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H5 – De la colonisation au temps des indépendances

Première 2016 – 2017

Entre 1776, date de la naissance des USA, et 1822, date de l’indépendance du Brésil, les européens ont abandonné presque toutes leurs colonies en Amérique. Mais à partir de la révolution industrielle certains pays comme la France et l’UK ont désormais une puissance économique et technologique qui leur permet de conquérir toute l’Afrique et une bonne partie de l’Asie. Mais au lendemain de la Seconde guerre Mondiale le système colonial vole en éclat et de nouveaux états comme le Sénégal ou la Malaisie sont créés dans les années 50 et 60 essentiellement.

La colo peut-elle être assimilée à une simple exploitation des hommes et des territoires colonisés ? Quels sont facteurs qui ont permis arrivée du « soleil des indépendances » ?

I) L’Europe à la conquête du monde

A) Les motivations des colonisateurs

En mars 1885 Jules Ferry explique l’intérêt de la colonisation :
– les colonies fournissent des débouchés et surtout des ressources comme le caoutchouc en Indonésie, le coton en Inde, l’or en Afrique du Sud, des produits tropicaux
– existe pour Ferry un devoir pour les « races dites supérieures » et donc un droit, celui de civiliser les races dites inférieures. L’écrivain anglais Kipling parle lui du « fardeau de l’homme blanc », ceci témoigne d’une vision paternaliste (il n’a rien contre les noirs mais il les voit comme enfants) souvent raciste.
– la colonisation a aussi des objectifs géopolitiques ; elle peut fournir soldats, des bases comme celles que l’UK utilise entre leur pays et les indes, et surtout elles accroissent le prestige politique d’un état.

En 1890 le nouvel empereur allemand Guillaume II lance la Welkpolitik (politique mondiale) et le chancelier Von Bülow affirme : l’Allemagne veut aussi une place au soleil.

Il existe d’autres motifs que les motifs étatiques, comme :
– la curiosité de certains explorateurs financés par des sociétés de géographie comme Richard Burton , un anglais qui cherche les sources du Nil, ou Savorgan de Brazza qui remonte le fleuve Congo
– les églises encouragent le mouvement pour évangéliser les populations africaines, le Vatican créé pour cela ordre spécial composé de missionnaires

B) Le partage colonial

La colonisation progresse très vite après 1870, à partir de points que les européens avaient établis sur les côtes. Mais cela provoque des tensions entre les grandes puissances coloniales et donc des guerres.
C’est pour ça que se réunit la conférence de Berlin en 1885, qui a pour but de découper le continent et de mettre fin à la « mêlée pour l’Afrique ».
Ainsi, les conflits entre européens peuvent être maîtrisés en utilisant les territoires comme monnaie d’échange. Par exemple en 1911 la France cède au Cameroun allemand une partie du Gabon en échange de quoi les allemands ne s’occupent plus de la présence Française au Maroc.
En 1914 l’empire britannique est le plus étendu avec environ 400 millions d’habitants et 30 millions de km². Il comprend des terres de tous les continents : la Jamaïque en Amérique, l’Australie en Océanie, les Indes en Asie, et une grande partie de l’Afrique « du Caire au Cap » en passant par le Kenya.
La France suit avec 50 millions d’habitants en Indochine et surtout en Afrique avec le Maghreb l’AOF (Afrique Occidentale Française), l’AEF (Afrique Equatoriale Française) et Madagascar.
Il existe ensuite 6 autres empires plus petits :
– Portugal : Angola, Mozambique
– Belgique : Congo belge
– Pays-Bas : Indonésie, Surinam
– Allemagne : Togo, Cameroun, Namibie, Tanzanie
– Italie : Somalie, Lybie
On remarque qu’une grande partie de l’Asie reste indépendante, c’est le cas de la Chine, de l’Iran et de la Thaïlande.
Par contre toute l’Afrique est colonisée à l’exception du Liberia et de l’Ethiopie

C) Des résistants à la colonisation

Dès le départ la colonisation rencontre des opposants en métropole ou dans les colonies :
En France une partie de la droite critique le coût de la colonisation et préférerai qu’on s’occupe de l’Alsace-Moselle. A gauche, Clemenceau critique le concept de hiérarchie des races et dit : « Justifier la colonisation par la morale c’est ajouter l’hypocrisie à la violence ».
– Sur le terrain les européens se heurtent à des résistances : l’empereur Ménélik II d’Ethiopie réussit à battre les italiens a Adoua et empêche la conquête de son pays. Dans d’autre cas les indigènes résistent farouchement mais c’est vain, par exemple au bénin où les femmes soldats amazones se battent contre les Français avant de céder. Les britanniques ont eu beaucoup de mal à vaincre les Maoris en Nouvelle-Zélande et les Zoulous en Afrique du Sud car ceux-ci défendaient un grand empire fondé au début du 19e siècle par grand guerrier : Chaka Zoulou.

Une fois la résistance vaincue, les opposants à la colonisation se font entendre à nouveau après la Première Guerre Mondiale.
A cette époque la France et l’UK sont affaiblis et les soldats coloniaux qui ont combattu en Europe ont bien vu les faiblesses de la civilisation européenne.
Aux arguments nationalistes s’ajoutent des arguments idéologiques portés par les communistes. Dans les années 30 le PCF critique la colonisation, assimilée à l’exploitation, et dans les colonies de nouveaux leaders émergent, comme le vietnamien communiste Ho Chi Minh, qui en 54 devient Président du Nord Vietnam.
Mais dans les métropoles l’opinion publique reste plutôt favorable à la colonisation comme le montre l’Exposition Coloniale à Paris en 1931 qui a rassemblé 8 millions de visiteurs.

II) Le système colonial

A) Etude de cas : le chemin de fer Congo-Océan

En 1921 le gouverneur du Congo Français décide de construire un chemin de fer entre Brazzaville et Pointe Noire pour amener le caoutchouc et l’ivoire vers le littoral puis vers la France car le fleuve Congo passe en territoire belge.
Les congolais périssent par milliers sur ce chantier très dangereux, dans le cadre du travail forcé qui s’apparente à l’esclavage.
les travailleurs n’ont aucun droit, et le chemin de fer ne leur sera d’aucune utilité.
Il faut attendre l’intervention du journaliste Albert Londres et de l’écrivain André Gide pour mettre fin au scandale.

B) Le système britannique

Globalement brits mettent en place syst appelé Association cad ils laissent indigènes s’occuper autant que possible affaires courantes.
Ex en inde maharadjahs administrent encore vastes territoirs.
Cela permet économiser argent puisque présence brit se résume quelques soldats, ingénieurs, gouverneurs.
Mais habs ont presque aucune chance obtenir nationalité brit > sont donc dans état de sujétion poli.
Mais existe 4 cas particuliés, dominions : canada, afrique sud, australie, nv zel. Habs blancs de ces régions sont très nbrx et ont mêmes droits libertés indiv que brits , ces territoires deviennent + en + autonomes et élisent propre assemblée
1931 avec vote des statuts de Westminster ils deviennent indépendants.

C) Le système colonial français

La France domine trois types de territoires :
– L’Algérie est composée de trois départements et en 1930 les musulmans représentent 80% de la population (arabes et kabyles) mais seuls les 20% restants (les gens d’origine européenne ou juive) ont les même droits que les français de métropole
– Le Maroc et la Tunisie sont des protectorats c’est à dire des territoires qui gardent en théorie leur propre administration, par exemple le Maroc garde son sultan. Mais les affaires importantes sont gérées par le gouvernement français, par exemple dans les années 20 le maréchal Lyautey.
– Les autres territoires sont des colonies classiques dirigées par un gouverneur, sans droits pour les indigènes

La France a un projet : l’assimilation, on considère que la France va instruire les colonies et former une élite à qui on va donner la citoyenneté française, ce sont les évolués. Par exemple en 1914 Blaise Diagne devient le premier noir africain élu à l’Assemblée Nationale. Dans les années 30 Léopold Sédar Senghor, le futur Président du Sénégal, est admis à Normal Sup et reçu premier à l’agrégation de lettres devant son ami intime, Georges Pompidou.
Certains soldats africains décorés pendant la Première Guerre Mondiale reçoivent aussi la nationalité française.
Le projet Blum-Violette prévoyait de donner la citoyenneté française à une grande partie de la population Algérienne. Ce projet d’assimilation a été refusé par les français d’Algérie et n’a concerné qu’une minorité faible de colonisés, car la plupart des français gardent une attitude assez méprisante à leur égare comme le montre l’affaire des kanaks à l’Exposition Universelle de 1931.

D) Un crime contre l’humanité ?

La colonisation constitue une spoliation car les colonisés sont privés du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Les ressources de leur pays ne leur profitent pas ou très peu et sont détournées non pas par les états colonisateurs mais par des firmes privées comme la compagnie belge Unilever.
Dans certains cas la colonisation se traduit par des crimes contre l’humanité comme en Namibie en 1900-1903 où les allemands ont presque totalement exterminés les Herreros.
Le Congo belge a été à une époque la propriété personnelle du roi belge Léopold qui a autorisé les compagnies à procéder à la mutilation des indigènes qui ne travaillaient pas assez vite ou se rebellaient (on leur coupait les mains).

Mais les européens amènent aussi leurs compétences en matière de médecine par exemple le docteur Schweitzer qui fait des recherches sur la lèpre dans le Gabon actuel.
La France met aussi l’accent sur éducation afin de former les évolues, une élite parmi laquelle figurine le futur président du Sénégal Sédar Senghor.

 

III) Le temps des indépendances

A) Un contexte nouveau

En 1945, la France, l’UK mais aussi les Pays-Bas et la Belgique sont très affaiblis par rapport à 1939 et ont perdu de leur prestige. Churchill et De Gaulle ont fait de vagues promesses, l’UK aux indiens en 1942 et la France aux africains en 1944 afin d’entamer des négociations une fois la guerre terminée. Les USA, ancienne colonie, sont par principe contre la colonisation, également condamnée par l’URSS. L’ONU condamne également la colonisation puisque les pays colonisateurs y sont très minoritaires, et que dès qu’un pays devient indépendant il soutient les mouvements indépendantistes des autres pays.

Enfin, en Afrique et en Asie, il existe des mouvements structurés qui réclament l’indépendance, unis autour d’un chef, par exemple en Tunisie Mr. Bourguiba dirige un parti appelé Néo Destour, et en Inde on peut compter sur deux dirigeants majeurs : Gandhu et Nehru dirigent un parti du congrès qui organise régulièrement des campagnes de désobéissance civile.

B) Les indépendances en Asie : l’exemple de l’Inde

Après la WW2, le premier ministre britannique Mr. Atlee décide d’engager les négociations avec les indépendantistes indiens. Le Vice-Roi des Indes, Lord Moutbatten, réunit les leaders hindous et le chef de la Ligue Musulmane, Mr. Jinnah. Deux options sont possibles : une Inde dans laquelle vivrait les deux communautés, ou alors une partition en deux Etats : d’une part l’Union Indienne, surtout peuplée par les hindous, et le Pakistan, essentiellement habité par des musulmans.

Le 15 août 1947, date de l’indépendance, c’est cette seconde solution qui est adoptée. Mais cela entraîne des déplacements de population de l’ordre de 15 millions de personnes, ainsi que des violences religieuses qui font 500 000 morts. Gandhi lui-même est assassiné en 1948 par des personnes qui lui reprochent d’avoir perdu le Pakistan. Et depuis la situation entre les deux états reste très tendue, surtout au sujet de la région du Cachemire.

Les autres pays d’Asie accèdent eux aussi à l’indépendance, souvent à la suite de troubles voire de guerres :
– Indonésie (Pays-bas) 1949
– Indochine (France) 1954 à la suite d’une guerre de 7 ans qui a abouti à la création de 4 états : Nord-Vietnam et Sud-Vietnam (qui fusionneront plus tard), Laos, Cambodge.
– Malaisie (UK) 1960

C) L’indépendance des Etats africains

Globalement, en Afrique, l’indépendance des colonies britanniques se fait de façon assez pacifique entre 1956 et 1966.

Pour la France, le Maroc et la Tunisie deviennent indépendants en 1956 à la suite de troubles, alors que l’indépendance de l’AEF, l’AOF et Madagascar se fait de façon assez pacifique, ce qui aboutit à la création de nouveaux états comme le Sénégal et le Cameroun.

La situation de l’Algérie est évidemment bien différente puisqu’elle est constituée de trois départements dans lesquels vivent un million de français. Dès le 8 mai 1945, des émeutes nationalistes éclatent à Sétif et elles sont durement réprimées par l’armé française, qui rétablit le calme pour environ 10 ans.
Le 1er mars 1954, un nouveau groupe indépendantiste, le FLN, front de libération national, organise une vague d’attentats anti-français, c’est la Toussaint Rouge. Le gouvernement, dirigé par Pierre Mendès France, avec François Mitterand comme Ministre de l’Intérieur, situé au centre gauche, réagit avec fermeté et se montre hostile à toute négociation.

Comme les troubles persistent, en 1956 le gouvernement socialiste de Guy Mollet décide d’envoyer en Algérie les soldats du contingent (qui font leur service militaire) : les jeunes qui font leur service militaire en Algérie : les jeunes qui font leur service militaire en Algérie le font pour une durée de 24 mois. Sur place, l’armée, dirigée par le général Massu, reçoit les pleins pouvoirs pour restaurer l’ordre, ce qu’elle arrive à faire à Alger et dans les grandes villes.

Mais les opinions publiques se fracturent pendant cette « guerre sans nom » (car le gouvernement n’a jamais parlé de guerre). L’opinion publique française évolue assez rapidement : la droite (voir l’extrême droite) l’armée et les pieds-noirs restent favorables à l’Algérie française, alors qu’en France métropolitaine, beaucoup changent d’avis face à la violence du conflit. En effet, une partie de l’armée française utilise la torture et cette pratique est dénoncée par des intellectuels français comme Françoise Sagan.

Face à la violence de ces événements, les français de métropole sont de plus en plus hostiles à la guerre, et au printemps 1958 le chef du gouvernement Pfimlin évoque pour les algériens une possibilité d’auto-détermination. L’armé française prépare alors un coup d’état en mai 1958 pour afin de garder l’Algérie française. Pour éviter une guerre civile, le président Cotty nomme alors De Gaulle à la tête du gouvernement. Celui-ci se rend en Algérie, rassurer les pieds-noirs, mais il comprend très vite que la France devra abandonner l’Algérie. Il évoque de nouveau l’auto-détermination en mars 1961 : cette fois les français de France y sont presque tous favorables, et la majeur partie de l’armée française aussi. Par contre, les pieds-noirs et une partie de l’armée n’acceptent pas cette situation : en avril 1961 ils tentent à Alger un putsch qui échoue. Les plus radicaux créent alors un groupe terroriste, l’OAS (organisation armée secrète) qui veut tuer De Gaulle.

En Algérie aussi, les musulmans sont divisés : une partie d’entre eux, les harkis, restent partisans de l’Algérie française, et sont particulièrement visés par le FLN.

Finalement, en mars 1962, le gouvernement français et le FLN signent les accords d’Evian qui prévoient l’arrête des combats et l’organisation d’un référendum pour l’indépendance, en Algérie le 1er juillet. Les pieds-noirs comprennent alors que le choix est simple : la valise ou le cercueil, un million d’entre eux rentrent alors en France, presque sans aucuns biens. Le 2 juillet, les résultats du référendum tombent, et le 3 juillet l’Algérie proclame son indépendance et Mr. Ben Bella est choisi pour être le premier président. Cette indépendance est proclamée dans la violence car plusieurs de dizaines de milliers d’harkis sont massacrés.

D’autres indépendances se sont déroulées dans la violence : celle du Congo Belge en 1960 qui s’est transformé en guerre civile et celle de l’Angola et du Mozambique, colonies portugaises, qui ne se déroulent qu’en 1974.

H4 – La guerre froide 1945 – 1991

Première 2016-2017 : la Guerre Froide

Introduction

« Paix impossible, guerre improbable » c’est ainsi que Raymond Aron définit la guerre froide, c’est à dire l’opposition entre le bloc occidental capitaliste dominé par les USA et le bloc communiste dirigé par l’URSS.
En effet, tout oppose ces deux idéologies totalement différentes, mais cette opposition ne mène pas à un conflit ouvert /déclaré entre les deux puissances car elles possèdent toute les deux l’arme atomique et une guerre conduirait alors à l’apocalypse.
Par contre, des conflits assez fréquents opposent certains pays du bloc capitaliste et du bloc communiste, c’est le cas de la guerre de Corée. Certains de ces conflits périphériques auraient pu déboucher sur une troisième guerre mondiale.
Quelles sont les formes prises par la rivalité USA-URSS ? Quels facteurs ont permis aux usa de remporter cette confrontation ?

I) Les débuts de la guerre froide 1945-1962

A) Deux blocs antagonistes

En février 1945 à Yalta (ville de Crimée, Ukraine), Churchill (UK), Roosevelt (USA) et Staline (URSS° préparent l’après guerre et décident d’organiser des élections libres dans tous pays d’Europe libérés.
Mais en Europe de l’Est les élections sont truquées et le pouvoir passe aux mains des partis communistes locaux.
Le dernier pays à résister est la Tchécoslovaquie qui à partir de février 1948 est dirigée par le communiste Gottwald.
Ces états (Pologne, Hongrie…) sont appelés des états satellites car ils sont en fait totalement soumis à Moscou.
Ils forment avec URSS une alliance économique, le Comecon en 1949, et une alliance militaire avec le pacte de Varsovie en 1955.
La yougoslavie, dirigée maréchal Tito, constitue une exception car c’est un état communiste qui refuse de s’aligner sur l’URSS.
Durant cette période le communisme se repend essentiellement en Asie car en 1949 le président Mao prend le contrôle de la RPC, et la Corée du nord et ainsi que le Nord Vietnam deviennent également communistes.

Pour qualifier la main mise soviétique sur l’Europe de l’Est, Churchill emploie l’expression « rideau de fer ».
Dans ces états, les libertés individuelles et collectives (droit de grève…) sont niées, le parti unique contrôle tout (par exemple la presse) et les habitants n’ont pas la possibilité de s’installer en Europe de l’Ouest.
En mars 1947 le président des USA Trueman expose sa doctrine : il veut procéder à l’endiguement du communisme. Pour cela il lui faut lutter contre le retour de la crise et et de la misère : dans le cadre du plan Marshall, 13 milliards de $ sont donnés ou prêtés aux pays d’Europe occidentale, en premier lieu l’UK et la France. Les pays qui reçoivent cette aide forment l’organisation économique appelée OECE.
En 1949 les USA prennent tête d’une organisation militaire appelée OTAN avec : le Canada, la Belgique, les Pays-bas, le Luxembourg, l’Italie, le Portugal, la Norvège, le Danemark, la France et l’UK. Les années suivantes s’ajoutent la Grèce, la Turquie et la RFA.
Les USA signent d’autres traités avec par exemple l’Arabie, le Japon a reçu aide du plan Dodge, et l’Australie, la Nouvelle-Zélande également, dans le cadre de l’ANZUS (AusNewZelUS).

Enfin aux USA se déclenche une véritable paranoïa anti-communiste. Le sénateur McCarthy organise avec le FBI une chasse aux sorcières : on interroge les acteurs, magistrats, savants, enseignants, militaires, … Certains d’entre eux sont exilés (comme Chaplin), Monsieur et Mme Rosenberg sont exécutés.

B) Les crises de la guerre froide

1) En Europe

Les occidentaux occupent Berlin Ouest, qui représente un îlot capitaliste dans le monde communiste : Staline ne tolère pas l’existence de cette enclave.
Entre mars 1948 et mai 1949, Staline organise le blocus de Berlin Ouest pour affamer les habitants américains. Les USA organisent alors un pont aérien pour les ravitailler. Staline cède et à partir 1949 il existe deux Allemagnes : à l’Ouest RFA et à l’Est RDA.

De 1949 à 1961, trois millions et demi d’Allemands de l’Est profitent de la possibilité d’aller à Berlin Ouest pour quitter leur pays qui compte environ 15 millions d’habitants.
Dans la nuit du 12-13 août 1961, les autorités Est allemande décident de construire un mur infranchissable entre les deux parties de Berlin, qui mesure 155km. Surnommé le mur de la honte, il symbolise parfaitement la coupure entre les deux blocs.
Un autre crise a lieu en Hongrie en 1956, les habitants se révoltent contre le communisme mais l’armée rouge intervient et tue plus de 10 000 hongrois.

2) En asie : guerre corée-chine

3) La crise de cuba

En 1959 le dictateur cubain Baptista est renversé par le socialiste Fidel Castro, secondé par Ernesto Che Guevara.
Castro nationaliste l’économie locale et interdit les casinos et autres établissements par exemple les maisons closes, qui font la fortune de l’île, hors ces secteurs étaient contrôlés par les USA.
En avril 1961 la CIA, aidée de quelques cubains, organise un débarquement dans la Baie des Cochons, qui échoue.
Castro se sent menacé et se rapproche de plus en plus de l’URSS, dirigée par Nikita Khrouchtchev. Ce dernier installe des missiles atomiques sur l’île et ils sont repérés par des avions espions américains.
L président Kennedy réagit en octobre 1962 et adresse un ultimatum à l’URSS : tout tir de missile venant de cuba sera considéré comme agression soviétique et tout navire soviétique allant vers cuba sera stoppé par l’US Navy. Le monde est au bord de la guerre atomique, mais finalement Nikita cède et accepte de retirer les missiles

II) La détente (1963-1975)

A) De nouveaux rapports entre les deux supergrands

Nikita n’est pas Staline, et dès 1956 il a procédé à la déstalinisation de son pays, et il libère ainsi 20% des prisonniers des goulags, et abolit la censure.
Nikita ne veut pas rivaliser avec les USA simplement sur le plan militaire mais aussi culturel (sport) et technologique grâce à la conquête spatiale. Sur ce point l’URSS prend une avance grâce à Yuri Gagarin qui devient en 1961 le premier homme à être allé dans l’espace.
Ainsi après la crise cuba, Nikita prend conscience qu’une guerre signifierai l’apocalypse et de nouveaux rapports s’établissent : c’est la détente :
– La maison blanche et le Kremlin sont reliés grâce au téléphone rouge
– En cas de guerre la doctrine des représailles massive est remplacée par la doctrine des représailles graduées
Après 1964 et l’arrivée de Brejnev au pouvoir, la détente se poursuit :
– Les USA vendent du blé à l’URSS
– Les deux pays se rencontrent dans l’espace (le vaisseau américain Apollo s’arrime au vaisseau russe Soyouz)
– Deux autres accords sont signés : le SALT en 1972 qui vise à réduire nombre d’armes nucléaires et l’accord d’Helsinki en 1975 entre les USA, le Canada et tous les pays Europe : tous les états doivent respecter les droits de l’homme…mais l’URSS n’a jamais respecté ces accords.

B) Des blocs moins rigides

Au début des années 60 la Chine de Mao se fâche avec l’URSS et quelques années plus tard elle se met dialoguer avec les USA : cette diplomatie du ping-pong se traduit par la visite du président américain Nixon à Pékin.
La France de De Gaulle ne suit plus aveuglément les USA, elle se montre très critique envers eux et surtout pendant la guerre du Vietnam, et en 1966 la France quitte le commandement intégré de l’OTAN.
Certains pays du tiers-monde comme l’Inde ou l’Indonésie refusent de s’aligner sur un des deux grands et fondent le mouvement des non-alignés.

C) Des crises limitées

Les deux grands admettent tacitement (sans le dire) l’existence de chasses gardées : l’Amérique Latine pour les USA et l’Europe de l’Est pour l’URSS.
Ainsi en 1968 quand l’URSS réprime le printemps de Prague, les USA se contentent de protester. Avant ce printemps les tchécoslovaque s’étaient révoltés pacifiquement contre les dirigeants communistes et en automne les chars soviétiques sont intervenus pour réprimer le mouvement.
A l’inverse en septembre 1973 au chili le président socialiste démocratique élu est renversé par coup d’état organisé par la CIA et des militaires chiliens d’extrême droite ainsi que le général Augusto Pinochet, là aussi URSS se contente protester alors que la répression est très violente.
Mais même dans ce contexte une grave crise éclate : la guerre du Vietnam. Le Nord Vietnam communiste attaque le Sud Vietnam soutenu par les USA. A partir de 1964 le président des USA Johnson envoie des soldats américains pour défendre le Sud Vietnam. En 1967 plus de 500 000 soldats américains sont sur place.
Finalement en 1973 à cause de l’opinion publique les USA quittent le Vietnam et deux ans apres le Sud est absorbé par le Nord.

III) Entre tensions et nouvelles détentes : la fin de la guerre froide (1975-1989)

A) La guerre fraiche

Au milieu années 70 les USA sont affaiblis par la crise économique (le choc pétrolier), par la défaite du Vietnam et par le scandale du Water Gate qui a poussé Nickson a démissionner.
De 1976 à 1980 les USA sont dirigés par Carter qui mène une politique de dialogue avec l’URSS.
Or Brejnev, qui dirige l’URSS, veut profiter de la situation pour mener à nouveau une politique d’expansion du communisme. Ainsi quelques états deviennent communistes (Angola, Mozambique, anciennes colonies portugaises). Et à partir de 1979 le Nicaragua le devient également, dirigé par le révolutionnaire communiste Daniel Ortega, c’est pays situé tout près du canal de Panama, ce qui gêne les américains.
En décembre 1979 l’armée rouge pénètre en Afghanistan mais se heurtent à une résistance farouche, on appelle cela le bourbier afghan.

La menace soviétique se manifeste aussi en Europe, l’URSS déploie en Pologne et en Tchécoslovaquie des missiles SS20 qui menacent directement les grandes villes d’Europe de l’Ouest.
Carter réagit mollement, les USA boycottent les JO de Moscou en 1980.
En 1980 le républicain Ronald Reagan est élu très largement avec un slogan simple « America is back ». Il applique une politique libérale mais il augmente le budget militaire pour lutter contre « l’empire du mal ».
De nouvelles armes sont inventées, comme les avions furtifs, et les USA essaient de développer un projet étonnant, le projet Star Wars (IDS initiative de défense stratégique).
Les USA installent également des missiles Pershing aux Pays-Bas et en RFA pour contrebalancer les ss20.
Reggan aide également tous les mouvements qui luttent contre le communisme et l’URSS, par exemple les afghans du commandant Massoud.
Reagan réussit à persuader le roi d’Arabie d’augmenter la production de pétrole pour faire baisser le prix et ainsi appauvrir l’URSS.
Enfin à la suit de l’affaire Farewell, le réseau d’espionnage soviétique à l’étranger est démantelé.

B) La 2e détente (1985-1991)

Gorbatchev arrive à la tête du parti communiste et de l’état en 1985 et constate très vite que la course à l’armement coûte très cher au pays et qu’elle se fait au détriment du confort de la population.
En avril 1986 la centrale de Tchernobyl explose et on se rend compte que les pouvoirs publics sont dépassés, on comprend qu’il faut tout changer.
Du point de vue intérieur il lance deux réformes : la Perestroïka qui est une restructuration économique, et la Glasnost « transparence », qui bouleverse vie politique (elle abolit censure, autorise d’autres partis politiques, les prisonniers des goulags sont libérés).
Pour l’étranger, il arrête d’aider tous les pays communistes du tiers-monde, il retire armée rouge d’Afghanistan, et Gorbatchev dit aux pays d’Europe de l’Est qu’ils peuvent suivre leur propre chemin.
Reagan encourage le mouvement, en 1987 il voyage à Berlin Ouest et il dit « Mr. Gorbatchev, faites tomber ce mur! ».

Les peuples d’Europe de l’Est profitent de ce contexte pour manifester pacifiquement entre avril-décembre 1989, au cours de l’automne des peuples, et des états comme la Pologne ou la Hongrie retrouvent la démocratie, le pluralisme et la liberté.
L’événement le plus marquant est la nuit du 9 novembre 1989 quand le pouvoir Est Allemand décide d’ouvrir des brèches dans le mur.
En décembre 1989, Bush et Gorbatchev se rencontrent à Malte et déclarent que la guerre froide est finie.
En 1991 l’URSS cesse d’exister et fait place à 15 états indépendant dont la Russie, l’Ukraine, l’Arménie…

H3 – La Seconde Guerre Mondiale (WW2)

ww2

Première 2016-2017

La seconde guerre mondiale, une guerre d’anéantissement

Introduction

La WW2 est à ce jour le conflit le plus meurtrier de l’histoire puisque elle a causé la mort de plus de 50 millions de personnes, en majorité des civils. Si on parle de guerre d’anéantissement c’est parce que deux lieux symbolisent cet événement : Auschwitz et Hiroshima. Mais les Alliés et l’axe ne doivent pas être mis sur même plan car la volonté d’extermination vient surtout de l’Allemagne et du Japon, coupables crimes contre l’humanité, et un peu de l’URSS, aveuglée par sa haine de l’Allemagne. En quoi l’ordre imposé par les Allemands en Europe constitue-t-il une forme d’asservissement inédite ?

I) Les opérations militaires : une guerre réellement mondiale

A) L’avancée des forces de l’Axe

En septembre 1939, grâce à la blitzkrieg (guerre éclair), inventée par Von Guderian, les allemands écrasent les polonais en quelques jours.
D’octobre 1939 à mai 1940 rien ou presque ne se passe, c’est la Drôle de Guerre : la seule bataille importante se déroule à Narvik en Norvège et elle est remportée par les franco-britanniques.
En mai-juin 1940 les allemands lancent une grande offensive : ils envahissent le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique qui étaient pourtant des pays neutres. Ils pénètrent France par les Ardennes et battent les troupes franco-britanniques qui sont très bien équipées mais très mal commandées. Heureusement, une grosse partie des britanniques a réussi s’échapper en passant par Dunkerque.
En juin 1940 la France désormais dirigée par Pétain, choisit de capituler. Les britanniques se retrouvent seuls face aux allemands et aux italiens. Hitler veut alors envahir l’UK et Goering, le chef de la Luftwaffe (air force allemande) veut détruire la royal air force. Les britanniques sont dirigés par Churchill, qui promet le sang  la sueur les larmes et la victoire. L’héroïsme des pilotes britanniques a bord des spitfires permet de gagner la bataille d’Angleterre en juillet 1940.
Les offensives allemandes reprennent en juillet 1941. Avec l’appui des italiens ils envahissant la Yougoslavie et la Grèce.
Le 22 juin 1941 les allemands lancent l’opération Barberousse. Ils attaquent par surprise l’URSS et en hiver 1941 ils menacent trois villes clés : Moscou, Stalingrad et Leningrad.

La guerre se déroule aussi en Asie : dès 1937 les japonais ont attaqué la Chine et se sont emparés du littoral.
En décembre 1937 ils ont massacré la population de la ville de Nankin.
Le 7 décembre 1941 , les japonais attaquent par surprise la base américaine de Pearl Harbor située dans les îles Hawaï. Les américains, dirigés par le président Roosevelt, et les britanniques, ne sont pas prêts : et les japonais s’emparent de plusieurs territoires comme la Malaisie ou les Philippines.
Au printemps 1942 ils menacent les Indes et l’Australie.

B) Trois tournants de la guerre

– En mai 42 la flotte japonaise est battue par l’US Navy à Midway, commandée par l’amiral Nimitz.
– En Afrique du nord, les italiens et les allemands dirigés par Rommel, à la tête de l’Africa Korps, attaquent l’Egypte, protégée par les britanniques et en octobre 1942 a lieu la bataille d’El Almein, les allemands sont battus par le général Montgomery. Les américains débarquent au Maroc et en Algérie et font la jonction avec les britanniques :  il n’y a plus de soldats de l’axe en Afrique
– De août 1942 a février 1943 se déroula bataille la plus meurtrière de l’histoire : Stalingrad (devant la Somme et Verdun). Les allemands du Général Von Paulus se retrouvent encerclés par les soviétiques et sont victimes de la faim et du froid et de l’armée rouge : 150 000 meurent et 100 000 sont fait prisonniers, du côté allemand.

 

C) La victoire des alliés

– Sur le front est le rouleau compresseur soviétique, avec beaucoup de matériel américain, se met en marche, et toute l’Europe de l’est est progressivement débarrassée des allemands. L’URSS est victorieuse entre autre à Koursk juillet 43 après la plus grande bataille de chars de l’histoire.
– Au début de l’année 1945 l’armée rouge, commandée par Joukov, pénètre le territoire allemand
– Sur le front ouest les américains et les britanniques, aidés par les français, organisent plusieurs débarquements :
– Un en juillet 1943 en Sicile, ce qui permet de libérer, avec l’aide d’une partie de la population italienne, la moitié sud de l’Italie.
– Le 6 juin 1944, opération Overlord, le général américain Eisenhower organise le plus grand débarquement de l’histoire, en Normandie, sur 5 plages.
– La France est libérée au cours de l’été 1944 parfois après de durs combats comme ceux qui se sont déroulés à Caen.
– Un autre débarquement a lieu le 15 août 1944 en Provence, c’est l’opération Dragon, organisée par les américains et les français.
– A Noël 1944 les alliés sont à Strasbourg et en janvier 1945 ils franchissent le Rhin.
– En avril Berlin est encerclée, Hitler se suicide et son successeur Donitz signe la capitulation de l’Allemagne (auparavant Donitz était chef de la marine, il a été nommé successeur car c’était le seul a n’avoir rien fait aux civils, il pouvait donc négocier avec les pays vainqueurs).
– Sur le front pacifique, à partir de l’été 1942, les américains du général Mac Arthur reprennent progressivement le contrôle de certaines régions comme les Philippines grâce à la stratégie du saut de mouton.
– Constatant la force des défenses japonaises, le président américain Trueman, qui a succédé à Roosevelt en avril 1945, décide de bombarder le Japon avec des armes atomiques, frappant Hiroshima et Nagasaki.
– Un ibukusha est un survivant de la bombe atomique (une seule personne au japon est un double ibukusha, il a survécu aux deux bombes). Le japon capitule le 2 septembre.

II) Plus de 50 millions de victimes

A) Des pertes militaires considérables

Les pertes militaires les plus importantes concernent l’URSS, l’Allemagne, et le Japon, car leurs dirigeants ont la volonté de combattre jusqu’au bout et demandent à leurs soldats un sacrifice total comme le montre l’histoire des kamikaze japonais.
Les soldats périssent également à cause de la puissance certaines armes comme par exemple les chars et les avions, beaucoup plus perfectionnés qu’en 1914_1918.
Aussi, les prisonniers ne sont pas traités comme l’exigent les conventions internationales :
– Les japonais maltraitent particulièrement les chinois prisonniers, l’unité 731 dirigée Shiro Hishi mène des expériences bactériologiques sur eux, ils meurent par dizaines de milliers, et les japonais maltraitent également les prisonniers britanniques et américains.
– Les soviétiques et les allemands se maltraitent mutuellement, seuls 5000 prisonniers allemands rentrent chez eux après la guerre.

B) Le génocide juif ou Shoah

Des le début de la guerre les persécutions antisémite prennent une ampleur nouvelle. D’abord en Pologne où tous les juifs du pays sont rassemblés dans des quartiers spécifiques appelés ghettos (Varsovie, Cracovie, Lotz). Victimes de la faim et de la maladie, ils peuvent aussi être assassinés à tout moment. Régulièrement les ghettos sont victimes d’« opérations » lors desquelles les allemands liquident les plus fragiles (malades, vieux). Au total ces ghettos font 800 000 morts.

Les einsatzgruppen agissent dans la partie de l’URSS envahie par l’Allemagne : ce sont des SS et des policiers souvent aidés par des volontaires locaux, par exemple les hiwis ukrainiens. Ils rassemblent les juifs des villes et des villages puis les fusillent, on parle alors de Shoah par balle. Ces meurtres ont fait environ 1,5 million de victimes, surtout en 1941-42, dont plus de 3000 en 8 jours dans ravin de Babi Yar. Comme ce procédé, étudié par père Desbois, demande beaucoup d’hommes et de munitions, certains dirigeants allemands comme Himmler et Hydrich (un chef SS) cherchent des solutions plus efficaces et radicales.

Le 20 janvier lors de la conférence de Wannsee les dirigeants décident de l’extermination totale des juifs d’Europe, c’est la « solution finale ». Les juifs seront tous gazés, d’abord dans des camions aux gaz d’échappement, puis dans des chambres, au zyklon B, dans 6 camps d’extermination installés en Pologne dont Auschwitz, Birkenau et Treblinka. Ensuite, les corps sont ramassés par d’autres juifs membres des sonderkommandos (commandos spéciaux) qui les mettent dans des fours crématoires. 2.7 millions de juifs seraient morts comme ça, dont 1 million à Auschwitz (presque 40%), et également 50 000 tziganes.

Ainsi, la communauté juive de Pologne est presque totalement exterminée, de même pour les hongrois et les hollandais (Anne Frank). En France on compte 75 000 morts de la main des allemands pendant la guerre mais 230 000 ont survécu, parce qu’ils ne sont pas allés dans les camps, seuls 2000 y sont allés. Tous ces actes sont des crimes contre l’humanité car ce que les allemands reprochent aux juifs, c’est leur existence…

C) Les autres victimes civiles

Dans de nombreux pays, les civils sont victimes de bombardement aériens, d’abord fait par les allemands sur Rotterdam et Londres. A là fin de la guerre les allemands utilisent même des missiles appelés v1 et v2 afin de bombarder Londres à partir des cotes françaises ou néerlandaises. Mais ces raids aériens sont beaucoup moins meurtries que ceux pratiqués par les anglais et les américains sur l’Allemagne, car celle-ci a perdu maîtrise des airs. Rien qu’en 43, 300 000 civils allemands sont morts sous les bombes larguées par les avions du commandant en chef de la RAF (royal air force) Mr. Harris (surnommé Bomber/Butcher Harris). Le bombardement le plus violent  concerne la ville allemande de Dresde en 1945, littéralement soufflée par bombes incendiaires.

Bien sur, les bombardements les plus connus sont Hiroshima Nagasaki en août 45 mais aussi Tokyo qui a été dévastée par les bombes incendiaires. Les américains utilisent d’énormes bombardiers appelés les Forteresses Volantes B-17 pour déverser des tapis de bombes sur le Japon.

En France les villes de Normandie sont touchées (Le Havre, Caen, Rouen) car pour préparer le débarquement, les anglais et les américains ont bombardé les installations allemandes présentes dans la Normandie occupée.

Pendant l’invasion de l’Allemagne entre janvier et mai 1945, les alliés soviétiques commettent des crimes de guerre violant systématiquement presque toutes les femmes allemandes (1.4 millions de femmes violées) histoire racontée dans « Une femme à Berlin ». Les américains aussi commettent plusieurs milliers de viols sur des françaises pendant libération car celles-ci ont été victimes de leur réputation légère. La plupart des crimes, quand ils ont été commis par les alliés, restent impunis, même si certains soldats coupables ont été exécutés.

Dans les territoires occupés par l’Allemagne, les nazis imposent un « ordre nouveau » c’est-à-dire que quelque que soit le statut du pays occupé, ses habitants souffrent de l’occupation. Certains territoires comme l’Alsace sont annexés au Reich.
D’autres situés sur le front soviétique ou atlantique (Belgique) sont administrés par la Wehrmacht (armée allemande). Dans ce cas les allemands peuvent s’appuyer sur des collaborateurs locaux comme Quisling, car la plupart des dirigeants légaux de ces pays se sont réfugiés à Londres.
Enfin des territoires comme la Pologne sont dirigés par des gouverneurs civils (des gauleiter, « préfets ») par exemple Frank. Dans tous les cas les civils peuvent être victimes de représailles suite à des actions organisées par des résistants locaux par exemple Guy Moquet, fusillé alors qu’il n’avait rien fait de physique contre les allemands.
A partir de 1943 dans les pays occupés les jeunes hommes sont réquisitionnés pour le STO (service de travail obligatoire) par Sauckel.
De plus, les territoires occupés subissent le pillage économique (agriculture comme industrie…). Goering, numéro 3 du Reich et chef de l’aviation, s’intéresse en particulier aux œuvres d’art. Le territoire le plus touché est la Pologne qui a subit que ce qu’on appelle la « polonisation ». Par exemple, les polonais, même non juifs, n’ont plus le droit d’organiser l’enseignement.

Enfin, dans les pays occupés, les résistants, appelés « partisans » par les allemands, font l’objet d’une sévère répression : ils s’exposent à la torture, aux exécutions, à la déportation au camp de Buchenwald. En France les allemands auraient tué, dans le pays même, plus de 30 000 résistants parmi lesquels des personnages remarquables comme Jean Moulin (torturé à mort en 43 par le chef de la guestapo à Lyon), Pierre Brossolette ou les membres réseau Manouchian, célébrés par Aragon.

III) Un bilan effroyable

A) Des pertes considérables

Parmi les 50 millions de victimes ou plus, on compte une majorité de civils, ce qui explique que les pays les plus touchés soient l’URSS, l’Allemagne, la Pologne et le Japon. D’autres pays comme la chine et la Yougoslavie sont également très touchés. La France et l’Empire Britannique ont moins de pertes qu’en 14-18 et les USA sont très peu touchés, surtout les civils.
Du point de vue matériel, l’URSS affirme qu’elle représente 80% des destructions et dans un pays comme la Pologne il reste moins de 10% des locomotives qu’il y avait pendant la guerre.

Les populations européennes connaissent des pénuries jusque dans les années 1950. En Allemagne, occupée et sans gouvernement, 1946 est appelée l’année zéro tant la situation est désastreuse. En fait, un seul pays s’est enrichi pendant la WW2 : les USA. Son PIB a progressé de 120% entre 1938 et 1946. A cette date, leur industrie représente la moitié de la production mondiale, et ils détiennent les deux tiers des stocks d’or mondieux (cachés à Fort Nox). Grâce aux accords de Breton Woods en 1944, ils dirigent le nouveau système économique mondial. Ce système est basé sur la suprématie du dollar et de l’existence du FMI, basé à Washington.

B) Des espoirs pour le futur

Les crimes commis par les Allemands et les Japonais sont d’une telle ampleur qu’il faut créer une justice exceptionnelle. En 1945 se tient donc à Nuremberg un grand procès au cours duquel des juges soviétiques, français, américains et britanniques entendent plus de vingt chefs nazis importants, accusés de : crimes contre la paix, crimes de guerre (piller, fusiller des civils, ne pas bien traiter les prisonniers) et de crime contre l’humanité. On proclame une quarantaine de condamnation à mort par pendaison dont Goering, Keitel, Frank, etc.

Le même genre de procès a lieu à Tokyo en 1946 pour punir les Japonais. Les crimes contre l’humanité sont considérés comme imprescriptibles, ce qui fait qu’un criminel peut être arrêté 50 ans après les faits. Ces procès montrent l’existence d’une justice et d’une conscience universelle, même si certains criminels ont échappé à la justice par exemple en se réfugiant au Brésil, comme le docteur Mengel, qui était à Auschwitz.

Enfin, la charte de San Francisco, rédigée en 1945, aboutit à la création de l’ONU, basée à New York, et qui a pour but de défendre la paix, le droit international, les droits de l’homme et la dignité de la personne humaine à travers des organisations telles que le FAO (Food Agriculture Organisation), l’UNICEF (pour les enfants), l’UNESCO (Paris, pour la culture), l’OMS (Genève, Organisation Mondiale de la Santé). En 1948, l’ONU adopte la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

H2 – Les totalitarismes d’entre-deux-guerres

Introduction

« L’état est tout, l’individu n’est rien » Mussolini illustre un aspect du totalitarisme : un régime dans lequel l’état est un parti unique, contrôle tous les aspects de la vie, c’est à dire la politique, l’économie, la culture… Dans ce contexte de droits de l’Homme niés, l’individu est sacrifié au profit but suprême : la création d’une société idéale débarrassée de tous les ennemi du régime.

Ici nous étudierons deux totalitarismes de droite et un de gauche dans une étude comparée.

Nous verrons que ces régimes ont de nombreux points communs (entre autre le culte de la personnalité) mais aussi des différences (par exemple la nature des ennemis). En quoi ces régimes constituent-ils une menace énorme contre la paix et la stabilité de l’Europe ?

 

I ) La prise de pouvoir et sa confiscation

Hitler – Allemagne

Adolf Hitler est un artiste peindre raté, qui a été transformé par la WW1 ce qui a déclenché en lui un culte nationaliste exagéré.

En 1920 il créé le NSDAP (parti national socialiste des travailleur allemands) ou parti nazi. Son emblème est la croix gammée 卐 et a un uniforme pour ses militants, on les appelle les chemises brunes (stock de tenues coloniales inutilisées).

En 1923 il organise un coup d’état ou putsch à Munich, et il est envoyé en prison ou écrit Mein Kampf.

La crise économique de 1929 ravage la République de Weimar (29-33) et il y a presque six millions de chômeurs : les partis classques sont impuissants et des affrontements opposent dans les rues nazis et communistes du KPD.

Par peur du communisme, l’armée et patronat (droite classique) soutiennent Hitler et le NSDAP obtient 30% des voies.

En janvier 1933 le président Von Hindenbourg nomme Hitler chancelier et celui-ci prend progressivement le contrôle du pouvoir.

En février 1933 Hitler après l’incendie du Reichstag interdit le parti communisme, et en été il interdit les autres partis et les syndicats. Les opposants qui n’ont pas quitté pays sont envoyés en camps de concentration (Dachau le premier).

Hitler dirige l’Allemagne seul entouré d’une poignée de fidèles (par exemple Göring chef aviation allemande nouvelle)

Staline – URSS

En février 1917 le Tsar Nicolas II est renversé par la révolution car son peuple est excédé par la façon dont le pouvoir mène la guerre. Remplacé par un gouvernement modéré provisoire qui veut créer une démocratie (comme en France ou UK). Parmi les 1ers dirigeants il y a Kerenski. Mais ce gouvernement continue la guerre et en novembre 1917 il y a une 2e révolution qui porte Lénine et les Bolcheviks au pouvoir (communistes inspirés par Marx). Lénine établi un parti unique et est sans pitié pendant la guerre civile (rouge communistes/blancs royauté) qui se déroule de 1918 à 1921. Il fait exécuter toute la famille impériale. Quand la guerre est gagnée, il modifie sa politique dans un sens plus libéral : la censure est en partie enlevée et l’économie permet à certains d’avoir de petites entreprises privées. L’URSS (anciens territoires du tsar) est créé en 1924 mais Lénine meurt en la même année et Staline met 5 ans pour éliminer opposants arriver à la tête du PCUS (parti communiste de l’union soviétique) comme Trotski, fondateur de l’armée rouge, exilé en 1929.

Dans les années 1930 Staline organise une grande purge :

– des procès truqués pour des dizaines de milliers d’opposants ou de communistes exécutés dont un fidèle de Lénine, Boukharine. 90% des généraux armée en poste en 1930 sont liquidés dans les années suivantes.
– des millions soviétiques (tsaristes, communistes pas d’accord avec Staline) sont envoyés aux goulags (camps de travail) dans des milieux hostiles (Vorkuta est un des plus anciens). Au final, Staline n’est entouré que par des gens totalement dévoués et soumis.

Mussolini – Italie

Benito Mussolini est instituteur socialiste dont la vision du monde a été totalement transformée par la Première Guerre Mondiale.

En 1919 il créé le PNF (parti national fasciste) son nom est une référence à la Rome antique. Il place l’état et la nation au-dessus de tout. Il rejette la démocratie, le libéralisme et le communisme, le parlement, l’internationalisation.

Il profite des tensions qui règnent en Italie dans les années 20 : les communistes occupent les usine et les terres et réclament des droits.

Par peur du bolchevisme, les bourgeois, les aristocrates et l’église le soutiennent.

En octobre 1922 il organise une grande manifestation pour impressionner pays. Il défile à la tête des Chemises noires et le roi nomme Mussolini chef du gouvernement.

Il fait assassiner quelques concurrents dont le chef socialiste Matteotti.

En 1925 fait voter aux députés qui restent des lois fascistes : syndicats et grève interdits, le parlement ne siège plus, les décisions sont prises par le grand conseil fasciste (donc par benito lui-même).

Ses opposants sont généralement soit exilés, soi emprisonnés ou envoyés dans un endroit perdu de l’Italie comme les îles Lipari.

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II) Des sociétés sous contrôle

A) Le contrôle de l’économie : dans tous les cas, le confort et le niveau de vie des individus sont sacrifiés au profit de la puissance de l’état

Hitler – Allemagne

Il veut restaurer la puissance militaire et vaincre le chômage, donc l’état :
– investi massivement dans de grandes entreprises du secteur lourd (Krapp, Thyssen)
– les ouvriers acceptent des conditions travail très dures et des salaires modestes pour redresser l’économie du pays
> en effet le chômage diminue et le PIB augmente mais :
– aussi grâce confiscation de certains biens des juifs
– économie de guerre avant la Guerre
– il contrôle industrie mais pas l’agriculture et le commerce

Staline – URSS

Le contrôle de l’économie est total car on met en place 2 principes :
– collectivisation totale des biens de production
– planification : mise en place des plans quinquennaux

Staline veut :

– Moderniser l’agriculture en créant de grandes fermes collectives, des kolkhozes, auxquels les paysans doivent donner terre et bétail > d’après Staline le rendement et la production vont augmenter et l’excès de main d’œuvre dans les campagnes va pouvoir être envoyé usines, la vente de certaines récoltes permettra quand à elle de financer le développement de l’industrie qui bénéficie elle-même d’énormes ressources naturelles

– Mais dès le départ un grand nombre de paysans refusent et préfèrent dévorer leur bétail > en 1930 a lieu la dékoulakisation soit des exécutions et déportations des paysans riches, ce qui donne lieu a une désorganisation totale. la production chute et en Ukraine la famine fait cinq millions de morts, mais le sacrifice des paysans a permis de développer une industrie lourde qui produit en quantité mais pas en qualité.

Mussolini – Italie

– respecte globalement la propriété privée
– mais veut éviter que les italiens émigrent à cause de la pauvreté.

Pour améliorer l’économie :
– il lance des opérations spectaculaires comme la « Bataille du blé »
– il créé de grands groupes industriels comme ENI (gaz, pétrole)
– il invente les autoroutes (1ere Milan-Turin)
> le contrôle de Mussolini sur l’économie n’est pas total, il est donc partiel

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B) L’embrigadement des masses

les 3 organisent des manifestations au cours desquels on vient écouter la parole infaillible du chef

Le Führer apparaît lors de grands congrès nazis organisés à Nuremberg par Goebbels.

L’embrigadement des sociétés passe par la jeunesse :
– enseignement contrôlé
– enfants et ados embrigadés dans des organisations paramilitaires les « Jeunesses Hitlériennes »
– les filles, on veut en faire des femmes au foyer uniquement
– contrôle de la religion et du catéchisme

– La vie des adultes est contrôlée par des organisations mises en place par le parti : clubs sport, loisirs
– Carte du parti pour faire carrière ds l’enseignement ou administration

Staline donne image plus modeste de petit père des peuples, le camarade Staline, mais le pays est soumis au culte personnalité, par exemple, de son vivant il donne son nomà une ville, Stalingrad.

L’embrigadement des sociétés passe par la jeunesse :
– enseignement contrôlé
– enfants et ados orgas paramilitaires « Les Komsomols »
– les femmes font les mêmes exercices que les autres
– contre la religion et le catéschisme

– La vie des adultes est contrôlée par des organisations mises en place par le parti : clubs sport, loisirs
– Carte du parti pour faire carrière dans l’enseignement ou administration

« Le Duce a toujours raison » et il apparaît souvent en public.

L’embrigadement des sociétés passe par la jeunesse :
– enseignement contrôlé
– enfants et ados organisations paramilitaires « Les fils de la Louve »
– les filles, on veut en faire des femmes au foyer uniquement
– contrôle moins total des enfants car la religion et le catéchisme restent intact

– La vie des adultes est contrôlée par des organisations mises en place par le parti : clubs sport, loisirs : le Dopolavoro (3.5 millions de personnes)
– Carte du parti pour faire carrière dans l’enseignement ou administration

C) Une main mise sur la culture

URSS +++  Allemagne ++  Italie +

Hitler veut promouvoir :

– La culture germanique traditionnelle : l’art classique et manichéen sans recherche particulière
– Il met l’accent sur le cinéma avec la réalisatrice Leni Riefenstalh qui fait des films à gloire du nazisme « Les Dieux du stade » film officiel des JO de Berlin de 1936, « Le triomphe de la volonté » ou antisémite : « Le Juif Süss ».

Hitler condamne :

– Toutes les formes d’art moderne ou abstrait « art dégénéré »
– Les auteurs juifs, communistes, auteurs des lumières car ils défendent la démocratie (Voltaire)
– La psychanalyse comme freud
> Les livres interdits sont brûlés cérémonies autodafés
> De nombreux artistes quittent l’Allemagne, juifs comme Einstein, non-juifs comme Thommas Mann, prix nobel littérature

Staline veut promouvoir :

– Il impose un style, le réalisme socialiste : les œuvres représentent des scènes montrant des ouvriers, des kolkhoziens, la construction de barrages, des portraits de Staline…
– L’architecture se résume à de grands blocs de béton

Staline condamne :

– Toutes les formes d’art moderne ou abstrait tout comme Hitler
> Les artistes qui ne sont pas d’accord avec son style doivent se soumettre oui s’exiler, comme le peintre abstrait Kandinsky.

Mussolini veut promouvoir :

– Mussolini veut renouer avec la grandeur de l’Antiquité
– Il créé des studios de cinéma tout neufs à côté de Rome, la Cinecitta, on y tourne des peplums comme « Cipion l’Africain »

Il transforme la ville de Rome :

– Il créé une grande avenue qui relie deux endroits emblématiques, le Colysée et les forums : « Via del fori imperiali », la rue des forums impériaux
– Il créé un nouveau quartier ultramoderne pour l’époque, l’EUR, avec un bâtiment surnommé le Colysée carré, pour l’exposition universelle de Rome

III) Des régimes dangereux

La suprématie de la race

Hitler veut établir la domination totale de la race aryenne : il établit une hiérarchie des races et place les juifs au dernier rang. Ils sont très nombreux en Allemagne et lui les compare à de la vermine. Il est obsédé par la pureté sang allemand « souillé » par sang juif. Il rend les juifs responsables de : la mort de jésus, la naissance du communisme (Marx), la défaite de 1918 à cause d’un complot. En septembre 1935 il promulgue les lois de Nuremberg : il interdit les mariages juifs / non juifs, il interdit aux juifs d’accéder à certains emplois : armée, fonctionnaires dans l’enseignement, police, justice… En gros, il fait des juifs des citoyens de 2nde zone. Le 9 novembre 1938 débutent les violences physiques, c’est la Nuit de Cristal, les magasins juifs sont saccagés, les synagogues brûlées, c’est le début des internement en camps.

Hitler pense aussi qu’il faut reconstruire grande allemande au sein du IIIe Reich : il revendique tous les territoires peuplés par des gens de culture germanique (comme Alsace) et veut étendre son pays vers l’est pour que le peuple allemande ait son « espace vital », le Lebensraum. En 1936 il viole le  traité Versailles remilitarise la Rhénanie. En 1938 il annexe l’Autriche avec la complicité de son peuple, c’est l’Anschluss. En septembre 1938 il envahit une partie de la Tchécoslovaquie : les Sudètes, car elle est peuplée par des germaniques. En mars 1939 il envahit le reste du pays. Il envahit la Pologne en septembre 1939 et là les autres pays entrent en guerre. Hitler se rapproche autres pays extrême droite comme l’Italie ou le Japon, il aide franco à prendre le pouvoir en Espagne : les allemands de la légion condor ont bombardé Guernica.

> Face à ces actions, la France et UK ne réagissent pas et attendent que Allemagne envahisse la Pologne pour lui déclarer la guerre.

Un totalitarisme basé sur la classe sociale

En théorie, l’URSS n’a pas d’ennemis au dehors, mais en dedans. Tous ceux qui ne sont pas prolétaires sont des bourgeois et sont persécutés : koulaks, aristocrates, bourgeois, membres du clergé (pope = prêtres orthodoxes)

En théorie, pour Staline, tous les peuples sont égaux; mais il procède à une russification du pouvoir et comme l’ancien Tsar il veut contrôler l’Europe de l’est : il est en concurrence avec l’Allemagne (idéologiquement aussi). Mais constatant la faiblesse de la France et de l’UK et le retard de sa propre armée (en même temps il a tué 90% des généraux), il signe alors un pacte de non-agression avec l’Allemagne : le pacte Germano-Soviétique ou pacte Molotov-Von Ribbentrop, du nom des ministres qui l’ont signé, en 1939.

La suprématie de la nation

Mussolini veut redonner toute sa grandeur à la nation italienne, mais les ennemis de la nation sont soit en prison soit en exil, et la petite communauté juive est beaucoup moins persécutée qu’en Allemagne.

Le Duce veut recréer un empire centré sur la méditerranée. Mais pour cela il est confronté aux Français et aux UK car ils sont présents au Maghreb et en Égypte.

L’Italie se rapproche alors de l’Allemagne et ils forment l’axe Rome-Berlin. A partir 1936 l’Italie et l’Allemagne aident Franco dans sa lutte contre les républicains espagnols qui eux reçoivent matériel du soviétique. En 1939 Franco gagne en partie grâce à cette aide. Les italiens, qui ont une armée assez mal équipée, s’en prennent à des pays faibles : l’Ethiopie en 1935, et l’Albanie 1938.

H1 – La Première Guerre Mondiale (WW1)

Première 2016-2017

Le 28 juin 1914 à Sarajevo dans les Balkans, sont assassinés par un nationaliste serbe de l’organisation « La main noire », Franz Ferdinand, héritier du trône d’Autriche, et sa femme. Par le jeu des alliances et de l’engrenage politique dans lequel les pays sont pris, cela déclenche la « Grande guerre ». Elle dure 4 ans et elle devient alors la plus meurtrière de l’histoire avec plus de 10 millions de victimes et des opérations qui concernent surtout l’Europe mais aussi d’autres pays comme les USA ou le Japon.

Nous verrons pourquoi ce conflit est qualifié de guerre totale et en quoi il bouleverse la carte de l’Europe.

I) Opérations militaires

A) Causes de la guerre et forces en présence

  • L’Entente : France Russie Royaume-Uni (UK) Belgique et s’ajoute ensuite d’autres pays comme Italie et USA.
  • L’Empire : Empire Allemand (Kaizer Guillaume II) Empire Austro-Hongrois (François-Joseph) Empire Ottoman-Turc
  • Pourquoi entrent-ils en guerre :
    – Récupérer des territoires (France : Alsace-lorraine, Italie : bords de l’adriatique…)
    – UK se méfie des allemands (industrie plus puissante que celle des USA même si l’économie des USA reste supérieure à celle de l’empire allemand / marine de guerre / colonies / industrie chimique de qualité et prix Nobel : l’empire allemande monte en puissance)

B) Opérations en Europe

  • Août 1914 : les allemandes appliquent le plan Von Schlieffen, ils passent par la Belgique neutre pour surprendre les troupes franco-britanniques
  • Septembre 1914 : après avoir reculé, le Maréchal Joffre arrête les allemandes sur la Marne
  • Octobre 1914 : les deux armées dressent un réseau de tranchées sur 750 km entre la mer du Nord et la Suisse. Les offensives, très meurtrières, qui ont pour but de faire évoluer le front, échouent.
  • Printemps 1916 : Verdun, les allemands sont repoussés par les français, 700 000 morts
  • Été 1916 : sur la Somme, les britanniques sont arrêtés par les Allemands, 900 000 morts
  • Mars 1918 : la situation se débloque car la Russie désormais dirigée par Lénine s’est retirée du combat, ce qui permet aux allemands de lancer une nouvelle grande offensive sur la Marne, mais la France peut compter sur Clémenceau, le nouveau chef du gouvernement (Président du conseil des ministres), sur les chars Renault …
  • Novembre 1918 : la situation se déloque en Europe de l’Est après là aussi des batailles très meurtrières, les austro-hongrois sont vaincus par les italiens à Vittorio Venetto et sont également menacés par les groupes franco-britanniques qui avancent depuis la Grèce.
  • Avril 1917 : … et surtout sur l’arrivée de plus d’un million de soldats américains, le président des USA Wilson venant d’engager son pays dans la guerre.
  • Été 1918 : les français anglais et américains, commandés par le maréchal Foch, écrasent l’armée allemande.
  • 11 novembre 1918 : le IIe Reich capitule et signe l’armistice, quelques jours après l’abdication de l’empereur. Vienne demande l’armistice presque en même temps.

C) Les autres opérations

  • Comme la Royal Navy domine les mers, les allemands utilisent la guerre sous-marine pour bloquer le ravitaillement entre l’Amérique et la France-les UK. Le fait de couler des bâtiments civils USA comme la Lusitania a en partie déclenché l’entrée des USA dans la guerre.
  • En Afrique quelques combats ont opposés les allemands aux troupes franco-britanniques/
  • Les principaux combats hors d’Europe concernent l’Empire ottoman. En 1915 l’expédition franco-britannique des Daranelles, montée par Churchill, échoue et le UK décide alors de soulever les tribues arabes contre les trucs, en utilisant les talents d’un officier célèbre, Thomas Edgar Lawrence dit Lauwrence d’Arabie. Ces opérations contribuent à la chute de l’Empire Ottoman.

 

II) Une guerre totale

A) Des combats d’un genre nouveau

  • De nouvelles armes :
    – tanks / chars
    – lance-flammes
    – avions qui servent pour l’observation des lignes ennemies ou pour des batailles entre as comme Von Richtoffen (allemand, le baron rouge) et Guyemer (français)
    – des gazs pour les tranchées, comme l’yperite
    – des sous-marins
    – des zeppelins (dirigeables)
  • Mais la principale nouveauté réside dans la puissance de l’artillerie qui fait 70% des victimes. Il s’agit d’artillerie légère avec des mitrailleuses ou d’artillerie lourde avec d’énormes canons comme la « Grosse Bertha » qui pèse 13 tonnes
  • Les combats dans les tranchées se déroulent ainsi : on écrase les lignes adverses sous les obus, ensuite on monte à l’assaut mais on se heurte très fréquemment à des tirs de mitrailleuses et les combats se terminent à la baïonnette.
  • Dans ce contexte, les pertes sont effroyables : d’août 14 à novembre 18 plus de 900 soldats français périssent chaque jour et en une seule journée d’août 14 on a compté 22 000 morts.
  • Ce sont les soldats de l’infanterie qui connaissent les conditions les plus dures, dans les tranchées on a : manque d’hygiène, vermine, plus rarement épidémie de typhus transmise par les poux, nourriture de piètre qualité qu’on compense par l’alcool, froid, boue, omniprésence de la mort puisque les bombardements font remonter à la surface les corps des précédents combats.
  • Les corps sont parfois déchiquetés et les survivants peuvent être atrocement mutilés : ce sont les « gueules cassées ».
  • En France comme en allemagne, on a procédé à la mobilisation générale ce qui fait que de simples ouvriers ou paysans deviennent des professionnels de la guerre , transformés par la « brutalisation des esprits ». Les soldats sont évidemment très marqués psychologiquement.
  • Au début de la guerre ils sont partis animés par un esprit de détermination et de patriotisme surtout parce qu’ils avaient l’espoir d’une guerre courte. Deux ans plus tard la situation a changé : la combativité à laissé la place à la résignation mais en 1917 après la désastreuse offensive du Chemin des Dames , les soldats sont de plus en plus critiques vis à vis du commandement. Déja en 1914 l’état major avait obligé les français à combattre avec un pantalon rouge garance et un simple képi.
  • Au printemps 17 des mutineries éclatent dans les rangs des armées françaises, allemandes, britanniques et italiennes. Les mutins sont jugés par des tribunaux militaires et en France 30 environ sont exécutés.
  • La situation se calme grâce à Clemenceau et grâce à Pétain qui améliore le ravitaillement et la fréquence des permissions. Les mutineries visent aussi à critiquer les planqués de l’arrière. Même si certains brandissent le drapeau rouge (socialisme-communisme) la plupart restent des patriotes qui veulent continuer le combat mais dans d’autres conditions.

B) Les civils impliqués

  • Mort : proches morts à la guerre laissent en Europe des millions de veuves et d’orphelins. Certains bombardements visent les civils, qui ont de toute façon évacué les villes proches du front. Surtout en Allemagne et en Autriche les civils souffrent de pénuries et ont des tickets de rationnement. Pour palier le manque de certains produits, les allemands fabriquent des ersaz (la margarine à partir de graisse animale pour remplacer le beurre, la chicorée pour le café…). Enfin, les civils les plus touchés sont les arméniens qui vivent dans l’Empire ottoman : plus d’un million d’entre eux sont massacrés par les turcs.
  • Les civils sont aussi entraînés dans une guerre idéologique : les français UK et USA diabolisent les allemands et leur militarisme. On les accuse de vouloir détruire la culture et massacrer les civils, en référence à la destruction par incendie de la bibliothèque de Louvain. A l’école, les enfants sont associés à ce patriotisme qui tourne à l’hystérie. Au début, les adultres, même socialistes, plutôt pacifistes, participent en France Allemagne et UK à des gouvernement d’Union Sacrée. Mais à partir de 1917 constatant la boucherie et le carnage certains socialistes quittent le gouvernement et réclament une paix blanche (retour aux frontières de 14) ce qui fut un échec.
  • Les économies sont maintenant des économies de guerre avec deux exigences : la nourriture et le matériel de guerre. Pour l’agriculture les hommes partis au front sont remplacés par les femmes et les produits manquants peuvent être fournis par les colonies ou achetés à l’étranger. Les industries se tournent entièrement vers la fabrication de matériel militaire, comme Renault qui se met à fabriquer des moteurs d’avions, chars et obus. Cette firme emploie des femmes (30% des effectifs) qu’on appelle des munitionnettes, mais aussi des travailleurs étrangers venus d’Indochine, et même des prisonniers. Cet effort coûte cher alors que les impôts rentrent mal : les états en guerre connaissent un énorme déficit budgétaire qu’ils compensent soit en augmentant la masse monétaire soit en empruntant auprès de pays comme les USA ou auprès de particuliers. Certes, les états s’appauvrissent, sauf les USA, le PIP de 1919 est inférieur à celui de 1913, mais certaines firmes en profitent, comme Renault, dont les bénéfices augmentent de 70% entre 1914 et 1918.

 

III) Le bilan de guerre

A) Une Europe affaiblie

  • Pertes démographiques : 1,4 millions de morts en France. Même des pays comme la Nouvelle-Zélande ou la Serbie subissent des pertes énormes.
  • Pertes matérielles (-30% agriculture, -40% industrie) particulièrement lourdes sur la ligne de front entre la Belgique et la Suisse, par exemple à Verdun.
  • La guerre bouleverse les consciences, certains privilégient le pacifisme en diffusant le slogan « Plus jamais ça » alors qu’en France un culte morbide se développe avec des monuments aux morts et même des ossuaires comme à Douaumont.

B) Une Europe bouleversée du point de vue géopolitique

En 1919 la conférence de Versailles a pour but de redessiner la carte de l’Europe. Les décisions émanent surtout de trois personnes : Clemenceau (chef d’état français), Wilson (président des USA) et Lloyd George (1er ministre britannique). Les pays vaincus ne sont pas associés aux décisions. Les traités de Versailles, de Sèvres, de Saint-Germain et du Trianon modifie la carte de l’Europe.

  • La France récupère l’Alsace-moselle et avec les britanniques se partagent les anciennes colonies allemandes (Togo…) et une partie de l’Empire turc, Palestine pour les britanniques et Liban pour la France.
  • De nouveaux états sont créés : la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, la Finlande et les Pays Baltes. Ceci fait au détriment de 4 états :
    – La Russie qui en 1920 est en pleine guerre civile (le communisme contre la royauté)
    – L’Empire ottoman devient une république : la Turquie, dirigée par Mustafa Kemal (Ataturu). Celui-ci fait de son pays un état laïque et adopte l’alphabet latin. Mais la Turquie a perdu des territoires et certains comme l’Arabie deviennent indépendants.
    – L’Empire Austro-hongrais explose : l’Autriche et la Hongrie deviennent de petites républiques.
    – Enfin l’Allemagne s’estime victime d’un diktat : elle perd des territoires (Alsace), elle est coupée en deux par le couloir de Dantzig (dont le but est de donner un accès à la mer à la Pologne), son armée est réduite à 100 000 hommes sans aviation ni marine de guerre, la Rhénanie est démilitarisée et elle doit payer pour les réparations à la France, la Belgique et UK.

 

Conclusion

Au delà de la violence des combats, la guerre de 14-18 marque un tournant décisif : celui de l’affaiblissement économique de l’Europe par rapport aux USA.

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