits

La ville connait un fort étalement urbain vers le Nord et l’Est, et par exemple des bidonvilles commencent à s’installer en lisière du parc Ghandi, et des zones de mangrove sont également menacées. Toutefois, dans l’ensemble, cette croissance rapide est mal maîtrisée : l’étalement urbain longe un littoral digité (découpé en forme de doigts) et contourne le parc national Sanjay Gandhi. Pour éviter ces problèmes, la municipalité a créé des villes nouvelles comme Navi-Mumbaï. Une partie des habitants des slums doit être relogée dans ces villes nouvelles, ce qui nous amène au second enjeu.

2. La réhabilitation des bidonvilles

L’accès à l’eau potable est complexe dans certains quartiers : 6 millions de personnes n’y ont pas accès. La gestion des déchets est difficile et ceux-ci s’entassent sous la forme de gros sacs poubelles dans certaines parties de Mumbai. Enfin, l’étalement urbain renforce les risques d’inondations. Il faut donc transformer les slums, quartiers édifiés sur des terrains squattés et ne disposant pas des services urbains (eau, électricité, égouts), en des lieux habitables pour la classe moyenne.

Depuis 1995, la municipalité de Mumbaï a créé une agence, la Slum Rehabilitation Authority, qui procède de façon suivante. Des entreprises privées rasent les bidonvilles et les remplacent par des appartements de 21m² connectés aux réseaux d’eau et d’électricité. En échange, ils reçoivent des terrains à bâtir. Ces opérations débouchent sur un bilan mitigé puisque à peine 1/4 des habitants de Dharavi en ont profité (En quinze ans, 500 000 personnes ont été relogées (12% de l’objectif), même si le fameux quartier des pipe-lines a été rasé. Ensuite, les pauvres qui arrivent de la campagne viennent s’installer dans de nouveaux bidonvilles construites à côté des villes nouvelles.

3. Améliorer l’efficacité et les transports urbains

L’impact de cette urbanisation se ressent surtout dans les transports : saturation du trafic et abus des autoponts même si les transports publics (bus et trains) totalisent 88% des déplacements
journaliers. Le développement économique de la ville se traduit aussi par l’émergence d’une classe moyenne réclamant de meilleures conditions de vie. La municipalité est donc confrontée à d’importants problèmes d’accès aux services de base. Les transports publics sont insuffisants et peu performants ce qui conduit à l’explosion du nombre de voitures individuelles.

Le gros des activités se concentre dans le centre historique de Mumbaï, qui est une presqu’île, et le réseau de transport est très vite saturé. Plusieurs équipements ont été créés pour y remédier. Par exemple, le pont Worli Sea Link permet d’accélérer la circulation dans le centre. De nouveaux équipements ont été crées de l’autre côté de la Thane Creek : il existe un projet de nouvel aéroport, et un nouveau quartier portuaire, Port Nehru, plus adapté au trafic de conteneurs. Enfin, Mumbaï essaie de se doter d’un métro performant, qui sera en grande partie aérien. Les premières lignes sont opérationnelles depuis 2012 mais globalement les travaux prennent du retard, et pour se déplacer les habitants prennent toujours le train.

Aussi, d’importants projets d’infrastructures sont-ils mis en œuvre, comme la modernisation de l’aéroport de Navi Mumbai à l’est, la multiplication des centres d’affaires (Bandra Kurla Complex, Worli, Oshiwara), la création d’un métro et surtout le déplacement ou la disparition des slums ou bidonvilles

Conclusion sur Mumbaï :

Pour rivaliser à long terme avec Paris et Londres, ou à moyen terme avec Hong Kong et Singapour, les autorités de Mumbaï doivent impérativement mieux prendre en compte les enjeux sociaux, environnement et même sanitaires.

Mumbai est une métropole émergente, intégrée dans la mondialisation, ainsi que la capitale économique et
culturelle de l’Inde. Son dynamisme la rend attractive et entraîne son étalement. Mais, cette croissance spatiale
est mal maîtrisée, entraînant d’importantes inégalités sociales et spatiales. Dans sa course à la modernité, elle
cherche à réduire ces inégalités. En quoi la situation de Mumbai est-elle proche de celle de l’ensemble de
l’Asie du Sud et de l’Est ?

 

Leçon 1 : Le continent américain, richesse du Nord et affirmation du Sud

américain

Thème 1 : Dynamiques des grandes aires continentales

Leçon 1 : Le continent américain (Amérique) : Richesse du Nord, et Affirmation du Sud

I. Un continent entre tensions et intégrations

Introduction

Les géographes de la deuxième moitié du 20e siècle opposaient une Amérique du Nord riche, démocratique et marquée par la culture anglo-saxonne protestante, à une Amérique du Sud plus pauvre, instable politiquement, marquée par le catholicisme et par la culture ibérique.
Mais la mondialisation rend moins pertinente cette culture, puisque par exemple le niveau de vie des pays émergents (ou l’écart de richesse) se rapproche lentement de celui des puissances établies. Pour autant, l’influence des Etats-Unis demeure sans rival sur le continent.
En quoi la mondialisation a-t-elle permis une intégration du continent américain même si celle-ci est incomplète ?

A) Des divergences qui s’atténuent

1. Une convergence politique

L’Amérique ne compte que des républiques (cas particulier du Canada) qui sont toutes démocratiques, à une exception près, Cuba (« dictature » communiste, dirigée par Raul Castro). Mais la vie politique de beaucoup d’états d’Amérique latine reste marquée par la corruption et la violence. Par exemple en 2016 la présidente du Brésil, Mme Rousseff, a du démissionner, accusée de corruption. Et en 2017 le Venezuela est agité par des émeutes dirigées contre le président Maduro.

2. Une uniformisation culturelle

La coupure culturelle Nord-Sud doit être relativisée. D’abord, il existe dans beaucoup de pays comme Cuba, la Colombie ou les USA, une forte communauté afro-américaine. Ensuite, dans des pays moins nombreux, il demeure de fortes communautés (amér)indiennes : au Pérou, en Bolivie… Les USA ont été également peuplés par des irlandais, des juifs d’Europe centrale, et des italiens. Et de même l’Amérique Latine a accueilli des immigrants autres que des espagnols ou des portugais. Il existe de petits communautés allemandes au Brésil ou en Argentine, et en Argentine et en Uruguay plus de la moitié des gens sont des oriundi c’est-à-dire des gens d’origine italienne.
De plus, depuis une trentaine d’années, les cultures de Nord et du Sud s’interpénètrent, parce que la culture made in USA influence évidemment beaucoup d’états d’Amérique Latine en particulier le Mexique ; et là l’inverse, l’influence hispanique progresse en Amérique du Nord grâce à l’immigration, de sorte que 4 états de sud des USA (le Texas, la Californie, le Nouveau-Mexique, l’Arizona) forment la méxamérique (mexamerica) puisque environ un tiers des habitants y sont d’origine hispannique.
Quoi qu’il en soit, même si le continent américain est marqué par le métissage, certaines tensions raciales persistent, par exemple aux USA entre les noirs et la police (cf. émeutes de Ferugusson) et au Guatemala entre indiens et hispaniques.

3. Une convergence économique

L’Amérique compte deux états importants, très riches et très développés, avec un PIB supérieur à 50 000 $/an/habitant : les Etats-Unis et le Canada (10e puissance mondiale). Le Canada tire sa richesse de l’exportation de produits agricoles et de matières premières par exemple le pétrole et le gaz de schiste (donc, des produits de son sol et de son sous-sol). Toronto, la capitale économique, appartient au cercle fermé des villes mondiales.
Les paradis fiscaux et touristiques comme les Bahamas offrent également un très haut niveau de vie et de développement.

Certains états d’Amérique Latine ont un PIB compris entre 9000 et 19000$/an/hab. Parmi eux, on distingue le Brésil, le Mexique, l’Argentine, le Chili, et même la Colombie, et l’on qualifie tous ces pays de Jaguars. Par exemple, le Chili, gros producteur de matières premières et surtout de cuivre, s’est enrichie grâce à la demande venue de Chine et d’Asie Orientale en général.
D’autres états ont connus plus récemment une phase de croissance, mais ils ne sont pas comptés comme Pays Jaguar car soit leur croissance est trop récente, soit elle est encore incertaine ou instable, soit le pays n’est pas assez peuplé pour recevoir cette qualification. C’est le cas de Panama, le Costa Rica, l’Uruguay, ou encore du Pérou, qui a connu une croissance spectaculaire.
D’autres états ont encore un niveau de vie assez faible, avec un PIB compris entre 4000 et 9000$/an/hab. Dans cette catégorie on peut citer Cuba, qui s’ouvre très lentement, et la Bolivie, qui souffre d’enclavement.
Et enfin, Haïti constitue une exception, avec une pauvreté extrême et l’IDH le plus faible du continent, moins de 0.5.

B) Un continent pacifié

1. Pas de tensions inter-états, mais une opposition idéologique

Les conflits inter-états sont rares en Amérique, et les risques sont très faibles depuis la fin de la Guerre Froide. D’autre part, la puissance militaire des Etats-Unis, appuyée par celle du Canada, est largement supérieure à celle des autres états, et les pays d’Amérique Latine sont ceux qui consacrent la plus faible part de leur budget à la défense. Le seul conflit inter-états ayant eu lieu dernièrement est le conflit Argentine-Royaume Uni au sujet des îles Folklands/Malouines en 1981-1982.

Mais il existe une opposition idéologique entre d’une part les Etats-Unis et les états latino-américains libéraux, et d’autre part les états dirigés par des gouvernements très à gauche (Cuba…), qui ont formé l’ALBA (Alliance Bolivarienne des Amériques), y figurent : Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Equateur, et le Nicaragua.

2. Des tensions internes

Aussi, les principales violences ont pour origine les tensions internes qui ont pu opposer par exemple une minorité (ethnique ou religieuse) au pouvoir central. Ainsi au Guatemala, Rigoberta Menchu, prix nobel de la Paix 1992, a défendu avec succès les droits des indiens, et en Colombie le Président Santos a reçu le prix Nobel de la Paix 2016 pour avoir mis fin à trente ans de guerre civile entre l’état Colombien et la guérilla marxiste les FARC (force armée révolutionnaire de Colombie).

3. Des tensions qui concernent surtout la criminalité

Mais les tensions actuelles concernent surtout la criminalité, qui est dominée par les narcotrafiquants qui forment des cartels. Le Canada, le Chili voire même le Costa Rica sont des états sûrs, mais aux Etats-Unis, le taux d’homicide pour 100 000 habitants se situe autour de 10, au Brésil ce chiffre dépasse les 20, et les 4 pays les plus dangereux sont le Mexique, le Venezuela, le Honduras et le Salvador, ici on dépasse les 40 voire les 60. Et San Pedro Sala (2e ville du Honduras, 500 000 habs) est la ville la plus dangereuse du monde, capitale mondiale du meurtre. En effet au Honduras le crime est le fruit de gangs terribles, qu’on appelle les Maras.

 

C) Une intégration surtout fonctionnelle

1. Les accords en vigueur

L’ALENA, accord de libre échange nord-américain, ou NAFTA en anglais, a été mis en service en 1994 à l’initiative de Mr. Clinton. Il s’agit de mettre en place la libre circulation des marchandises mais pas des hommes. Cette organisation a dynamisé les échanges entre les Etats-Unis et le Canada et entre les Etats-Unis et le Mexique, pas mais entre le Canada et le Mexique. L’ALENA a facilité l’installation d’usines étasuniennes dans le nord du Mexique, usines appelées maquiladoras, par exemple à Ciudad Juarez. Par contre, la petite agriculture familiale mexicaine, qui a été submergée par la concurrence venue des Etats-Unis, est en fort déclin.

Aussi, le MERCOSUR a été mis en place en 1995 avec 4 pays fondateurs : Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay (le Venezuela et la Bolivie ont fait des démarches pour devenir membres et la procédure est en cours). Le MERCOSUR assure la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes. Il y a aussi un président et un parlement élu. Ensuite, on met en place une coopération transfrontalière qui concerne surtout le transport et l’énergie. Par exemple, les ressources hydroélectriques du Parama (fleuve à la frontière entre le Paraguay et le Brésil) sont ainsi gérées en commun avec l’Argentine, le Brésil et le Paraguay, et ceci se passe au barrage de Itaipu. Les liens commerciaux concernent surtout l’Argentine et le Brésil, et de toute façon le Brésil a toujours comme premiers partenaires commerciaux l’UE et la Chine.

Il existe d’autres organisations comme la CAN (communauté andine des nations) dont fait partie par exemple le Pérou ; le MCCA (marché centro américain) ; le CARICOM (Caribean community) dont fait partie par exemple la Jamaïque. Tous ces accords ne concernent que le libre échange de biens.

2. Les accords rejetés ou en cours de création

Au début des années 2000, le président Busch a voulu créer la ZLEA Zone de libre-échange américain, qui aurait concerné tout le continent de l’Alasaka à la terre de feu. Mais le Brésil et l’Argentine s’y sont opposés, par peur de la concurrence agricole venue des Etats-Unis.

Pour pallier à ces insuffisances, les sud-américains ont lancé un autre chantier, la création de l’UNASUR, Union des nations d’Amérique du Sud, et qui a des objectifs très ambitieux, comme par exemple la création d’une agence spatiale Sud-américaine.

3. L’intégration fonctionnelle progresse grâce à la mondialisation

Malgré les limites de l’intégration politique, l’intégration fonctionnelle progresse en partie grâce à la mondialisation.

  • Les flux de capitaux :
    – une firme américaine comme Walmart, première firme mondiale de grande distribution, est omniprésente dans des pays comme le Chili.
    – les trafiquants colombiens placent leur argent dans les paradis fiscaux comme la Barbade
  • Les flux de personnes concernent par exemple l’immigration cubaine et mexicaine aux USA, ou alors l’arrivée de boliviens au Chili
  • Et les flux de biens manufacturés concernent par exemple les automobiles made in USA vendues en Amérique du Sud (Ford) et on note également des flux de matières premières à travers tout le continent, par exemple du pétrole vénézuélien vendu aux Etats-Unis ou du gaz bolivien vendu en Argentine. De plus, presque tous les pays du continent achètent des produits tropicaux au Brésil (café…).

II) Etats-Unis et Brésil : le rayonnement de deux états-continents

Introduction

En 2015, une célèbre marque de bière étasunienne a été rachetée par une groupe agro-alimentaire brésilien, ce qui témoigne de l’émergence du Brésil sur la scène économique mondiale. Cette étude nous invite à comparer les poids économiques, diplomatiques et culturels des deux premières puissances du continent.  Mais, la pertinence de cette comparaison soulève des questions, car sauf pour l’agriculture, un énorme écart sépare les Etats-Unis (premier PIB du monde avec 19 000 milliards de dollars) et le Brésil (8e puissance mondiale avec un PIB de 1900 milliards de dollars).
Quels sont les facteurs permettent aux Etats-Unis d’exercer sur le continent américain ou sur le monde une influence bien supérieure à celle du Brésil?

A) Influence diplomatique : un géant face à un nain

1. Etats-Unis

Les Etats-Unis disposent de la 2e armée du monde en terme d’effectifs mais de la première en terme d’équipement militaire (drônes…). Chaque année, ils dépensent environ 600 milliards de dollars pour son armée (50 milliards pour la France). Leur puissance s’appuie sur des alliances, avec d’abord les pays de l’OTAN mais aussi avec l’Australie, le Japon, l’Israël, la Corée du Sud… Et elle est complétée par des bases situées partout dans le globe, par exemple à Guam dans le Pacifique, à Diego Garcia dans l’Océan Indien, et au Bahrein dans le Golfe Persique.

Diplomatiquement, les Etats-Unis exercent une forte influence à l’ONU, mais aussi au FMI (comme le nombre députés qu’on y a est proportionnelle à ce que l’on paye pour le FMI), à l’OMC, et à l’ALENA. Cependant, il existe un fort antiaméricanisme dans le monde, renforcé par la présence de Trump, chez certains pays d’Amérique latine, chez certaines gauches occidentales (les insoumis, podemos…), en Corée du Nord, et bien sur au Moyen-orient puisque les Etats-Unis sont la cible des islamistes.

2. Brésil

Face à cela, le Brésil pèse peu : il n’a pas l’arme atomique, son budget militaire se situe autour de 25 milliards par an, il n’a aucune base à l’étranger, et il réclame en vain (pour le moment) une place permanente au conseil de sécurité de l’ONU.

Le Brésil progresse un peu sur la scène internationale, c’est le chef des pays d’Amérique Latine et surtout du Mercosur. Le Brésil s’intéresse aussi aux pays lusophones comme l’Angola ou le Mozambique, anciennes colonies portugaises. Enfin, actuellement, le Brésil a placé un des siens à la tête de l’OMC, Roberto Azevedo. Toutefois, contrairement aux Etats-Unis, le Brésil n’a pas d’ennemis.

B) Deux modèles attractifs

1. Etats-Unis

Les Etats-Unis se présentent comme étant le pays de la Destinée Manifeste, ce qui leur a permis d’attirer des migrants mais aussi des étudiants et des chercheurs (720 000). L’attractivité concerne aussi les touristes puisque les Etats-Unis sont le premier pays du monde pour les recettes touristiques. Le soft power passe aussi par la diffusion et la vente de produits audiovisuels, comme les films faits à Hollywood. L’album de musique le plus vendu dans le monde est américain, « Thriller » de Michael Jackson, et les 20 films qui ont rapporté le plus de recettes dans l’histoire du cinéma ont tous été faits aux Etats-Unis (Autant en emporte le vent, Titanic, Avatar, Blanche-neige, Star Wars 4).

2. Brésil

Le Brésil exerce un soft power réel même s’il n’est pas comparable avec celui des Etats-Unis. Il a organisé des éventements sportifs d’envergure comme les JO de 2016 ou la Coupe du Monde 2014. Le Brésil exporte des télénovelas notamment au Moyen-Orient (car elles contiennent un respect de la morale religieuse). De plus, il met en avant un art de vivre original basé sur le sport, le sens de la fête avec la plus grande fête du monde le Carnaval de Rio (samba…), et le culte du corps (chirurgie esthétique…). Ainsi le Brésil attire des touristes, surtout à Rio, vitrine du pays connue pour ses lieux emblématiques. Mais la diffusion assez faible du portugais dans le monde pénalise le soft power brésilien.

C) Les première et huitième puissances mondiales

1. Agriculture

Le PIB des Etats-Unis étant dix fois supérieur à celui du Brésil, les comparaisons ne peuvent concerne que le domaine agricole. On a ici affaire aux deux premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles, qui sont tous les feux qualifiés de « fermes du monde ».

  • Les Etats-Unis sont 1ers pour maïs lait coton volaille, 2e soja élevage bovin agrumes, 3e blé, 4e vin.
  • Le Brésil lui est 1er soja élevage bovin agrumes café sucre, 2e volaille agrocarburants, 3e maïs.

L’essentiel de la production est assurée par une agriculture productiviste qui concerne des domaines de plusieurs milliers d’hectares, dans lesquels on utilise massivement les OGM, les pesticides, les engrais et même le clonage. Par exemple, dans les grandes plaine étasuniennes on utilise la technique des feedlots c’est-à-dire que des dizaines de milliers de bovins sont nourris dans des enclos avec du soja OGM.

2. Industrie

Du point de vue industriel les USA disposent de la troisième industrie du monde, dépassés depuis 5 ans par la Chine et l’Allemagne, alors que le Brésil se situe toujours autour de la 10e place. Cette relative faiblesse du Brésil se remarque lorsqu’on étudie le classement des 500 premières FTN (firmes trans-nationales) mondiales, le Fortune Global 500. Dans cette liste ne figure que trois firmes brésiliennes : JBS (leader mondial du boeuf), Pétrobras, Embraer (4e avionneur du monde) dont seulement cette troisième firme qui est vraiment technologique. Aux Etats-Unis environ 120 firmes figurent dans ce top 500. Certes, certaines branches étasuniennes ont beaucoup souffert comme la sidérurgie ou l’automobile, par exemple un des trois géants automobiles américains, Chrysler Jeep, a été racheté par la firme italienne Fiat. Par contre, d’autres secteurs ont résisté, comme la pétrochimie avec Exxon Mobil et les industries agro-alimentaires IAA (Kraft Mondelez, Pepsico). Trois/quatre secteurs brillent toujours : la pharmacie (Pfizer), l’informatique avec Intel, l’aéronautique avec Boeing, l’armement avec Raytheon.

3. Influence financière et commerciale

Compte tenu de ces disparités, l’influence financière et commerciale est également à l’avantage des Etats-Unis (premier importateur et troisième exportateur mondial). Pour les IDE (investissements directs à l’étranger) entrants, les Etats-Unis se situent au premier rang à égalité avec la Chine ; et pour les sortants ils sont incontestablement premiers. Le Brésil est au 6e rang pour les IDE entrants et 25e rang pour les sortants. Si on considère les places boursières, New York avec le NYSE (ny stock exchange) et le NASDAQ (bourses pour les start up, nouvelles technologies) se situent au premier rang mondial devant Londres et Tokyo, alors que Sao Paulo se situe à peine à 10e rang.

Conclusion

Au final, sauf pour le domaine agricole, l’influence mondiale des Etats-Unis et du Brésil n’offre guère de comparaison pertinente. Malgré la crise de 2009,  le pays de l’oncle Sam demeure une hyperpuissance alors que le Brésil reste une puissance régionale.

III) Les dynamiques territoriales de deux Etats-continents

Introduction

Avec respectivement 9.3 et 8.5 millions de km², les Etats-Unis et le Brésil détiennent les 3e et 5e superficies de la planète. Outre l’étendue, les deux états offrent d’autres caractéristiques communes comme par exemple le fait d’être d’anciennes colonies peuplées à partir de la côte Est. Mais ces immenses étendues doivent être exploitées, maîtrisées par un réseau de transport performant et le tout en tenant compte des exigences du développement durable.

Comment ces deux états s’efforcent-ils de tirer profit des aménités (atouts) de territoires métropolisés et littoralisés ?

A) Des états littoralisés et métropolisés

1. Des états littoralisés

Aux Etats-Unis, les premiers colons s’installent sur la côte du pays actuel dans la région de Boston au début du 17e siècle. Ces colons britanniques sont ensuite descendus le long du littoral (Virginie) et ont formé 13 colonies (les 13 raies du drapeau américain) qui sont devenues indépendantes en 1783. Ainsi peut commencer la ruée vers l’Ouest qui était juste là bloquée par les britanniques et les français. Le territoire peur s’agrandir à la suite d’achats : la Louisiane à été vendue en 1803 par les Français (Napoléon), la Floride par les Espagnols et l’Alaska par les Russes. Des guerres ont également eu lieu : contre les Indiens qui ont été victimes d’un génocide* et contre les Mexicains qui ont du céder le Texas en 1845**. La conquête est complète avec les îles Hawaii prises à l’Espagne en 1898.

Au Brésil aussi les colons sont arrivés par le Nord-Est et la première capitale était Salvador de Bahia. La aussi, les colons sont descendus le long de la côte Est, et après l’indépendance survenue en 1822, les Brésiliens se sont aventurés dans l’ouest mais l’Amazonie n’a été vraiment explorée qu’au 20e siècle (et exploitée en 1950).

Cette histoire explique la primauté de la côte Est dans les deux pays, même si les États Unis comptent aussi une côte Ouest dynamique. Aujourd’hui, plusieurs activités vitales dynamisent les littoraux : le tourisme balnéaire (Floride, Daytona Beach / Buzios), le commerce maritime avec des ZIP (zones industrialo-portuaires) et enfin l’exploitation de pétrole offshore par exemple au Texas.

2. Des territoires animés par de puissantes métropoles

On compte aux États Unis 43 villes peuplées de plus d’un million d’habitants. Les villes étasuniennes forment des réseaux urbains :

  • Sur la côte est, la Mégalopolis s’étend de Boston à Washington (6e ville 6M) en passant par New York (1ere ville 19M), Philadelphie (5e ville 6M) et Baltimore
  • Dans la région des grands lacs, la Main Street America rassemble des villes canadiennes comme Toronto ou Montréal et des villes étasuniennes comme Détroit et surtout Chicago (3e ville 9M)
  • En Californie, s’étend le SanSan, de San Francisco (4e ville) à San Diego en passant par Los Angeles (2e ville 13M)
  • Portland, Seattle et Vancouver forment la Pugetopolis
  • Dallas, Houston et San Antonio forment le triangle texan
  • Atlanta et Charlotte appartiennent à la Metrolina

Même dans l’intérieur du territoire, il y a des villes de plusieurs millions d’habitants : dans les grandes pleines Kansas City ou St Louis (Missouri) et dans les Rocheuses Denver (Colorado).

Trois métropoles exercent une influence mondiale : New York, capitale économique et culturelle (de culture d’élite), Los Angeles capitale culturelle (de masse ex Hollywood) et Washington capitale politique. Ceci dit Sans Francisco et Boston exercent aussi un rayonnement scientifique et technologique grâce à la Sillicon Valley à SF et à leurs universités, Boston a « la meilleure université du monde » le M.I.T. Massachusetts Institute of Technology.

Au Brésil, la hiérarchie urbaine est beaucoup plus déséquilibrée car deux villes dominent de très loin : Sao Paulo (21M) capitale économique, et Rio de Janeiro (12M) ancienne capitale capitale politique et toujours capitale culturelle. La capitale politique, Brazzaville, ne compte que 5M d’habitants, elle a été fondée en 1960 ex nihilo sur décision du Président Kubitchek, qui a demandé à des architectes comme Costa et Niméyer de la designer. Mais Brasilia n’a jamais réussi à concurrencer Rio et Sao Paulo. Les autres grandes villes sont presque toutes situées sur les littoraux. Au sud Porto Alegre (le port de la joie), au Sud Est Belo Heizonte, au nord-est Fortaleza, Recife, Salvador, et au nord Bélen. A part Brasilia, l’intérieur du pays compte un autre métropole ou ville d’envergure, Manaus sur les bords de l’Amazone. A l’exception de Rio, surnommée « cidade maravilhosa » aucune ville brésilienne ne peut donc rivaliser avec le rayonnement des villes étasuniennes.

B) L’inégale maîtrise et l’inégale ouverture du territoire 

1. Une maîtrise inégale

Les Etats-Unis disposent d’un des réseaux de transport les plus performants du monde. Pour relier la côte Atlantique et la côte Pacifique, ils ont mis au point le pont transcontinental multimodal (ou landbridge). On recherche le meilleur rapport prix/vitesse pour transporter les personnes et les marchandises d’un point à un autre du territoire. Ce réseau s’articule autour de hubs comme Chicago et il comprend :

  • un réseau ferroviaire, on peut relier par train les côtes est et ouest depuis 1868
  • de grands axes routiers (hightway) comme la fameuse route 66, des aéroports pour les vols internes et et des vois navigables. Elles permettent de relier le Golfe du Mexique à l’Atlantique en passant par le Mississippi, les grands lacs et le « Saint Laurent ».

Au Brésil, la maîtrise du territoire est incomplète. Seules les régions du Sud et du Sud-est disposent d’un réseau comparable (triangle utile entre Fortaleza, Rio et Sao Paulo). L’intérieur du territoire est bien moins desservi car l’Ouest du Brésil se termine par l’Amazonie qui est peu exploitée, par des zones montagneuses vers le Bolivie, et les états frontaliers comme le Pérou ou la Bolivie n’échangent pas vraiment avec le Brésil. Une seule route traverse l’Amazonie de part en part : la transamazonienne.

2. Une ouverture inégale

En ce qui concerne les liaisons avec l’étranger, les Etats-Unis ont également l’avantage. D’abord, les liaisons Canada/USA sont faciles. Elles concernent entre autre des gazoducs et des oléoducs. Avec le Mexique, le Rio Grande n’est pas un obstacle. Les ports de la côte Est comme New York se tournent vers l’UE. Ceux du Golfe de Mexique comme Houston commercent avec l’Amérique du Sud. Et ceux de la côte Ouest comme Long Beach près de Los Angeles échangent avec l’Asie orientale. Les USA comptent 43 aéroports internationaux, les plus fréquentés sont des hubs (en 2015 dans l’ordre : Atlanta, NY, Chicago, Miami, Dallas, Los Angeles).

Au Brésil, les ports principaux comme Santos sont assez éloignés des grandes routes maritimes et du canal de Panama et les liaisons terrestres avec les pays voisins concernent surtout l’Argentine et l’Uruguay, avec le projet de créer un jour une ligne à grande vitesse reliant Rio à Montvideo à Buenos Aires. Sans attendre cet échange, le Brésil développe des échanges avec les pays voisins par exemple l’ancien président Lula et Nicolas Sarkozy ont inauguré un pont sur l’Oyapock (fleuve qui marque la frontière entre le Brésil et la Guyane Française). Le Brésil est à l’origine de la construction d’un landbridge sud-américain qui relie Sao Paulo – Asunción (capitale Paraguay) – Antofagasta (grande ville Chilienne).

C) De fortes disparités régionales

1. Le territoire étasunien (un territoire divisé en 3 parties)

Le nord-est des USA autrefois appelé « Manufacturing Belt » offre aujourd’hui une situation contrastée. La mégalopolis demeure l’hypercentre des Etats-Unis en s’appuyant sur des activités tertiaires comme le tourisme et sur des entreprises de haute technologie (à Boston par exemple). Par contre, la région des grands lacs traverse une crise qui frappe les industries traditionnelles (textiles, automobile, métallurgie) depuis le choc pétrolier de 1973. La ville de Détroit, surnommée Motown (Motor Town) était considérée comme la capitale mondiale de l’automobile dans les années 50-60 et elle offrait à ses habitants un des niveau de vie les plus élevé du pays. Mais entre 1950 et 2012 elle a perdu la moitié de ses habitants et c’est une ville dévastée par la crise. Seule Chicago garde ses positions.

De la Virginie jusqu’à la Pugetopolis s’étend la Sun Belt. Cet ensemble s’est développé depuis les années 70 grâce à son cadre agréable grâce aux richesses du sous-sol surtout le pétrole, et grâce à l’implantation d’industrie liées à l’armement, à l’aéronautique et plus récemment à l’informatique. Dans cette Sun Belt se distingue plusieurs régions :

  • la Floride avec du tourisme, des cultures d’agrumes et des activités aérospatiales avec la NASA
  • le Texas brille grâce au pétrole avec la firme Exxon Mobil et grâce aux industries d’armement
  • la Californie est l’état le plus riche et le plus peuplée des USA grâce au tourisme, a son art de vivre, à son agriculture avec les vins de la Napa Valley et bien sur grâce à la synergie qui existe entre les grandes universités comme Stanford et UCLA (Université Californie Los Angeles) et les entreprises de la Silicon Valley
  • la Pugetopolis autour de Seattle s’appuie sur deux géantes entreprises : Boeing et Microsoft

Les autres espaces

Il existe d’autres zones prospères :

  • la ville de Phoenix en Arizona a connu une croissance spectaculaire ces 30 dernières années en nombre d’habitants et en niveau de vie
  • la région d’Atlanta a su rompre avec une image de marque négative (raciste)  en développant des industries de haute technologie

Mais entre ces espaces prospères il existe des zones plus pauvres comme la Louisiane qui est l’un des états les plus pauvres.

Le reste du territoire offre une grande variété de situations :

  • les grandes plaines sont toujours consacrées à l’agriculture et aux IAA
  • les rocheuses misent sur le tourisme naturel avec Yellowstone, sur le tourisme hivernal avec Aspen et surtout sur les ressources du sol qui sont considérables (cuivre, uranium, pétrole de schiste)
  • aujourd’hui la région avec le PIB/habitant le plus élevé des Etats-Unis est le Dakota du Nord, grâce au pétrole de schiste
  • les îles Hawaï sont un paradis touristique
  • l’Alaska est comparé à un émirat pétrolier
2. La persistance d’inégalités régionales sur le territoire brésilien)

Le cœur économique du Brésil se situe toujours au Sud et surtout au Sud-Est :

  • le Sudeste représente 70% de la production industrielle du Brésil et elle s’appuie aussi sur le tourisme et sur la culture historique du café. São Paulo doit son essor à la production de café
  • le Sud se distingue grâce à son agriculture mécanisée semblable à celle des pays tempérés (culture du vblé, du soja, comme en Europe de l’Ouest par exemple)

Deux autres régions s’intègrent peu à peu dans la mondialisation :

  • d’abord le Centre-Ouest, qui correspond au Mato Grosso « grand plateau » s’intègre dans l’économie mondiale grâce à la capitale Brasilia et surtout grâce à l’agriculture, qui repose sur deux piliers : la culture du soja et l’élevage bovin
  • le Nordeste peut être divisé en deux sous-parties :
    – le littoral connait un renouveau car certaines villes ont fait l’objet d’aménagements pour la Coupe du Monde 2014. Mais la criminalité y atteint toujours un niveau très élevé, par exemple Maceio malgré ses plages affiche un sinistre record, c’est la ville la plus dangereuse du Brésil avec 135 homicides pour 100 000 habitants en 2015.
    – par contre, l’intérieur des terres reste marqué par une très grande pauvreté, c’est la région du Sertão ; la terre s’y est asséchée suite à des décennies de mauvaises pratiques agricoles, et la zone s’est désertifiée.

L’Amazonie, par contre, est un cas complexe. Elle s’étend sur environ 50% du territoire et « déborde » sur d’autres états comme le Pérou ou la Colombie. D’un côté, c’est un espace à exploiter car c’est un endroit riche en ressources : exemple de la mine de fer de Carajas, la plus grande mine du monde. Cet espace est donc peu à peu grignoté par des fronts pionniers (déforestation) selon un schéma en arrête de poisson. Les espaces défrichés sont consacrés à l’élevage bovin avec des espèces spéciales (importées d’Inde, vache nélore) c’est la colonisation par la patte de bœuf.
A la fin des années 90 et au début des années 2000, la déforestation concernait chaque année une surface égale à celle de la Belgique. Le Président Lula, pour des raisons écologiques, a décidé de ralentir cette destruction, et entre 2005 et 2015 la surface défrichée chaque année à été divisée par 2. Il a prit cette décision car l’Amazonie est vitale pour tout l’humanité : elle recycle du CO², elle est une réserve de biodiversité, et c’est aussi le lieu de vie de certains peuples premiers comme les Awas.

Conclusion

Même dans les espaces en crise des USA, on a une pauvreté beaucoup moins sévère que dans les régions pauvres du Brésil (on a pas de bidonvilles aux USA, au Brésil si) et qui reste supérieur au niveau de vie moyen mondial.

 

Etude de document sur le Brésil

En quoi ces documents permettent-ils de comprendre les dynamiques territoriales du Brésil ? Portez un regard critique sur ces cartes (on regarde le III A B C de la leçon> on parle ici du A et du C).

Introduction (données sur le Brésil)

Le Brésil, 8e puissance mondiale, offre un niveau de vie correct à ses habitants puisque l’IDH moyen se situe autour de 0.7. Mais cet état-continent (8.7 millions de km², 5e superficie du monde), plutôt peuplé (210 millions  d’habitants, 5e population mondiale) présente également de grands contrastes que nous révèlent ces deux documents, réalisés par un institut national de statistiques. Le document 1 montre les différences concernant la densité, par exemple entre le Sudeste et l’Amazone. Le document 2 nous présente les écarts de développement, écarts très importants entre Sao PAulo et son IDH situé entre 0.72 et 0.86, et le misérable Sertao avec un IDH légèrement supérieur à 0.42.
L’annonce du plan mèle la problématique. Avant de porter un regard critique sur ces cartes, nous montrerons en quoi elles illustrent la littoralisation et la métropolisation du territoire, ainsi que les persistances de fortes inégalités régionales.

Le document 1 nous permet de constater la très forte littoralisation des hommes puisque des densitées êtremement élevées (13 000 habitants /km²) se retrouvent sur le littoral Sudeste entre Rio et Sao Paulo, ainsi que sur le littoral Nordeste entre Salvador et Recife. Mais les densités sont beaucoup plus faibles lorsqu’on s’enfonce à l’intérieur des terres. En Amazonie et dans le Centre Ouest, on est en dessous des 15 habitants/km², même s’il existe des concentrations de population autour de villes comme Manaus ou Brasilia.
Le phénomène s’explique par l’arrivée des Colons sur la côte Est, à la suite de Cabral. L’essor du tourisme balnéaire et la mondialisation renforcent cette tendance puisque par exemple les gens riches d’Amérique Latine se pressent à Buzios.
Les deux cartes nous permettent de constater la métropolisation croissante du Brésil pisque les fortes densités concernant des régions urbanisés, et non des zones rurales, et le document 2 montre que l’IDH est particulièrement élevé dans les grandes métropoles comme Sao Paulo ou Brasilia.
Là encore, ce phénomène est renforcé par la mondialisation, car les flux sont aimentés par de grands pôles économiques, financiers, et même culturels. Ainsi, dans le Sudeste, Rio attire les touristes t Sao Paulo siège de la bourse attire les investisseurs.

En croisant les deux cartes, on peut obtenir une classification des régions suivant leur richesse et leur densité de peuplement.
D’abord, il y a des régions riches et densément peuplées : le Sudeste et le Sul. Le sud grâce à l’agriculture, et notamment à la culture du blé possible grâce à un climat relativement froid ; alors que le Sudeste brille grâce au café, au tourisme, à l’industrie. Dans certains endroits (Porto Alegre) l’IDH atteint 0.86 ce qui se rapproche des pays occidentaux. Le Centre-Ouest est une région assez riche grâce à Brazilia et à l’agriculture (bœuf, soja) mais elle reste assez faiblement peuplée, avec des densités inférieures à 15 habitants/km². LE Nordeste et surtout le littoral, est très densément peuplé avec de grandes villes comme Recife et Salvador. Mais l’IDH y reste assez faible, inférieur à 0.65, peut-être à cause de la criminalité, qui dissuade les investisseurs (étrangers). Enfin l’Amazonie et le Sertao sont peu densément peuplés et restent des zones de pauvreté, à quelques exceptions près comme Manaus, pôle économique majeur de l’Amazonie.

Regard critique. La carte des densités ne montre pas les dynamiques récentes, qui font état de déplacements de population du littoral vers l’Amazonie et surtout le Centre-Ouest. Elle ne montre donc pas quelles sont les régions qui gagnent des habitants, et celles qui en perdent. D’autre part, la carte met dans la même catégorie des zones allant de 40 à 13000 habitants par km², ce qui fait un écart énorme.
La carte de l’IDH ne montre pas les inégalités opérant à l’échelle urbaine. Sao Paulo présente en moyenne un IDH élevé, grâce à son centre d’affaires. Mais cette ville abrite aussi d’énormes bidonvilles comme celui de Paraisopolis. Cela étant, ces deux documents réalisés de façon assez fine, et présentent les contrastes à l’intérieur des régions.

*(sauf quand ils ont gagné la bataille de Little Big Horn dans le Wyoming où ils ont même tué le général Custer)

**(bataille de Fort Alamo, les Mexicains gagnent mais sont affaiblis, c’est donc pour les États-Unis une défaite qui deviendra une victoire la fois d’après)

image_pdfimage_print
Menu